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lundi 22 juin 2009

Veiled un réseau chiffré et anonyme type Darknet avec un simple navigateur Web


Veiled un réseau chiffré et anonyme type Darknet avec un simple navigateur Web

Par Xavier Poli, secuobs.com
Le 16/06/2009


Résumé : Veiled est un preuve de concept permettant de se connecter, de créer et d'utiliser des réseaux de type Darknets à travers un simple navigateur Web supportant la technologie HTML 5. Il devrait ainsi offrir de la sécurité et de l'anonymat aux communications de ses utilisateurs. - Lire l'article



Lors de la prochaine édition de la conférences Black Hat USA ( lien ) qui se tiendra au mois de Juillet à Las Vegas, les chercheurs Billy Hoffman (HP Security Labs) et Matt Wood (HP Web Security Research) devraient présenter ( lien ) les résultats de leurs recherches sur le degré de confidentialité que les dernières technologies relatives aux navigateurs Web peuvent permettre d'atteindre.

Ces deux chercheurs auraient en effet découvert un moyen d'utiliser les navigateurs les plus récents de façon à faciliter la création et l'utilisation d'un réseau communautaire privé virtuel de type Darknet ( lien ). Se basant notamment sur les principes d'obscurantisme et de relations de confiance, la topologie des réseaux Darknets est censée permettre aux utilisateurs de partager des contenus, fichiers en tout genre et textes, de la façon la plus anonyme et sécurisée que cela soit possible.

Bien que ce type de réseau ne soit pas nouveau, Freenet ( lien ) ou Tor ( lien ) pour les plus populaires, Veiled serait ici innovant en termes de simplification des processus de configuration, de connexion et d'utilisation, ciblant ainsi un plus large panel d'utilisateurs novices. En ce sens, Veiled ne devrait pas nécessiter de solutions applicatives supplémentaires dès lors qu'un navigateur web supportant le HTML 5 ( lien ) sera utilisé.

La distribution massive d'une solution, à l'utilisation simplifiée, comme Veiled pourrait à l'avenir s'avérer un véritable casse-tête à contrer, autant pour les autorités que pour les responsables sécurité, vu le peu de barrière technique qu'il devrait rester à tout un chacun pour accéder à la création et à l'utilisation de ce genre de réseaux. L'ensemble de ces acteurs devraient ainsi grandement « apprécier » la combinaison entre simplicité et décentralisation qui sera offerte par Veiled, et qui devrait en faire une cible difficilement contrôlable en pratique.

Les réseaux Darknets sont généralement utilisés autant pour des motifs légitimes, comme des cyber-dissidents souhaitant échapper à la censure d'un régime totalitaire, que par des individus aux intentions beaucoup moins louables. Cependant, la relative « complexité » d'utilisation des solutions actuelles, pour des utilisateurs non-avertis, est surement plus un frein pour toute personne à vocation cyber-dissidente, ou souhaitant tout simplement faire valoir son droit à la vie privée, que pour la plupart des utilisateurs représentant une menace qui soit éthiquement légitime.

A une époque où l'adresse IP est de plus en plus « personnifiée » et alors que de nombreux états tentent d'imposer des lois liberticides à leurs citoyens, voir par exemple les dérives ( lien ) de censure auxquelles les internautes australiens doivent faire face actuellement, la mise à disposition d'un outil comme Veiled s'annonce plutôt comme une bonne nouvelle, et cela même si elle aura également, sans trop de surprises, son lot de contreparties négatives.

Veiled devrait donc se révéler comme un espace, ou plutôt un ensemble d'espaces, au sein duquel des groupes ou des sous-groupes d'utilisateurs pourront rapidement se former, tout aussi rapidement qu'ils pourront disparaître du réseau sans laisser de traces d'activité derrière eux. La connexion à Veiled devrait être assurée par l'intermédiaire d'un script PHP qui permettra, lors de son exécution, de récupérer les codes Javascript nécessaires à ce que le navigateur Web fasse office de client/relai vers le réseau Veiled.

Ce script PHP devrait être diffusé de façon distribuée, à comprendre que différentes parties du fichier devront être récupérées auprès des autres utilisateurs du réseau avant d'être réassemblées pour exécuter le script, un principe plus ou moins similaire au P2P que les chercheurs préfèrent néanmoins présenter comme une chaîne de répéteurs de diffusion. Ce système de distribution devrait également s'appuyer sur des technologies de chiffrement, permettant de garantir la sécurité des communications Veiled effectuées, en plus de l'anonymat.

Ce système semble prometteur dans son concept d'origine, les deux chercheurs avouent cependant eux-mêmes que Veiled, bien que fonctionnel, sera avant tout une preuve de concept permettant de démontrer les capacités des navigateurs dans ce domaine. Il ne représenterait donc pas la solution la plus adaptée à ce genre d'utilisation et ne devrait pas remplacer les solutions plus traditionnelles, du moins pour les utilisateurs déjà au fait de leurs usages.

Source : Dark Reading ( lien )

dimanche 21 juin 2009

Freenet 0.7.5 est enfin là, contre toute attente !


Freenet est un réseau anonyme et chiffré qui est basé sur Internet. Il a été créé par Ian Clarke, est distribué sous licence GPL et est maintenu par beaucoup de développeurs bénévoles ainsi qu'un développeur à plein temps, payé grâce aux donations. Le but principal est de prôner la liberté d'expression et de rendre toute censure impossible. C'est pourquoi, par exemple, il est impossible de supprimer du contenu de Freenet une fois qu'il a été inséré dans le réseau. De même, chaque noeud (un noeud est un ordinateur faisant tourner Freenet) n'a aucun moyen de savoir ce qui transite et ce qui est stocké dans le disque dur.

De façon plus pratique, Freenet permet d'insérer des Freesites, un ensemble de pages xHTML formant un site anonyme ou non, d'effectuer du partage de fichiers, de consulter des groupes de discussion et de s'envoyer des Freemails (système d'e-mail basé sur le réseau Freenet).

Freenet est surtout connu pour avoir soulevé de nombreux débats éthiques, du fait de l'absence totale de censure. Cependant, si vous tenez à conserver un réseau où vous serez sûr que personne ne pourra vous enlever votre liberté d'expression, alors Freenet devrait vous intéresser, surtout avec les projets de loi récents visant à filtrer Internet en France (LOPPSI). Le réseau est vraiment conçu pour ça, les développeurs eux-mêmes ne pouvant arrêter le réseau, même sous pression juridique.




Un historique proche relativement chargé


Il y a quelques mois, ce projet a bien failli ne pas continuer d'exister, et ceci pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, le bénévole chargé de l'administration du serveur principal hébergeant le serveur SVN a décidé qu'il ne pouvait plus continuer. Or, personne d'autre n'avait les compétences nécessaires et la confiance nécessaire pour le remplacer. Pour pallier cela, les sources ont été déplacées sur GitHub. Ce choix est discutable, GitHub pourrait facilement décider d'arrêter d'héberger les sources de Freenet à cause de problèmes légaux ! Finalement, git permet assez facilement de s'adapter à ce cas de situation et donc cette éventualité ne causerait pas la mort du projet.

Vu que le projet n'est alimenté en argent que par les dons et qu'un développeur est payé à plein temps, l'argent a commencé à manquer de façon très sérieuse. C'est aussi pour cette raison que le serveur principal a été coupé suite à l'abandon du bénévole chargé de son administration, il représentait un coût non négligeable. Pour donner un indice, le projet a survécu avec moins de 1000$ en réserve pendant plusieurs mois.

Finalement, à la surprise de tous, Google a versé une importante donation de 18 000$ au projet au début du mois de mai. La survie du projet n'est donc plus un problème à moyen terme. Pour rappel, Google a joué un rôle important pour le projet, notamment grâce aux Google Summer of Code (GSoC).

Les nouveautés de la version 0.7.5


La version précédente, 0.7, datait de mai 2008. Mais cela ne veut pas dire qu'aucune nouveauté n'est apparue depuis plus d'un an. Le fonctionnement de Freenet est un peu particulier au niveau des versions. Le noeud se met à jour lui-même (en général de façon automatique) via le réseau Freenet ; le numéro de version est donc une notation symbolique pour mettre en évidence les nouveautés des précédents builds. Les développeurs n'attendent pas de date précise pour ajouter de nouvelles fonctions, ils le font lorsqu'ils jugent de façon arbitraire qu'il y en a eu suffisamment pour changer le numéro de version.

Depuis la version 0.7, de très grosses nouveautés ont été implémentées. Voici un résumé non exhaustif des plus significatives.

Résultat de plus d'un an de travail acharné, l'intégration de db4o (Database for Objects) a permis d'augmenter très grandement la performance et de réduire les ressources utilisées par le noeud. Il est par exemple possible de télécharger plusieurs gigaoctets de fichiers sans pour autant observer une augmentation de la quantité de mémoire vive utilisée. Un noeud typique consommera maintenant entre 100 et 250 mégaoctets de mémoire vive, pas plus. Grâce à db4o, on peut maintenant faire des petits serveurs dédiés Freenet en réutilisant du vieux matériel, ou bien avec du matériel miniature. Cela laisse de belles perspectives pour l'avenir : Freenet sur de l'embarqué.

L'interface web de Freenet (FProxy) a été améliorée afin de la rendre beaucoup plus accessible aux néophytes. De nouveaux installeurs ont été mis au point afin de rendre l'installation plus simple, et de renforcer la compatibilité avec Windows Vista.

Enfin, la majorité du système de plugins a été refondue en profondeur. Cela permettra par exemple d'avoir des dépendances inter-plugins, ou encore leur mise à jour automatique. C'est une modification peu importante pour l'utilisateur, mais c'est une brique nécessaire à l'achèvement de la prochaine "grosse" version de Freenet, la 0.8.

Qu'attendre à court/moyen terme ?


Freenet 0.8 comportera Freetalk/WoT, un nouveau système officiel pour communiquer avec les autres utilisateurs. Annoncé depuis longtemps comme révolutionnaire, tout le monde l'attend avec impatience. Étant donné que Freenet est un réseau entièrement décentralisé, ce système se basera sur une technique de "Toile de confiance" (Web of Trust). En gros, vous devez noter votre confiance envers les autres utilisateurs, afin de rendre impossible toute tentative de spam. Les autres utilisateurs vous notent également. Il paraît évident que les identités ayant de très mauvaises notes seront ignorées des autres, et ne pourront donc plus communiquer. C'est un système de filtrage décentralisé et « démocratique » en quelque sorte : chacun a son mot à dire, et le système se régule de lui-même.

Un nouveau type de clé sera aussi créé : les MHKs (Multiple not Duplicated Hash Key) serviront à partager de gros fichiers plus efficacement qu'à l'heure actuelle. Le fonctionnement est complexe, mais globalement, les blocs d'index seront insérés avec plus de redondance afin d'éviter la perte prématurée de données.

Enfin, les noeuds pourront aussi partager leur bloom filter avec leurs voisins immédiats. Cela signifie que votre noeud "saura" ce que stocke chacun de ses voisins, ce qui représentera un gain important de performances. En revanche, l'implémentation d'un tel système est très délicate, et il faudra donc être patient.

Le mot final

Cette avancée symbolique de Freenet a bien sûr pour but d'attirer plus d'utilisateurs, mais aussi de faire connaître Freenet aux internautes du monde entier : Freenet est indétectable de l'extérieur si utilisé en mode Darknet (en se connectant uniquement à des amis à proximité de confiance), et il faut donc au moins savoir que des solutions existent pour pallier la tendance qu'ont les gouvernements à filtrer le web, ou à envisager de le faire, tout au moins. Freenet est tout de même utilisable si on ne connaît personne qui l'utilise : le mode Opennet vous connectera à des inconnus (la seule différence par rapport au Darknet, c'est qu'on peut savoir que vous utilisez Freenet. Mais comme il n'est pas encore illégal en France, ça ne pose aucun problème).

Enfin, Freenet étant développé entièrement en Java, il est compatible avec n'importe quel système d'exploitation disposant d'une JVM version 1.5 au minimum. Cela inclut Windows, Mac OS, GNU/Linux, FreeBSD, Solaris, ...

Si ce sujet vous plaît et que vous souhaitez aller plus loin :
Freenetproject, le site officiel
Théorie des Small World Networks
Filtrage du web en France, peut-être pour bientôt
En savoir plus sur db4o

vendredi 19 juin 2009

FreeNet 0.7


Freenet 0.7.5 : nouvelle version du réseau P2P anonyme
Guillaume Champeau - publié le Vendredi 19 Juin 2009 à 13h26 - posté dans Peer-to-Peer

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Le plus célèbre des réseaux anonymes et chiffrés évolue. En attendant une version 0.8 qui promet beaucoup, Freenet 0.7.5 débarque avec un lot non négligeables d'améliorations. Disponible sur tous les systèmes équipés d'une machine virtuelle java 1.5 ou supérieur, Freenet permet aux internautes de communiquer et d'échanger des données en toute sécurité.

Freenet
(Anonymous #29, CC JacobDavis)

Créé par Ian Clarke, qui avait estimé que le logiciel pourrait "rendre Hadopi impossible à appliquer", Freenet évolue et passe en version 0.7.5. Le réseau anonyme et chiffré a d'abord été créé pour aider les dissidents chinois à s'exprimer librement, sans risque de censure ou représailles, mais il a aussi été adopté y compris par les internautes occidentaux qui souhaitent s'échanger des oeuvres librement sans avoir à craindre de poursuites en contrefaçon. Distribué sous licence libre GPL, le projet est aujourd'hui maintenu par un développeur à plein temps, et par une communauté de développeurs amateurs.

Le réseau Freenet fait de chaque utilisateur un node (un noeud) qui met une partie de son disque dur à disposition du réseau, sans savoir ce qui y transite. Tous les contenus sont chiffrés, dupliqués sur différents nodes, et distribués par une méthode qui empêche de savoir qui télécharge quoi, ou qui partage quoi. Très éloigné du réseau P2P traditionnel, Freenet est avant tout utile à la liberté d'expression, puisqu'il permet de créer des sites en xHTML (des "Freesites"), ou même de s'envoyer des e-mails en toute discrétion (des "Freemails"). L'échange de fichiers n'est que l'une des fonctions permises par le réseau.

Par sa nature totalement décentralisée et obscure, Freenet soulève bien sûr des polémiques. Les réseaux pédophiles ou terroristes peuvent s'en servir pour distribuer leurs contenus, qui transitent alors sur les disques dur de tous les utilisateurs, à leur insu. C'est bien pour cette raison que les projets de loi comme Hadopi ou Loppsi, qui cherchent à censurer l'internet du commun des internautes, encouragent en fait le développement de réseaux anonymes qui profitent aux "vrais criminels", et deviennent alors contre-productifs et dangereux. Freenet n'a jamais eu autant de succès que depuis les premières "ripostes graduées" et autres plaintes lancées contre les P2Pistes.

La version 0.7.5, réalisée après des déboires financiers (Google a versé 18.000 $ au projet pour lui permettre de subsister), apporte principalement les modifications suivantes (via siteduzero) :

Intégration de db4o (Database for Objects), qui permet de réduire considérablement les ressources mémoire utilisées par le node, et de rendre ainsi Freenet exportable sur des petites machines ;
Révision de l'interface web FProxy, qui devient plus simple à utiliser pour les débutants ;
Nouveaux installeurs pour simplifier l'installation de Freenet et renforcer la compatibilité avec Windows Vista ;
Refondation du système de plug-ins, avec (bientôt) la possibilité de créer des dépendances inter-plugins, et de les mettre à jour automatiquement.
La prochaine version, Freenet 0.8.0, est déjà très attendue. Entre autres modifications très importantes sur les performances du réseau, notamment pour l'échange de gros fichiers, la version 0.8 apportera un système de communication instantanée chiffré (Freetalk/WoT). Il sera doté d'un principe de "toile de confiance" pour noter les utilisateurs ayant bonne réputation sur le réseau, ou au contraire réduire au silence les spammeurs ou ceux dont les intentions apparaîtraient néfastes à la sécurité du réseau et de ses utilisateurs.