mercredi 29 septembre 2010

Les hackers poursuivent leurs attaques contre les ayants droit

Les Anonymous continuent de s'attaquer à différents sites web liés aux ayants droit en mobilisant un nombre conséquent d'internautes. L'"opération" pourrait être liée aux gérants de The Pirate Bay.

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Extrait d'une des nombreuses vidéos postées sur YouTube par les Anonymous dans le cadre du projet Skynet (Capture d'écran)Extrait d'une des nombreuses vidéos postées sur YouTube par les Anonymous dans le cadre du projet Skynet (Capture d'écran)
Le groupe de hackers Anonymouspoursuivait, mercredi 22 septembre, sonattaque massive de déni de service(DDoS) débutée dimanche contre différents sites liées aux ayants droit. En pratique, le groupe de hackers propose en libre téléchargement le logiciel LOIC (pour Low Orbit Ion Canon, référence à Star Wars). Avec ce logiciel, n'importe quel internaute peut lancer une attaque consistant à saturer un site de requêtes jusqu'à son blocage.
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La force de leur "opération payback" (ou "payback is bitch") est que les Anonymous ont réussi à mobiliser un nombre particulièrement conséquent d'internautes permettant d'arriver à leurs fins (le blocage des sites visés). Après s'en être pris aux sites des sociétés de gestion de droits d'auteurs Recording Industry Association of America (RIAA), Music Publishers Association (MPA) et la British Phonographic Industry (BPI), les Anonymous ont visé les cabinets d'avocats britanniques ACS:Law et Davenport Lyons.
Toutes les attaques sont coordonnées via les réseaux 4chan etRockstarchan, mais aussi des zones de discussions libres. Surces canaux sont également évoquées des "cibles" françaises comme le site de la mairie de Paris ou Trident Media Guard (TMG), société chargée de lister pour l'Hadopi les internautes qui téléchargent illégalement. L'idée de "spammer le fax" et de "saturer le standard téléphonique" des cabinets d'avocats est également évoquée.

"Save The Pirate Bay"
Sur les différents canaux de discussions des Anonymous s'observe un discours presque guerrier où reviennent les termes "opération", "cibles", "combat", "à l'attaque", "feu"... Un sentiment de guerre contre les ayants droit semble s'être installé.
"Je ne sais pas combien il faudra de cibles pour que l'on puisse parler de guerre", s'interroge Fabrice Epelboin, responsable du site ReadWriteWeb. "S'agit-il d'une guerre ou d'une bataille ? Les Anonymous ont en tout cas montré qu'ils sont capables en quelques heures de lever une armée pour leur cause", affirme-t-il.
L'"opération payback" serait à l'origine une riposte aux attaques de DDoS qu'ont subi plusieurs sites de téléchargement illégaux de la part de la société AiPlex au profit des ayants droit, explique à Nouvelobs.com une source proche des Anonymous. Dans les messages du groupe de hackers revient très souvent l'expression "save The Pirate Bay" ("sauvez The Pirate Bay"), du nom de l'un des principaux sites de téléchargement illégal. Un compte Twitter a d'ailleurs été créer pour relayer les "cibles".
Sur 4chan, un "tract" évoque un attaque contre The Pirate Bay et affirme qu'"il est temps de contre-attaquer". Toutefois, difficile de savoir quelle crédibilité accorder à ces affirmations.

"Il s'agit surtout de marquer les esprits"
"Je pense que ceux qui gèrent The Pirate Bay --désignés comme des Anonymous-- sont derrière cette opération", ajoute cette source, avant de prévenir que tout est à prendre au second degré. "Les Anonymous sont des geeks politisés mais avec énormément d'humour. Le vocabulaire guerrier est surtout à prendre comme un trip à la 'The Patriot' [film de guerre, NDLR]", rapporte-t-il.
"Ce n'est pas une vraie guerre contre les ayants droit mais plus une opération qui durera le temps de leur faire comprendre qu'ils ne doivent plus lancer d'attaques DDoS contre des trackers [sites de téléchargement illégaux, NDLR]. Au final, il s'agit surtout de marquer les esprits, mais ce ne sont que des petites attaquescomparé à ce qui pourrait se passer avec de vrais botnets [réseau d'ordinateurs infectés par des virus,NDLR]", conclut cette source.
Pour Fabrice Epelboin, au contraire, l'opération est clairement politique : "Quand les Anonymous veulent s'amuser, ils sont les champions. Ici il s'agit vraiment d'une volonté de défense de la neutralité du net".
Les Anonymous développent différents projets politisés comme, par exemple, le projet Skynet qui consiste à faire de leur groupe une force suffisamment puissante sur Internet pour attaquer quiconque s'en prendrait à la neutralité du net.
"Même si les ayants droit veulent utiliser les mêmes armes que les hackers, ils doivent comprendre qu'ils sont la position du gamin qui jette une pierre à un char d'assaut", conclut le rédacteur de ReadWriteWeb.

(Boris Manenti – Nouvelobs.com)

lundi 27 septembre 2010

Les États-Unis veulent faciliter les écoutes sur Internet

Source le figaro


Les autorités américaines souhaitent intercepter plus rapidement les messages envoyés sur BlackBerry, Skype ou Facebook. Un projet de loi pourrait être examiné l'an prochain.

Les Etats-Unis aimeraient disposer d'un accès privilégié à toutes les conversations sur Internet, même si elles empruntent les réseaux «peer-to-peer» ou sont protégées par un cryptage. D'après le New York Times, les autorités américaines envisagent d'adapter la législation sur les écoutespour tenir compte des échanges sur Internet, qui leur posent des problèmes grandissants depuis que les terroristes délaissent le téléphone pour communiquer. La Maison-Blanche, qui discute actuellement avec le ministère de la Justice, la NSA et le FBI, pourrait soumettre un projet de loi au vote du Congrès l'an prochain.
Pour la conseillère juridique du FBI, Valerie Caproni, il ne s'agit pas d'étendre les pouvoirs d'écoute, mais de «préserver la capacité à protéger la population et la sécurité nationale» face aux nouvelles technologies, explique-t-elle au quotidien. Depuis une loi de 1994, les opérateurs télécoms américains doivent disposer de moyens de surveiller les conversations transitant sur leur réseau. Mais les données échangées sur les services Internet comme Facebook et Skype, ou en crypté sur un BlackBerry, échappent à cette mesure. Une fois les autorisations délivrées par la justice, les écoutes virent parfois au casse-tête technique, car certaines sociétés n'ont pas les ressources techniques pour se plier rapidement à ces injonctions.
Plusieurs dispositions sont donc à l'étude pour espionner plus facilement les conversations, révèle le New York Times. Tous les messages cryptés devront par exemple pouvoir être déchiffrés par les créateurs des applications, et être transmis aux autorités après une décision judiciaire. Les sociétés étrangères opérant aux Etats-Unis auront l'obligation d'ouvrir des antennes locales pouvant réaliser les interceptions. Enfin, les développeurs de logiciels «peer-to-peer» devront réécrire leurs programmes pour ajouter des portes dérobées par lesquelles transiteront les écoutes. Dans le cas contraire, ils s'exposeront à des amendes ou à d'autres sanctions, explique le quotidien.
D'après Valeri Caproni, «il s'agit d'intercepter des messages de manière tout à fait légale». Mais aucune société «ne devrait promettre à ses clients qu'elle se moquera des décisions de la justice américaine», menace-t-elle. Outre d'importantes réserves sur le respect de la vie privée, des experts cités par leNew York Times jugent que les nouvelles règles pourraient paradoxalement créer des failles à l'intérieur des logiciels, dont les hackers tireraient parti. Ces obligations pourraient aussi nuire à l'innovation, si les créateurs de logiciels sont forcés de travailler sur ces portes dérobées, plutôt que sur de nouvelles fonctions.

Le virus informatique Stuxnet continue de toucher l'Iran

source le monde.fr
Source 





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Vue de de la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran.
AP/VAHID SALEMI
Vue de de la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran.

Le virus Stuxnet continue ses attaques contre les systèmes informatiques industriels de l'Iran, selon Hamid Alipour, directeur-adjoint de la société d'Etat iranienne des technologies informatiques, cité lundi par l'agence IRNA, lundi 27 septembre. "Nous surveillons et contrôlons le développement du virus. Nous avions prévu de l'éliminer en deux mois, mais il n'est pas stable, et trois nouvelles versions sont apparues depuis que nous avons commencé les opérations de nettoyage", a déclaré M. Alipour.

D'après les responsables iraniens, qui ont évoqué, dimanche, dans la presse une "guerre électronique", ce programme malicieux n'a toutefois pas fait de dégâts industriels majeurs et a notamment épargné la centrale nucléaire de Bouchehr, située dans le sud du pays.
Trente mille ordinateurs infectés par Stuxnetont été jusqu'à présent dénombrés en Iran, selon Mahmoud Liayi, responsable des technologies de l'information au ministère de l'industrie. Stuxnet, découvert en juin, recherche dans les ordinateurs qu'il infecte le système de supervision de l'allemand Siemens, WinCC, qui sert au contrôle des oléoducs, des plates-formes pétrolières, des centrales électriques et d'autres installations industrielles.
Sa fonction serait d'entraîner la destruction physique des installations touchées, selon certains experts qui ont évoqué un "sabotage par informatique". D'après un responsable de la société américaine Symantec, 60 % des ordinateurs infectés par ce virus se trouvent en Iran. Mais l'Inde, l'Indonésie ou le Pakistan, seraient aussi frappés.
LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BOUCHEHR N'EST "PAS TOUCHÉE"
C'est "probablement un gouvernement étranger qui est à l'origine de ce virus" compte tenu de sa complexité, a assuré un responsable iranien, sans précision sur l'éventuel agresseur. Le quotidien gouvernemental Iran Daily n'a pour sa part pas hésité à évoquer une "guerre électronique de l'Occident contre l'Iran", citant des experts occidentaux qui ont mis en cause les Etats-Unis et Israël.
Mahmoud Jafari, un responsable de la centrale nucléaire de Bouchehr, a par ailleurs démenti, dimanche, que cette première centrale iranienne, qui doit entrer en service d'ici à la fin de l'année, ait été affectée par Stuxnet, comme certains experts occidentaux l'ont envisagé du fait d'un retard dans le chargement de son réacteur. Siemens avait déjà affirmé vendredi que la centrale de Bouchehr, construite par la Russie, n'était pas équipée du logiciel infecté par Stuxnet.
Le programme nucléaire iranien est au cœur d'un conflit entre Téhéran et les Occidentaux, qui soupçonnent la République islamique, malgré ses dénégations, de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert d'activités civiles.

vendredi 24 septembre 2010

La présidente de la CPD de l'Hadopi est une "sage" de la vidéosurveillance


source numerama
Présidente de la commission de protection des droits chargée de donner les ordres d'avertissement des internautes au sein de l'Hadopi, la Conseillère d'Etat Mirelle Imbert-Quaretta est aussi membre d'un comité d'éthique très contesté sur la vidéosurveillance à Paris.

Le blog Numéro Lambda raconte ce jeudi qu'un jeu de piste a été organisé le 11 septembre dans les rues de Paris par l'organisation "Souriez", qui a voulu "découvrir les futures caméras de surveillance de la capitale" et se rendre sur les pas des onze membres du "Comité d'éthique de la vidéosurveillance" créée par la mairie de Paris et la préfecture le 12 novembre 2009. Parmi eux figure Mireille Imbert-Quaretta, qui fut par la suite nommée présidente de la Commission de Protection des Droits de l'Hadopi. Souriez rappelle sa carrière teintée de missions relatives à la sûreté et à la surveillance :
Conseillère d’État depuis 2000, Mireille Imbert-Quaretta a d’abord fait carrière dans le Droit (substitut du procureur, juge puis présidente de TGI). Entre 1984 et 1991, elle fut sous-directrice de l’administration pénitentiaire puis, de 1997 à 2000, directrice adjointe du cabinet de la Garde des Seaux. De 1994 à 1997, elle a été déléguée générale de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (un organisme chargé du contrôle du “bien fondé” des demandes administratives d’écoutes téléphoniques) et, en 2010, elle est nommée à la Commission de la protection des droits chargée de mettre en œuvre la riposte graduée de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi).
Numéro Lambda, qui constate qu'aucun membre de la société civile ou d'organisations non gouvernementales  figure au comité d'éthique, suggère que la présence de Mme Imbert-Quaretta participe à verrouiller le débat public sur la question de la vidéosurveillance. Comme la présence de magistrats au sein de la Commission de Protection des Droits de l'Hadopi vise à légitimer son action, quand bien même le processus de la riposte graduée est en grande partie automatisé et incontrôlé.
Mais comme Mme Imbert-Quaretta est une juriste hors-pair, elle a sans doute remarqué que les nouvelles caméras installées en catimini à Paris, cet été, sont tout simplement illégales, comme l’a constaté le CDL. La loi, ainsi que la « Charte » parisienne qu’est censée connaître par coeur Imbert-Quaretta, précisent en effet que ces prothèses oculaires électroniques doivent faire l’objet d’une «information claire et permanente» (selon un décret de 1996, ignoré tout aussi superbement par la RATP).

La loi est bien faite pour tout le monde, non? Allez Mireille, encore un effort!
La présidente de l'Hadopi Marie-Françoise Marais avait elle-mêmee été épinglée, notamment par l'excellent journaliste Jean-Marc Manach, qui avait retracé son action dans la protection des droits d'auteur. "L’affaire Estelle Halliday, qui déboucha sur la fermeture d’Altern.org, pionnier des défenseurs de la liberté d’expression sur le Net, et ses 45 000 sites web ? Marie-Françoise Marais. L’affaire Mulholland Drive, qui statua, par deux fois, que la copie privée n’était pas un droit ? Marie-Françoise Marais. Peu connue du grand public, cette magistrate spécialiste du droit de la propriété intellectuelle a longtemps combattu les droits et libertés des internautes. Mais paradoxalement, sa nomination à la présidence de la Hadopi pourrait être une bonne nouvelle", écrivait-il en introduction.
Pourquoi une bonne nouvelle ? Parce que la prévention du conflit d'intérêt lui interdit désormais de juger les affaires liées à Internet à la Cour de cassation, et que Jean-Marc Manach y voit une neutralisation de son pouvoir de nuisance.

mardi 31 août 2010

Durand, Zemmour, Ruquier : la « liste noire » de Sarkozy à la télé


Le Président a aussi listé ses chouchous à Carolis, ex-PDG de France Télévisions : les Bogdanov, Barbelivien, Lumbroso et Sabatier. 

Nicolas Sarkozy le 25 janvier 2010, sur le plateau du 20 heures de TF1 (Gérard Cerles/Reuters).
Le règne de Patrick de Carolis à France Télévisions étant terminé (depuis cinq jours), place à la chronique : selon le journaliste du Point Emmanuel Berretta, Nicolas Sarkozy avait dressé à l'ancien PDG une liste des gens qu'il ne pouvait vraiment plus voir dans la petite lucarne. Et, à l'inverse, de ses chouchous. L'information nous a été confirmée par des proches du dossier.
Au mois de juin, Patrick de Carolis était candidat à sa propre succession quand il a rencontré le président de la République en tête à tête. C'est lors de cette rencontre que, selon Le Point, Sarkozy lui aurait dressé la liste de ces indésirables.
Deux animateurs populaires, connus pour être pour le moins sceptiques vis-à-vis du Président, Laurent Ruquier et Patrick Sébastien, viennent en tête. On trouve aussi Eric Zemmour car, selon nos confrères, « l'Élysée souhaiterait qu'il cesse de tirer sur tout ce qui bouge, et notamment sur Nicolas Sarkozy, du haut de sa tribune chez Laurent Ruquier ».
Le patron du Point, Franz-Olivier Giesbert, fait partie des « blacklistés » (il animait l'émission Vous aurez le dernier mot), ainsi que Guillaume Durand, présentateur de L'objet du scandale et ami de Dominique de Villepin avec qui il partage une passion pour l'art contemporain.
Emmanuel Berretta ajoute qu'à l'inverse, Sarkozy a livré à Carolis les noms de ses favoris : Patrick Sabatier, Daniela Lumbroso, les frères Bogdanov, Didier Barbelivien… Tous, dans le privé, sont des amis du président de la République.

Sarkozy demande de déplacer l'émission de Schönberg

Quelques jours avant son arrivée au poste de PDG de France Télévisions, lundi, le successeur de Patrick de Carolis Rémy Pflimlin a déjà remercié la directrice de l'information Arlette Chabot, qui avait subi les foudres de Nicolas Sarkozy à New York.
Difficile de dire si Pflimlin respectera les listes noire et blanche de Sarkozy. Seule certitude, le Président ne cessera pas l'interventionnisme permanent dont il avait fait preuve sous la direction précédente.
L'activisme de Nicolas Sarkozy sur les programmes de France Télévisions était particulièrement patent durant les derniers mois.
Ainsi, selon nos informations, il a un jour convoqué à l'Elysée Patrice Duhamel, le bras droit de Carolis qui avait la haute main sur les programmes, pour lui dire de déplacer Prise directe, le magazine mensuel de Béatrice Schönberg, du mardi au mercredi.
« Il y a autre chose ? », aurait demandé Duhamel. « Non, c'est tout », aurait répondu Sarkozy, avant de congédier le journaliste.
Photo : Nicolas Sarkozy le 25 janvier 2010, sur le plateau du 20 heures de TF1 (Gérard Cerles/Reuters).

samedi 28 août 2010

Discrimination. L'Onu rappelle la France à l'ordre sur les Roms









Le Comité de l'Onu pour l'élimination de la discrimination raciale a de nouveau rappelé la France à l'ordre, hier, l'exhortant notamment à «éviter» les renvois collectifs de Roms. Suivant le flot de critiques, intérieures comme internationales, les 18experts du CERD se sont alarmés d'une «montée (...) des violences à caractère raciste» contre cette population. Ils ont plus précisément dénoncé le caractère «collectif» de ces renvois, effectués, selon eux, sans «consentement libre». Cela «donne le sentiment» que la France vise «un groupe» plutôt que des individus, ce qui est contraire aux conventions internationales, a expliqué le rapporteur de la session, l'Américain Pierre-Richard Prosper. Les experts ont aussi pointé du doigt les récents «discours politiques ayant une nature discriminatoire». Et le CERD a décidé de saisir la Commission européenne et le Conseil de l'Europe pour les inciter à trouver une réponse concertée et rapide. 

«Caricatural» 

La France a immédiatement rejeté ces critiques, assurant qu'elle «respectait scrupuleusement» les lois internationales concernant les Roms. Pierre Lellouche, secrétaire d'État français aux Affaires européennes, a dénoncé un rapport qui «se distingue par son caractère excessif et caricatural et par ses nombreuses erreurs factuelles». «Jamais le président de la République n'a stigmatisé une minorité en fonction de son origine. Jamais nous n'accepterons qu'une minorité soit sanctionnée pour ce qu'elle est», a déclaré Bernard Kouchner. Quant au ministre de l'Immigration, Éric Besson, sous l'autorité duquel sont organisées les reconduites volontaires de Roms, il a affirmé que ces derniers étaient traités par Paris «en fonction de leur nationalité» et non «en tant que communauté». 

Vives réactions 

Hier, l'ancien Premier ministre Edouard Balladur a appelé à «éviter les exagérations» dans le débat qui continue de susciter de vives réactions. L'archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall, a ainsi dressé un parallèle entre les expulsions de Roms aujourd'hui et le sort fait aux juifs en France durant la Seconde Guerre mondiale.

lundi 23 août 2010

Expulsions de Roms : des protestations qui se distinguent



Deux personnes ont décidé de rendre ou refuser les distinctions qui leur étaient décernées pour protester contre les expulsions de Roms.


Le Père Arthur rend symboliquement sa médaille du Mérite devant l'église Saint-Martin d'Esquermes à Lille le 22 août 2010
Photo : AFP
Ce dimanche c'était un prêtre de Lille, le père Arthur, qui annonçait qu'il renvoyait à Brice Hortefeux sa médaille du Mérite pour protester contre les récentes expulsions de Roms, aujourd'hui c'est au tour d'une anesthésiste de Pau de refuser la Légion d'honneur.
Engagée auprès d'organisations humanitaires, telles que Médecins du Monde, Anne-Marie Gouvet devait recevoir la plus haute distinction française en janvier prochain du fait précisément de son action humanitaire. Ce médecin, qui a notamment participé à des missions en Inde, au Pakistan et en Afghanistan, a expliqué à l'AFP son choix de refuser la prestigieuse insigne. "Après les expulsions d'Afghans, et maintenant les Roms, je préfère refuser cette Légion d'honneur, la tête haute", a-t-elle déclaré.
La sollicitation de cette mère de famille à la promotion au rang de Chevalier de la Légion d'honneur avait été faite en secret par son mari et son fils, a-t-elle précisé.
Très impliqué dans la défense de la communauté des Roms, le père Arthur, après avoir présenté ses excuses pour les propos qui ont accompagné son annonce concernant le renvoi de sa distinction, a invité Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux à rencontrer les Roms à Lille.
"Je veux qu'ils rencontrent les gens. Je ne vois pas l'intérêt pour moi d'aller là-bas. Ils sont aujourd'hui aux commandes d'une France qui est lourde à porter