samedi 15 octobre 2011 09h34 Imprimer cet article [-] Texte [+]
par Michel Rose
MILAN (Reuters) - Les "indignés" manifestent ce samedi à travers la planète pour dénoncer le poids de la finance et les politiques d'austérité qui, disent-ils, mènent le monde à la ruine et condamnent une partie de l'humanité à la pauvreté.
Inspirés par les "indignados" précurseurs de Madrid, galvanisés par le mouvement Occupy Wall Street, différents collectifs reliés entre eux par internet appellent à manifester à Londres, Berlin, Francfort, Athènes, Montréal, New York...
Selon le réseau 15october.net, qui recense les appels à manifester, des rassemblements sont prévus dans au moins 951 villes à travers 82 pays.
Plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues d'Auckland en Nouvelle-Zélande avant de se rassembler sur une place de la ville où 3.000 participants ont scandé des slogans en tapant sur des tambours.
Quelque 2.000 manifestants, des représentants de la communauté aborigène, des syndicalistes et des militants communistes, se sont réunis à Sydney devant la banque centrale d'Australie tandis que l'on dénombrait 200 protestataires dans la capitale Wellington.
A Melbourne, où était donné le coup d'envoi de cette journée de mobilisation mondiale, un millier de personnes se sont réunies sur une place du centre-ville.
Plusieurs centaines de personnes, dont des militants opposés au nucléaire, ont marché à Tokyo et quelques dizaines se sont rendus devant l'ambassade des Etats-Unis à Manille aux Philippines aux cris de "à bas l'impérialisme américain".
Dans des villes comme Londres ou Athènes, théâtres de récentes émeutes, les forces de police sont sur les dents. D'autant que nul ne peut anticiper l'ampleur de la mobilisation qui s'appuie largement sur les réseaux sociaux.
"Pour nous, le moment est venu de nous unir, pour eux, le moment est venu de nous écouter. Peuples du monde entier, levez-vous !", proclame le site United for #GlobalChange (ensemble pour un changement global).
"Nous ne sommes pas des marchandises entre les mains des politiciens et des banquiers qui ne nous représentent pas. Nous allons manifester pacifiquement, débattre et nous organiser jusqu'à obtenir le changement mondial que nous voulons", poursuit cette coordination virtuelle.
CONTRE LE "CAUCHEMAR GREC"
Les organisateurs insistent sur le caractère pacifiste du mouvement de protestation. Vendredi, cependant, un groupe d'étudiants a fait irruption dans le centre financier de Milan dans les locaux de la banque Goldman Sachs, sur laquelle se concentre une large part de la colère des indignés.
"J'attends ce mouvement depuis longtemps, depuis 2008", témoigne Daniel Schreiber, un Berlinois de 28 ans ulcéré par les répercussions du sauvetage des établissements financiers après la faillite de la banque Lehman Brothers.
"Je me demandais pourquoi les gens n'étaient pas indignés, pourquoi rien ne se passait et finalement, trois ans plus tard, cela arrive enfin", ajoute-t-il.
Trois ans après la chute de Lehman Brothers, emporté par l'éclatement de la bulle des crédits "subprime", et après les plans de soutien et de relance financés par la puissance publique, les pays occidentaux, notamment dans la zone euro, vivent désormais au rythme des plans de rigueur et des cures d'austérité.
"Ce qui se passe aujourd'hui en Grèce, c'est le cauchemar qui attend d'autres pays à l'avenir. La solidarité est l'arme des peuples", écrit le groupe Démocratie réelle, qui appelle à manifester samedi dans le centre d'Athènes, sur la place Syntagma.
Le mouvement est parti au printemps d'Espagne, le pays de l'UE au taux de chômage le plus élevé (plus de 20% de la population active, jusqu'à 45% chez les jeunes de 18-25 ans).
L'occupation de la place Puerta del Sol, à Madrid, a fait des émules à travers l'Europe, à commencer par la Grèce, où le déblocage de l'aide financière de l'UE et du FMI est assorti de conditions d'austérité draconiennes.
Des mouvements semblables se sont développés au Chili ou en Israël. En France, la place de la Bastille à Paris a été quelques temps un centre de ralliement de la contestation.
QUELLE INFLUENCE ?
Aux Etats-Unis, le mot d'ordre Occupy Wall Street a été lancé cet été sur internet par les activistes du collectif Adbusters (littéralement les Casseurs de pub), un groupe créé à Vancouver qui combat le capitalisme et détourne les codes de la société de consommation.
"Nous étions inspirés par ce qui s'était produit en Tunisie et en Egypte. Nous avions le sentiment que l'Amérique était mûre pour vivre son propre Tahrir", explique Kalle Lasn, co-fondateur du groupe, en référence à la place du Caire devenue l'hiver dernier l'épicentre de la contestation contre le régime d'Hosni Moubarak.
"Nous avions le sentiment qu'une indignation véritable montait en Amérique et nous avons voulu produire l'étincelle qui permettrait à cette indignation de s'exprimer", continue-t-il.
Occupy Wall Street appelait à se rassembler autant de temps que nécessaire à partir du 17 septembre. Le mouvement entrera lundi dans son deuxième mois et les protestataires campent toujours dans un village de tentes dressé dans le parc de Zucotti, près du coeur financier de Manhattan.
Spyro, un Britannique de 28 ans très actif dans la préparation du rassemblement prévu samedi à Londres sous la bannière "Occupy the Stock Exchange", résume les raisons de ce mouvement global de colère contre "le système financier".
Les banques, rappelle-t-il, ont été renflouées sur fonds publics, mais les pratiques des bonus et des stock-options sont restées inchangées tandis que les Etats, sous l'oeil des marchés et des agences de notation, engageaient des politiques d'austérité et que le chômage, en particulier chez les jeunes, augmentait. "Partout dans le monde, nous disons que cela suffit", poursuit-il.
D'Athènes à New York, les revendications restent assez générales, elles visent les 1% de la population accusées de concentrer l'essentiel des richesses, elles accusent les gouvernements élus d'être sourds à cette colère.
L'efficacité de cette mobilisation reste à démontrer.
"Il y a plus de sympathisants que de personnes qui manifestent réellement", souligne Mary Bossis, professeur à l'université grecque du Pirée. En dépit des situations de désespoir créées par les mesures d'austérité, ajoute-t-elle, il semble que l'étincelle qui lancerait un mouvement durable fait défaut.
"S'ils se font entendre dans tous les pays tourmentés par les crises économiques et financières, il est difficile de mesurer le poids exact de leurs protestations, leur capacité d'entraînement et l'efficacité de leur révolte sur les choix des gouvernants", écrit Dominique Quinio, du quotidien français La Croix qui consacre un dossier au sujet.
Henri-Pierre André pour le service français
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Je vais poster ici quelques articles politiques pris ca et la sur le web pour montrer ce qui me choque ou ce qui me parait etre un danger. Juste pour etre vigilant et ne pas oublier. "Celui qui vend un peu de liberté pour un peu de securité ne merite ni l un ni l'autre"
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samedi 15 octobre 2011
mercredi 10 août 2011
USA / Chef du GOA: « Le super Congrès va nous conduire à la dictature »
06/08/2011 à 22h39 - mis à jour le 06/08/2011 à 22h40 | 904 vues | 0 réactions
Chef du GOA: « Le super Congrès va nous conduire à la dictature »

Le nouveau comité est un « coup d’Etat » par la classe dirigeante
Paul Joseph Watson
Prison Planet.com
mercredi 3 août 2011
Prison Planet.com
mercredi 3 août 2011
Le directeur de Gun Owners of America Larry Pratt prévient que le nouveau « super Congrès » créé par l’accord sur la dette conduira l’Amérique à la dictature, qualifiant cet acte de « coup d’Etat » par la classe politique visant à transformer la structure entière du gouvernement aux États-Unis.
En comparant le super comité au conseil de Platon, Pratt a souligné qu’il faudrait seulement 34 votes au Sénat pour soutenir un projet de loi présenté par le groupe, notant qu’il a été mis en place spécifiquement pour empêcher les législateurs de se mettre en travers de son programme en nécessitant une super majorité pour renverser quoi que ce soit mis en place par le comité.
« Le premier acte du prochain Congrès, espérons-le, va être d’abroger cette pièce horrible de la législation, dit Pratt dans l’émission d’Alex Jones, ajoutant que le comité pourrait être utilisé pour cibler les propriétaires d’armes, les propriétaires fonciers, les contribuables, et les entreprises.
« Ceci est un changeur de jeu, ils ont décidé que nous n’avons pas besoin de la Chambre des Représentants pour les projets de loi sur les recettes, nous aurons juste les « Supers 12″ pour faire ça », a déclaré Pratt, ajoutant que « Barack Obama serait devenu de facto le 13e membre décideur.
La législation décidée par le super Congrès serait à l’abri des amendements et les législateurs ne seraient en mesure que d’enregistrer un vote pour ou contre, éliminant ainsi la possibilité de faire obstruction.
Pratt a prévenu que John Boehner et Mitch McConnell nommeraient des « mauviettes » au comité, un point souligné par des rapports qui indiquent que les législateurs qui ont voté contre la hausse des dettes seront interdit de sélection pour le super Congrès. Il y a deux semaines McConnell lui même a fait valoir que le pouvoir de la bourse, constitutionnellement attribué au Congrès, devrait être remis en gros à Barack Obama.
« Ils vont mettre des « gens raisonnables » – et ces gens raisonnables seront ceux qui continuent à nous conduire à la dictature« , a déclaré le directeur de Gun Owners, ajoutant que le mouvement représentait un coup d’Etat par la classe politique dirigeante, qui sont maintenant occupés à caractériser ceux qui s’opposent à leur agenda comme des « terroristes ».
Pratt a noté combien le projet de loi sur la dette a été adopté sur le dos de menaces similaires faites avant le vote de 2008 du renflouement qui mettaient en garde contre une apocalypse économique si un accord n’était pas atteint.
« Ils nous avaient tous coupé le souffle en disant que le pays, si nous ne faisions rien aujourd’hui, allait faire défaut. C’était un mensonge, et ils ont continué à l’utiliser même après que les membres du Congrès aient expliqué à plusieurs reprises, que non nous ne ferions pas défaut… . Ils ont semé la panique chez beaucoup de membres du Congrès à ce sujet« , a déclaré Pratt, ajoutant que les législateurs avaient au sens figuré un pistolet sur leur tête.
Le républicain David Vitter partage la préoccupation de Pratt sur les intentions du dénommé super Congrès. Il a introduit un projet de loi qui va « exiger la divulgation en temps réel des contributions de campagne aux membres » du comité. Le projet de loi exige que les membres du super Congrès rapportent les contributions de campagne de plus de 1000 $ de dollars dans les 48 heures.
La loi vise à découvrir « quels sont les intérêts particuliers qui tentent d’influencer le comité« , selon Vitter.
« Nous parlons de billions de coupures, et il y a déjà des menaces d’augmenter les taxes sur de nombreux créateurs d’emplois. Nous avons besoin de voir la pleine transparence et responsabilité parce que ces membres du comité prendront des décisions énormes avec beaucoup en jeu« , a t-il ajouté.
L’ensemble du théâtre partisan derrière le débat sur la dette semble avoir été largement « fabriqué », ainsi que le président Obama l’a lui-même étiqueté, comme un écran de fumée derrière lequel mettre en œuvre l’inconstitutionnel super Congrès. Les dénommées « coupures » inscrites dans l’accord de dette ne sont même pas des coupures.
Les points de discussion autour de la notion que la « Tea Party a gagné la bataille de la dette » constituent un abus de langage complet. Tout ce que le projet de loi fait c’est de mettre un plafonnement des dépenses sur des dépenses déjà prévues vers la fin d’une période de dix ans. Les « réductions de dépenses » sont quasiment inexistantes, et pourtant un autre paralysant $ 9,5 trillions sera ajouté à la dette au cours de la prochaine décennie.
Regardez l’interview avec Larry Pratt ci-dessous:
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jeudi 14 juillet 2011
Et nous assistâmes, les bras ballants, à la privatisation du web
Publié le lundi 27 juin 2011, par Raphaël Meltz
Régulièrement on nous pose la question. Ou alors on nous propose. Pourquoi Le Tigre n’est pas sur Facebook, sur Twitter ? Vous voulez qu’on s’en charge ? Je réponds poliment - pas toujours poliment - que non merci ça ira très bien comme ça. Encore faudrait-il se justifier. Voici quelques explications.Le tigre
Il faut se méfier des métaphores avec lesquelles on peut tout dire, et son contraire. Mais tout de même : imaginez. En bas de chez vous, il y a une route, vous pouvez l’emprunter, vous y croiserez d’autres gens, des inconnus, il vous faudra éventuellement éviter les crottes de chien et les nids de poules, et la circulation est régie par un code de la route que nul n’est censé ignorer, et dont les règles ont été fixées de manière démocratique par un État. Et voilà soudain que, au-dessus de cette route, une nouvelle route est construite, par une entreprise privée. Cette route est indéniablement plus belle, plus propre, mieux entretenue que l’autre ; elle est aussi plus pratique : plein de petits services ont été ajoutés. On peut boire des cafés gratuitement à des bornes. On peut écouter de la musique gratuitement. Il y a surtout un avantage incroyable : sur cette route, on ne croise que les gens qu’on a choisi de voir. Les autres ne nous voient pas ; on ne les voit pas. S’il le faut vraiment (et parfois il le faut parce que des rétrogrades refusent d’emprunter cette route, alors qu’elle est gratuite), on peut trouver parfais des passerelles vers la route du bas, la vieille moche. Bien sûr, il y a des publicités le long de cette route, mais finalement il y en avait aussi sur celle du bas. Bien sûr, il faut s’inscrire pour aller sur cette route, pas comme l’autre, ouverte à tous.
La métaphore est facile à décoder : la route du bas, c’est le monde du web traditionnel. Un réseau ouvert et libre, régi par des règles discutées dans des organismes internationaux à but non lucratif. Avec des protocoles permettant de créer différents types de communication : sites web, emails, peer-to-peer (c’est-à-dire transfert de fichiers d’ordinateurs uniques à ordinateurs uniques, de manière décentralisée), etc. La route du haut, c’est celle de Facebook, qui est en passe de réussir le hold-up le plus stupéfiant de l’histoire de l’humanité, puisque 500 millions d’individus ont, d’eux-mêmes, fait le choix de s’y inscrire et de l’utiliser majoritairement pour communiquer. Facebook est un site entièrement privé, qui utilise des protocoles qui lui appartiennent. Financé par la publicité, il offre en effet de multiples services gratuits (vous rappeler que c’est l’anniversaire d’Untel, lui envoyer automatiquement une carte de voeux animée, lui faire voir en vidéo « Happy birthday Mr. President », etc.). Et si des passerelles existent encore vers le web (un simple lien vers un bon vieux site), Facebook fait tout pour les minimiser : plus les utilisateurs restent sur Facebook, plus leur valeur auprès des annonceurs est forte.
Je passe sur la question de la vie privée, qui - semble-t-il - est davantage médiatisée depuis un certain temps [1]. Je rappelle néanmoins, ou je l’apprends à ceux qui l’ignorent que, depuis que la grande majorité des sites web placent un bouton « J’aime » relié à Facebook, la société américaine a accès, outre toutes les informations que vous avez publiées, à l’ensemble de l’historique de votre navigation web. Là encore, le profit pour eux est évident : vos centres d’intérêt étant mieux connus, il sera plus facile de vous exposer à de la publicité ciblée.
Il est par ailleurs frappant de constater que la plupart des utilisateurs de Facebook ne savent pas que tout ce qui est publié sur ce site lui appartient de facto. En effet, les conditions d’utilisation précisent que toute personne qui s’inscrit sur Facebook accorde à l’entreprise « une licence non-exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle ». Ce qui veut dire, en clair, que Facebook peut faire ce qu’il veut du contenu posté sur son site. Photographes, vous mettez vos photos sur Facebook, ils peuvent les publier en affiches. Humoristes, vous testez vos plaisanteries sur Facebook, ils peuvent les éditer en recueils. Amoureux, vous écrivez un beau message à votre promise sur son mur Facebook, ils peuvent le vendre en cartes postales. Musiciens : vous faites écouter votre dernier titre sur Facebook, ils peuvent le sortir en album. Et ainsi de suite. Le tout, évidemment, sans que vous ne touchiez le moindre centime.
On peut se dire, après tout, que tant pis : c’est librement consenti, c’est ainsi, depuis que le monde est monde par paresse ou par manque de temps ou de compétences, on s’en remet à d’autres. Nous sommes, pour la plupart d’entre nous, bien incapables de régler un problème mécanique sur notre voiture, ou de souder un tuyau de plomberie. C’est vrai. Mais ce qui se passe avec l’Internet est un peu plus étonnant - et un peu plus grave. En effet, tout était – je dis bien était – possible en termes d’outils pour que l’on crée exactement les mêmes services que ceux des grosses multinationales, mais en version ouverte. Prenons le cas de Twitter, un outil de micro-blogging qui permet de suivre simplement d’autres personnes ou des thèmes spécifiques. Le tout en temps réel. Techniquement, c’est simple, voire simpliste à concevoir – si tant est qu’on se mette d’accord, en amont, sur la technologie à suivre. Évidemment, se pose le problème des serveurs et des réseaux : qui stocke l’information, qui la fait circuler ? C’est là que le peer-to-peer [2] peut jouer un rôle : il suffirait que chacun accepte que son ordinateur participe un peu à la tâche collective. Utopique ? Pas du tout : c’est cette technologie qui permet le transfert de fichiers, hors de toute centralité, et notamment pour les téléchargements illégaux (mais également les téléchargements légaux). Il aurait donc été très simple de concevoir, collectivement, un outil de micro-blogging instantané. Certes, direz-vous, encore fallait-il en avoir l’idée. Twitter a eu l’idée, ils ont gagné, c’est la liberté d’entreprendre qui est en jeu. Oui et non. Bien sûr si une société a une bonne idée, tant mieux pour elle [3]. Mais on peut poser des limites à cela : si demain j’ai l’idée de créer une école révolutionnaire pour que les élèves aient le bac à 12 ans, l’État ne me laissera pas faire, tout simplement parce que l’éducation est un service public (ou concédé selon des règles bien précises). La communication doit-elle être un service public ? Franchement, il semble évident que oui. Plus exactement, ce devrait être un service mondial autogéré qui oblige tout le monde à se mettre d’accord. Là non plus, ce n’est pas une utopie, puisque cela existe dans le cas du HTML (le langage de base pour concevoir des sites web) : le W3C (World Wide Web Consortium) se charge, depuis 1994, d’harmoniser le langage et de le faire évoluer.
Dans les années 1990, les pionniers de l’Internet apprenaient à coder en HTML. Au début des années 2000, ils passèrent à des sites dynamiques permettant, à partir d’une structure fixe, de faire vivre un site sans forcément coder chaque nouvelle page : l’ère des CMS (Content Management System) débutait. Les principaux CMS (Spip, Drupal, ou Wordpress) ont la particularité d’être opensource (on a accès au code qui fait tourner la chose) et libres (on peut les modifier comme on le désire). Les blogs firent florès par milliers. À l’époque (et c’est toujours le cas aujourd’hui), hormis les très bons informaticiens capables d’installer leurs sites à domicile, il y avait deux choix possibles. Soit payer pour avoir un hébergement, soit s’inscrire sur un espace gratuit qui, en échange, propose de la publicité (over-blog, blogspot, etc.). Cette période marque donc les débuts de la simplification du web (n’importe qui peut ouvrir un blog, c’est « gratuit »), mais aussi du début du renoncement.
Ce que font Facebook ou Twitter aujourd’hui est en effet la poursuite de cette politique, mais de manière monopolistique. Facebook fonctionne sur un principe vertueux (pour eux) : plus de gens s’inscrivent chez eux, plus ils sont incontournables, et donc plus de gens s’y inscrivent. Sauf que, et il faut le rappeler, la notion d’email fonctionnait de la même façon : plus les gens ont un mail, plus c’est simple de communiquer par mail. Et c’était le même cas pour le téléphone : plus de gens ont le téléphone, plus c’est utile d’avoir le téléphone. Mais le téléphone était un monopole public, pas privé (ce n’est plus le cas aujourd’hui – mais du moins aujourd’hui reste-t-il en France une autorité administrative qui régule le secteur [4]).
Facebook échappe à toute forme de contrôle : c’est une société privée, qui fait ce qu’elle veut. Elle a beau jeu de rappeler que, évidemment, chacun est libre de s’inscrire ou non. C’est vrai. Mais elle fait tout pour que tout le monde bascule chez elle. Y compris des... services publics. Un rapide tour du web permet de voir qu’en 2011, on peut entre autres trouver une page Facebook (officielle) de la DGIS (Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services, rattachée au ministère de l’Économie), de Proxima mobile (le « portail de services aux citoyens sur téléphone mobile », créé par le secrétariat d’État au numérique), ou encore de l’Agence du service civique (un GIP, Groupement d’intérêt public). Quant au ministère des Finances, il possède un compte Twitter, sobrement intitulé @_Bercy_ [5]. La liste n’est bien sûr pas exhaustive.
Les pouvoirs publics ont, dans les dernières années, fini par admettre que les logiciels libres étaient une bonne chose : nombre d’administrations utilisent dorénavant OpenOffice (plutôt qu’Office de Microsoft), ou Thunderbird (plutôt que Outlook de Microsoft). Mais, face aux réseaux sociaux, on ne les entend qu’à peine [6]
Même les militants du libre semblent baisser les bras. Le site Framasoft, qui promeut l’usage des logiciels libres, a certes ouvert un compte sur identi.ca, le concurrent libre et opensource de Twitter [7] : car il en existe bien un, tout comme il existe une alternative opensource et surtout décentralisée à Facebook : Diaspora. Quatre informaticiens, financés par des dons (dont un de Marck Zuckerberg, le patron de Facebook [8]), ont déjà livré une première version de cet outil. Comme dans le cas de tous les logiciels libres (voir l’histoire de Firefox vs. Internet Explorer), il suffirait qu’un cercle vertueux se mette en place pour que ce nouveau système prenne la place de l’autre.
Alors pourquoi est-ce que Framasoft, farouche défenseur du libre, est tout de même sur Twitter ? « Parce qu’étant le réseau le plus fréquenté c’est celui qui nous permettra de toucher le plus large public, et d’attirer de nouveaux lecteurs dans nos filets. » [9] Ah, ce vieil argument du « on va aller chercher les gens et ensuite on va les faire évoluer... » Il se défend, certes – un peu comme lorsque The Sun met une fille aux seins nus en page 3 de son journal : c’est autant de Britanniques qui continuent à lire la presse papier...
Quelques visiteurs réguliers de Framasoft site expriment leur opposition à cette nouveauté : « Sincèrement, je n’arrive pas à comprendre l’attrait de cette dernière innovation du Web 2.0. J’avoue que parfois j’en ai la nausée, tant ces « innovations » arrivent vite, toutes plus clinquantes les unes que les autres (Facebook, Twitter, etc.). Pour quel bénéfice humain ? » (Jack.) « Quand on voit que des nouveautés révolutionnaires telles que la décentralisation d’un réseau (Internet) tend à disparaître aujourd’hui, remplacée par des services gigantesques centralisés... C’est donc ça le web2.0 ? Très peu pour moi. » (Nookie.) Et Jack de se demander, face à son peu d’empressement à suivre le mouvement : « Suis-je un phénomène isolé ? »
Toute la question est là. Pourquoi aussi peu de personnes se sentent-elles impliquées par la mort du web tel qu’il avait été conçu ? Pourquoi, lorsque Apple fait tout pour que les utilisateurs d’Ipad et d’Iphone ne naviguent plus sur l’Internet mais utilisent des applications que la société choisit (et censure le cas échéant), les utilisateurs ne se révoltent pas ? Pourquoi tant d’internautes se sont élevés contre la loi Hadopi, qui réprime le téléchargement illégal, voyant dans l’interventionnisme de l’État un scandale, alors qu’ils considèrent normal qu’une société privée décide des contenus auxquels ils peuvent avoir accès sur leur terminal mobile ?
On peut trouver qu’il y a des problèmes plus graves, dans le monde, que les bouleversements qui agitent l’Internet. C’est certainement vrai. C’est sans doute pour cette raison que la plupart d’entre nous assistons, les bras ballants, à la privatisation du web. Le Tigre, en ce qui le concerne, refusera toujours d’en être le complice. Et n’aura donc jamais de page sur Facebook, ni sur Twitter.
mercredi 29 juin 2011
Une alliance de pays asiatiques supplante l’Empire US. (Consortium News)
10 juin 2011
Organisation de Coopération de Shanghai
Nicolas JS DAVIES
Tandis que les dirigeants US se demandent avec quelle lenteur ils vont retirer leurs troupes d’Afghanistan – et débattent pour décider s’il faut ou non se retirer de l’Irak d’ici la fin de l’année – une nouvelle alliance de pays asiatiques est en train de remplir le vide laissé par l’Empire US en déclin. D’ici mi-juin, l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) pourrait représenter plus de la moitié de la population mondiale.
Le 15 mai, le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov a annoncé qu’un élargissement important de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) serait au programme du prochain sommet à Astana au Kazakhstan, le 15 juin.
Si l’élargissement est approuvé, l’Inde et le Pakistan rejoindront la Chine, la Russie et les républiques d’Asie centrale comme membres à part entière de l’OSC, et l’Afghanistan rejoindra l’Iran et la Mongolie en tant que nouveaux membres « observateurs ». L’information semble avoir échappé aux médias US (et français, remarque perfide du traducteur) mais les historiens du futur la désigneront probablement comme un point tournant de l’histoire de l’Afghanistan, des Etats-Unis et du monde.
Les cinq membres fondateurs de l’OCS (Chine, Russie, Kazakhstan, Tadjikistan et Kirghizstan), qui avaient signé en 1996 un « Traité sur le Renforcement de la Confiance dans les Régions Frontalières », ont formé en 2001 l’OCS avec l’Ouzbékistan et se sont engagés à renforcer la coopération militaire et économique.
En 2005, le président Nazarbayev du Kazakhstan a salué le caractère historique du sommet qui, cette année-là, a été rejoint par l’Inde, le Pakistan et l’Iran. Il a souligné que désormais la moitié de la population mondiale était représentée à la table des négociations de l’OCS.
L’OCS combine certains aspects militaires d’une alliance comme l’OTAN avec les avantages économiques d’une communauté comme l’Union Européenne ou l’UNASUR en Amérique du sud.
L’émergence et la croissance de l’OCS, qui est à la fois une alliance militaire défensive et une communauté économique, ont été motivées par l’intérêt partagé par ces pays de contrer l’agression US et son expansion militaire et aussi par la croissance économique de la région. Les Etats-Unis ont demandé un poste d’observateur à l’OCS en 2005, mais la candidature fut rejetée.
Les Afghans ont décidé de rejoindre l’OCS malgré l’opposition de Washington. Le ministre des affaires étrangères afghan Rassoul avait passé quatre jours en réunion avec des officiels chinois à Beijing avant l’annonce faite le 15 mai par Lavrov.
Il y a un changement significatif dans le « grand jeu » en Asie centrale, et des indications sur le devenir de l’Afghanistan lorsque l’occupation de l’OTAN prendra fin, ce qui arrivera un jour ou l’autre.
Le diplomate indien à la retraite, M. K. Bhadrakumar a souligné dans Asia Times que, avec cette manœuvre, la Chine et la Russie ont réussi à faire en sorte que la politique US en Asie Centrale marche sur la tête.
Les politiciens US espéraient faire de l’Afghanistan une « base centrale » d’où les Etats-Unis pourraient dominer l’espace et les routes stratégiques entre la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde et le Pakistan. A la place, les Russes et les Chinois sont en train de positionner l’Afghanistan comme la base centrale future d’un réseau terrestre de commerce et de transport qui court-circuitera les routes maritimes de commerce sous contrôle de l’US Navy et permettra à tous les pays de la région de développer les relations entre eux sans une interférence des Etats-Unis.
Ceci annonce une nouvelle étape dans la concurrence historique entre les empires terrestres de l’Europe et de l’Asie et les empires maritimes européens et américains. Les routes terrestres et les alliances continentales ont toujours été indispensables à la Russie, la Chine, l’Allemagne, l’Autriche, la Turquie et la Perse, tandis que l’Espagne, le Portugal, la Hollande, la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis ont toujours compté sur leur puissance navale et le contrôle de colonies ou néo-colonies lointaines pour imposer leur domination.
La faiblesse stratégique qui caractérise la montée de la Chine est due à sa dépendance aux importations et exportations massives par voie maritime. Tout est conçu pour éviter le moindre incident naval avec les Etats-Unis et constitue sa principale vulnérabilité.
La Chine a travaillé dur pour développer des alternatives au commerce maritime. Elle a construit des oléoducs et des gazoducs depuis la Russie et le Kazakhstan et amélioré ses relations avec l’Inde et ses autres voisins asiatiques – tout en assurant l’expansion de sa marine pour protéger ses routes de commerce et en construisant de nouvelles installations portuaires tout autour de l’Océan Indien – et pas moins que le plus grand port de la région, à Hambantuta, au sud du Sri Lanka.
L’ancien diplomate indien, Bhadrakumar, voit dans l’expansion de l’OCS une manœuvre de la Chine et la Russie pour construire « un concurrent à l’OTAN et un garant de la sécurité des états d’Asie centrale » et il cite une agence de presse russe qui décrit une « coopération étroite » entre la Russie et la Chine qui s’étend jusqu’au Moyen orient et à l’Afrique du nord.
En 2009, la plupart des pays dans le monde étaient disposés à accorder un an ou deux à l’administration Obama pour connaître ses intentions. Le verdict est désormais tombé, et la dernière campagne de bombardement de l’OTAN contre la Libye en est la confirmation, que le « changement » susurré par Obama n’était qu’une tactique et une opération de relations publiques et très loin d’un engagement américain pour la paix ou le respect du droit international.
L’expansion par Obama des opérations de « forces spéciales » vers au moins 75 pays et le rôle plus actif de l’OTAN dans les guerres à travers le monde n’ont fait qu’augmenter les enjeux dans le monde entier.
Tous les membres actuels et futurs de l’OCS voient leur salut dans l’unité et un soutien mutuel tandis qu’ils sont confrontés à une puissance militaire blessée et dangereuse qui ne montre aucun signe de réduction de sa présence militaire ou de son agressivité, ni de sa doctrine illégale de recours à la force militaire.

Mais l’échec des Etats-Unis et de l’OTAN dans leur occupation de l’Afghanistan représente à la fois une opportunité et un problème pour les pays voisins. En Irak, depuis que les Etats-Unis ont baissé le niveau de violence de leur occupation, ce sont les pays voisins qui vendent aux gouvernement, propriétaires et entreprises les biens dont ils ont besoin pour reconstruire leur pays et leurs existences.
L’occupation aura été l’occasion d’une énorme mais éphémère ruée vers l’or pour les sous-traitants de l’armée américaine, mais le résultat final est que personne en Irak ne veut traiter avec une entreprise américaine ou acheter des produits américains. La grande masse des importations irakiennes en 2009 sont venues de la Turquie, de l’Iran, de la Syrie, de la Chine et de l’Union Européenne.
Une situation similaire est prévisible en Afghanistan. La Chine y exploite déjà de grandes mines et transporte le fer et le cuivre en toute sécurité par camion sur les mêmes routes de montagne où les convois de ravitaillement de l’OTAN sont régulièrement attaqués et incendiés.
Mais la plus grande valeur économique et stratégique de l’Afghanistan pour ses voisins ne sont pas ses ressources, ou son économie locale, mais sa position géographique, au carrefour de leurs échanges par voie terrestre, particulièrement pour le pétrole Iranien vers la Chine et le pétrole et gaz russes vers le Pakistan.
Comme dans le passé, différents groupes ethniques en Afghanistan feront du commerce avec leurs alliés naturels des pays voisins, les Pashtuns avec le Pakistan, les autres avec l’Iran et ainsi de suite.
Un gouvernement central pas trop autoritaire pourrait arbitrer les intérêts des différentes parties avec sagesse et gagner un respect qui serait le garant d’une stabilité. C’est ainsi que l’Afghanistan a connu la paix dans le passé et ce sera probablement ainsi qu’il le connaitra dans l’avenir.
La candidature de l’Inde à l’OCS peut surprendre les Américains, encore plus que la candidature de l’Afghanistan à un poste d’observateur. Vu de l’Inde, les bénéfices d’une relation étroite avec les Etats-Unis en déclin diminuent et les avantages d’une amitié avec la Chine augmentent.
En regardant vers l’avenir, l’Inde a toutes les raisons de se rallier à l’OCS. Les Etats-Unis ont fait de gros efforts pour courtiser l’Inde et en faire un allié, en exploitant les vieilles tensions entre la Chine et le Pakistan, mais lorsque l’OTAN finira par plier bagages et quitter l’Afghanistan, l’Inde ne peut pas se permettre de se retrouver exclue du nouvel ordre régional.
Alors l’adhésion de l’Inde à l’OCS est cruciale, malgré le soutien des Etats-Unis à son programme nucléaire et les récentes négociations sur les armes.
Les officiels US pensaient pouvoir remporter un contrat pour Boeing et Lockheed Martin dans la vente de 125 avions de combat pour un montant de 11 milliards de dollars, mais l’Inde a finalement décidé d’acheter les avions à l’Europe.
Alors que les Etats-Unis ont perdu leur avance technologique dans d’autres domaines, celui des armes a constitué une exception dans une industrie américaine généralement morose et un composant essentiel de la politique étrangère du pays.
Au lendemain de la première guerre du Golf en 1991, la supériorité des armes américaines a été promue par le Pentagone et ses relais dans les médias occidentaux afin de provoquer une ruée vers l’achat d’armes Made in USA. Les pilotes américains ont reçu les instructions de faire voler leurs avions directement du Koweit au Salon de l’Aéronautique à Paris sans même les nettoyer, pour les exposer dans toute leur gloire et leur crasse à des clients potentiels.
La période qui a suivi la guerre froide a été une période de records de ventes pour les marchands d’armes américains. En 2008, les ventes d’armes des Etats-Unis représentaient 68 pour cent de l’ensemble des ventes d’armes dans le monde, ce qui a fait dire à l’éminent analyste Frida Berrigan que le « marché global de l’armement » était en réalité un terme erroné pour désigner ce qui était devenu un monopole américain dans le commerce de la mort et de la destruction.
Peu avant sa mort en 2010 , Chalmers Johnson a expliqué dans son livre « Dismantling the Empire » que le complexe militaro-industriel corrompu des Etats-Unis a lapidé son avance technologique en matière d’armement qu’il avait héritée de la Guerre Froide. L’inflation, la bureaucratie, l’arrogance, la corruption et le favoritisme produisent désormais des armes à des prix absurdes et mal adaptés aux guerres réelles.
Le F-22 peut voler plus haut et plus vite que le F-16 (lancé en 1976) ou que le A-10 (8 millions de dollars pièce, contre 350 millions pour le F-22), mais il a été construit pour des combats aériens en altitude contre des avions de combats imaginaires que les Russes ont eu la sagesse de ne jamais fabriquer, et pas pour un soutien au sol comme dans une vraie guerre.
L’avion est « trop rapide pour qu’un pilote puisse détecter des cibles tactiques » et « trop fragile et inflammable pour supporter des tirs sol-air ». Le F-35, encore plus récent et dont le programme de recherches et développement a été lancé en 1994, fut construit pour contrer un avion Russe dont le programme était déjà abandonné depuis... 1991.
La véritable « prochaine génération » d’avions de combat sont les Typhons Européens et les Rafales que l’Inde a choisis. Ils se sont révélés plus performants que les F-16 et les F-18 lors des tests menés par les Indiens et leurs experts ont déclaré à Al Jazeera que la technologie des avions US avait un « retard de 10 ans sur celle des Européens ». Malgré des dépenses militaires équivalents à l’ensemble du reste du monde, les Etats-Unis ne fabriquent rien de comparable.
Dans son appel passionné en faveur d’un démantèlement du complexe militaro-industriel US, Johnson a conclu, « notre destin est de nous ruiner au nom de la défense nationale ». L’ironie suprême dans toute cette histoire est que notre argent est dépensé dans des armes qui ne sont même pas efficaces.
Et pour cette raison, comme l’a clairement démontré Chalmers Johnson, nous payons le prix des « occasions ratées » - la plupart d’entre nous en tous cas. Nous vivons dans le seul pays industrialisé qui ne fournit aucune couverture médicale à des millions de ses citoyens et le seul pays qui contrôle une minorité défavorisée en emprisonnant des millions de jeunes mâles et en employant des millions issus des populations rurales, sans autres ressources, pour les garder en prison.
Lorsque nous pensons à l’Allemagne nazie ou à l’Union Soviétique, nous ne les jugeons pas sur le niveau de vie qu’ils fournissaient à leur classe moyenne privilégiée mais sur la manière qu’ils traitaient leurs ennemis et leurs minorités. Si nous devions appliquer avec objectivité à notre propre société les mêmes critères que nous appliquons aux autres, nous découvririons que nous sommes bien plus proches du « totalitarisme inversé » de Sheldon Wolin que des euphémismes à usage interne si chers à nos politiciens et nos appareils de propagande.
La décision du Pakistan de s’allier avec la Russie et la Chine est moins surprenante que celle de l’Inde. Le rôle du Pakistan dans la soi-disant « guerre contre le terrorisme » des Etats-Unis lui a permis de toucher des fonds pour construire de nouvelles armes nucléaires et remplir les poches de hauts fonctionnaires tels que « M. Dix Pour Cent », le Président Zardari.
Mais l’expansion de la guerre US en Afghanistan vers le Pakistan a sérieusement déstabilisé le pays et est en train de retourner le pays contre tout partenariat présent ou futur avec les Etats-Unis.
Récemment, Imran Khan, le très respecté ancien capitaine de l’ équipe de cricket du Pakistan, a dirigé une occupation pacifique par des dizaines de milliers de gens d’une autoroute près de Peshawar, pour bloquer les convois de l’OTAN en route vers l’Afghanistan, en signe de protestation des frappes par drones effectuées par les Etats-Unis. Khan et son parti Tehreek-e-Insaf (Mouvement pour la Justice) est probablement le meilleur espoir pour le Pakistan, mais il ne sera ni une marionnette ni un allié des Etats-Unis.
Au 20ème siècle, les Etats-Unis ont adroitement ramassé les morceaux de l’empire britannique mourant pour fabriquer discrètement le leur. Partout dans le monde, les habitants des ports ont pris l’habitude de voir des drapeaux et des uniformes américains, tout comme leur grand-parents avaient pris l’habitude de voir des drapeaux et des uniformes britanniques.
La question sans réponse du moment est de savoir quels seront les drapeaux et les uniformes que nos petits-enfants verront. Espérons que l’OCS jouera un rôle constructif dans une transition pacifique vers un monde où les gens ne verront que les drapeaux et des uniformes locaux – ou pas de drapeaux ni d’uniformes du tout...
Pendant que le ministre des affaires étrangères afghan, Rassouf, rentrait de Beijing pour rencontrer à Kaboul le Premier Ministre indien, Manmohan Singh, le président Zardari du Pakistan s’envolait vers Moscou pour rencontrer des officiels russes.
Une chose est sûre, c’est qu’ils veulent tous voir les Etats-Unis quitter l’Afghanistan, et le problème des Etats-Unis est que l’OCS et ses membres seront prêts pour ramasser les morceaux, que ce soit cette année, l’année prochaine ou dans dix ans.
Nicolas J S Davies
Nicolas J S Davies est l’auteur de « Blood On Our Hands : the American Invasion and Destruction of Iraq ».
http://consortiumnews.com/2011/06/07/asian-alliance-supplant...
Traduction « comment s’appelle le président de la Chine, déjà ? » par VD, avec probablement les fautes et coquilles habituelles
Si l’élargissement est approuvé, l’Inde et le Pakistan rejoindront la Chine, la Russie et les républiques d’Asie centrale comme membres à part entière de l’OSC, et l’Afghanistan rejoindra l’Iran et la Mongolie en tant que nouveaux membres « observateurs ». L’information semble avoir échappé aux médias US (et français, remarque perfide du traducteur) mais les historiens du futur la désigneront probablement comme un point tournant de l’histoire de l’Afghanistan, des Etats-Unis et du monde.
Les cinq membres fondateurs de l’OCS (Chine, Russie, Kazakhstan, Tadjikistan et Kirghizstan), qui avaient signé en 1996 un « Traité sur le Renforcement de la Confiance dans les Régions Frontalières », ont formé en 2001 l’OCS avec l’Ouzbékistan et se sont engagés à renforcer la coopération militaire et économique.
En 2005, le président Nazarbayev du Kazakhstan a salué le caractère historique du sommet qui, cette année-là, a été rejoint par l’Inde, le Pakistan et l’Iran. Il a souligné que désormais la moitié de la population mondiale était représentée à la table des négociations de l’OCS.
L’OCS combine certains aspects militaires d’une alliance comme l’OTAN avec les avantages économiques d’une communauté comme l’Union Européenne ou l’UNASUR en Amérique du sud.
L’émergence et la croissance de l’OCS, qui est à la fois une alliance militaire défensive et une communauté économique, ont été motivées par l’intérêt partagé par ces pays de contrer l’agression US et son expansion militaire et aussi par la croissance économique de la région. Les Etats-Unis ont demandé un poste d’observateur à l’OCS en 2005, mais la candidature fut rejetée.
Les Afghans ont décidé de rejoindre l’OCS malgré l’opposition de Washington. Le ministre des affaires étrangères afghan Rassoul avait passé quatre jours en réunion avec des officiels chinois à Beijing avant l’annonce faite le 15 mai par Lavrov.
Il y a un changement significatif dans le « grand jeu » en Asie centrale, et des indications sur le devenir de l’Afghanistan lorsque l’occupation de l’OTAN prendra fin, ce qui arrivera un jour ou l’autre.
Le diplomate indien à la retraite, M. K. Bhadrakumar a souligné dans Asia Times que, avec cette manœuvre, la Chine et la Russie ont réussi à faire en sorte que la politique US en Asie Centrale marche sur la tête.
Les politiciens US espéraient faire de l’Afghanistan une « base centrale » d’où les Etats-Unis pourraient dominer l’espace et les routes stratégiques entre la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde et le Pakistan. A la place, les Russes et les Chinois sont en train de positionner l’Afghanistan comme la base centrale future d’un réseau terrestre de commerce et de transport qui court-circuitera les routes maritimes de commerce sous contrôle de l’US Navy et permettra à tous les pays de la région de développer les relations entre eux sans une interférence des Etats-Unis.
Ceci annonce une nouvelle étape dans la concurrence historique entre les empires terrestres de l’Europe et de l’Asie et les empires maritimes européens et américains. Les routes terrestres et les alliances continentales ont toujours été indispensables à la Russie, la Chine, l’Allemagne, l’Autriche, la Turquie et la Perse, tandis que l’Espagne, le Portugal, la Hollande, la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis ont toujours compté sur leur puissance navale et le contrôle de colonies ou néo-colonies lointaines pour imposer leur domination.
La faiblesse stratégique qui caractérise la montée de la Chine est due à sa dépendance aux importations et exportations massives par voie maritime. Tout est conçu pour éviter le moindre incident naval avec les Etats-Unis et constitue sa principale vulnérabilité.
La Chine a travaillé dur pour développer des alternatives au commerce maritime. Elle a construit des oléoducs et des gazoducs depuis la Russie et le Kazakhstan et amélioré ses relations avec l’Inde et ses autres voisins asiatiques – tout en assurant l’expansion de sa marine pour protéger ses routes de commerce et en construisant de nouvelles installations portuaires tout autour de l’Océan Indien – et pas moins que le plus grand port de la région, à Hambantuta, au sud du Sri Lanka.
L’ancien diplomate indien, Bhadrakumar, voit dans l’expansion de l’OCS une manœuvre de la Chine et la Russie pour construire « un concurrent à l’OTAN et un garant de la sécurité des états d’Asie centrale » et il cite une agence de presse russe qui décrit une « coopération étroite » entre la Russie et la Chine qui s’étend jusqu’au Moyen orient et à l’Afrique du nord.
En 2009, la plupart des pays dans le monde étaient disposés à accorder un an ou deux à l’administration Obama pour connaître ses intentions. Le verdict est désormais tombé, et la dernière campagne de bombardement de l’OTAN contre la Libye en est la confirmation, que le « changement » susurré par Obama n’était qu’une tactique et une opération de relations publiques et très loin d’un engagement américain pour la paix ou le respect du droit international.
L’expansion par Obama des opérations de « forces spéciales » vers au moins 75 pays et le rôle plus actif de l’OTAN dans les guerres à travers le monde n’ont fait qu’augmenter les enjeux dans le monde entier.
Tous les membres actuels et futurs de l’OCS voient leur salut dans l’unité et un soutien mutuel tandis qu’ils sont confrontés à une puissance militaire blessée et dangereuse qui ne montre aucun signe de réduction de sa présence militaire ou de son agressivité, ni de sa doctrine illégale de recours à la force militaire.
Mais l’échec des Etats-Unis et de l’OTAN dans leur occupation de l’Afghanistan représente à la fois une opportunité et un problème pour les pays voisins. En Irak, depuis que les Etats-Unis ont baissé le niveau de violence de leur occupation, ce sont les pays voisins qui vendent aux gouvernement, propriétaires et entreprises les biens dont ils ont besoin pour reconstruire leur pays et leurs existences.
L’occupation aura été l’occasion d’une énorme mais éphémère ruée vers l’or pour les sous-traitants de l’armée américaine, mais le résultat final est que personne en Irak ne veut traiter avec une entreprise américaine ou acheter des produits américains. La grande masse des importations irakiennes en 2009 sont venues de la Turquie, de l’Iran, de la Syrie, de la Chine et de l’Union Européenne.
Une situation similaire est prévisible en Afghanistan. La Chine y exploite déjà de grandes mines et transporte le fer et le cuivre en toute sécurité par camion sur les mêmes routes de montagne où les convois de ravitaillement de l’OTAN sont régulièrement attaqués et incendiés.
Mais la plus grande valeur économique et stratégique de l’Afghanistan pour ses voisins ne sont pas ses ressources, ou son économie locale, mais sa position géographique, au carrefour de leurs échanges par voie terrestre, particulièrement pour le pétrole Iranien vers la Chine et le pétrole et gaz russes vers le Pakistan.
Comme dans le passé, différents groupes ethniques en Afghanistan feront du commerce avec leurs alliés naturels des pays voisins, les Pashtuns avec le Pakistan, les autres avec l’Iran et ainsi de suite.
Un gouvernement central pas trop autoritaire pourrait arbitrer les intérêts des différentes parties avec sagesse et gagner un respect qui serait le garant d’une stabilité. C’est ainsi que l’Afghanistan a connu la paix dans le passé et ce sera probablement ainsi qu’il le connaitra dans l’avenir.
La candidature de l’Inde à l’OCS peut surprendre les Américains, encore plus que la candidature de l’Afghanistan à un poste d’observateur. Vu de l’Inde, les bénéfices d’une relation étroite avec les Etats-Unis en déclin diminuent et les avantages d’une amitié avec la Chine augmentent.
En regardant vers l’avenir, l’Inde a toutes les raisons de se rallier à l’OCS. Les Etats-Unis ont fait de gros efforts pour courtiser l’Inde et en faire un allié, en exploitant les vieilles tensions entre la Chine et le Pakistan, mais lorsque l’OTAN finira par plier bagages et quitter l’Afghanistan, l’Inde ne peut pas se permettre de se retrouver exclue du nouvel ordre régional.
Alors l’adhésion de l’Inde à l’OCS est cruciale, malgré le soutien des Etats-Unis à son programme nucléaire et les récentes négociations sur les armes.
Les officiels US pensaient pouvoir remporter un contrat pour Boeing et Lockheed Martin dans la vente de 125 avions de combat pour un montant de 11 milliards de dollars, mais l’Inde a finalement décidé d’acheter les avions à l’Europe.
Alors que les Etats-Unis ont perdu leur avance technologique dans d’autres domaines, celui des armes a constitué une exception dans une industrie américaine généralement morose et un composant essentiel de la politique étrangère du pays.
Au lendemain de la première guerre du Golf en 1991, la supériorité des armes américaines a été promue par le Pentagone et ses relais dans les médias occidentaux afin de provoquer une ruée vers l’achat d’armes Made in USA. Les pilotes américains ont reçu les instructions de faire voler leurs avions directement du Koweit au Salon de l’Aéronautique à Paris sans même les nettoyer, pour les exposer dans toute leur gloire et leur crasse à des clients potentiels.
La période qui a suivi la guerre froide a été une période de records de ventes pour les marchands d’armes américains. En 2008, les ventes d’armes des Etats-Unis représentaient 68 pour cent de l’ensemble des ventes d’armes dans le monde, ce qui a fait dire à l’éminent analyste Frida Berrigan que le « marché global de l’armement » était en réalité un terme erroné pour désigner ce qui était devenu un monopole américain dans le commerce de la mort et de la destruction.
Peu avant sa mort en 2010 , Chalmers Johnson a expliqué dans son livre « Dismantling the Empire » que le complexe militaro-industriel corrompu des Etats-Unis a lapidé son avance technologique en matière d’armement qu’il avait héritée de la Guerre Froide. L’inflation, la bureaucratie, l’arrogance, la corruption et le favoritisme produisent désormais des armes à des prix absurdes et mal adaptés aux guerres réelles.
Le F-22 peut voler plus haut et plus vite que le F-16 (lancé en 1976) ou que le A-10 (8 millions de dollars pièce, contre 350 millions pour le F-22), mais il a été construit pour des combats aériens en altitude contre des avions de combats imaginaires que les Russes ont eu la sagesse de ne jamais fabriquer, et pas pour un soutien au sol comme dans une vraie guerre.
L’avion est « trop rapide pour qu’un pilote puisse détecter des cibles tactiques » et « trop fragile et inflammable pour supporter des tirs sol-air ». Le F-35, encore plus récent et dont le programme de recherches et développement a été lancé en 1994, fut construit pour contrer un avion Russe dont le programme était déjà abandonné depuis... 1991.
La véritable « prochaine génération » d’avions de combat sont les Typhons Européens et les Rafales que l’Inde a choisis. Ils se sont révélés plus performants que les F-16 et les F-18 lors des tests menés par les Indiens et leurs experts ont déclaré à Al Jazeera que la technologie des avions US avait un « retard de 10 ans sur celle des Européens ». Malgré des dépenses militaires équivalents à l’ensemble du reste du monde, les Etats-Unis ne fabriquent rien de comparable.
Dans son appel passionné en faveur d’un démantèlement du complexe militaro-industriel US, Johnson a conclu, « notre destin est de nous ruiner au nom de la défense nationale ». L’ironie suprême dans toute cette histoire est que notre argent est dépensé dans des armes qui ne sont même pas efficaces.
Et pour cette raison, comme l’a clairement démontré Chalmers Johnson, nous payons le prix des « occasions ratées » - la plupart d’entre nous en tous cas. Nous vivons dans le seul pays industrialisé qui ne fournit aucune couverture médicale à des millions de ses citoyens et le seul pays qui contrôle une minorité défavorisée en emprisonnant des millions de jeunes mâles et en employant des millions issus des populations rurales, sans autres ressources, pour les garder en prison.
Lorsque nous pensons à l’Allemagne nazie ou à l’Union Soviétique, nous ne les jugeons pas sur le niveau de vie qu’ils fournissaient à leur classe moyenne privilégiée mais sur la manière qu’ils traitaient leurs ennemis et leurs minorités. Si nous devions appliquer avec objectivité à notre propre société les mêmes critères que nous appliquons aux autres, nous découvririons que nous sommes bien plus proches du « totalitarisme inversé » de Sheldon Wolin que des euphémismes à usage interne si chers à nos politiciens et nos appareils de propagande.
La décision du Pakistan de s’allier avec la Russie et la Chine est moins surprenante que celle de l’Inde. Le rôle du Pakistan dans la soi-disant « guerre contre le terrorisme » des Etats-Unis lui a permis de toucher des fonds pour construire de nouvelles armes nucléaires et remplir les poches de hauts fonctionnaires tels que « M. Dix Pour Cent », le Président Zardari.
Mais l’expansion de la guerre US en Afghanistan vers le Pakistan a sérieusement déstabilisé le pays et est en train de retourner le pays contre tout partenariat présent ou futur avec les Etats-Unis.
Récemment, Imran Khan, le très respecté ancien capitaine de l’ équipe de cricket du Pakistan, a dirigé une occupation pacifique par des dizaines de milliers de gens d’une autoroute près de Peshawar, pour bloquer les convois de l’OTAN en route vers l’Afghanistan, en signe de protestation des frappes par drones effectuées par les Etats-Unis. Khan et son parti Tehreek-e-Insaf (Mouvement pour la Justice) est probablement le meilleur espoir pour le Pakistan, mais il ne sera ni une marionnette ni un allié des Etats-Unis.
Au 20ème siècle, les Etats-Unis ont adroitement ramassé les morceaux de l’empire britannique mourant pour fabriquer discrètement le leur. Partout dans le monde, les habitants des ports ont pris l’habitude de voir des drapeaux et des uniformes américains, tout comme leur grand-parents avaient pris l’habitude de voir des drapeaux et des uniformes britanniques.
La question sans réponse du moment est de savoir quels seront les drapeaux et les uniformes que nos petits-enfants verront. Espérons que l’OCS jouera un rôle constructif dans une transition pacifique vers un monde où les gens ne verront que les drapeaux et des uniformes locaux – ou pas de drapeaux ni d’uniformes du tout...
Pendant que le ministre des affaires étrangères afghan, Rassouf, rentrait de Beijing pour rencontrer à Kaboul le Premier Ministre indien, Manmohan Singh, le président Zardari du Pakistan s’envolait vers Moscou pour rencontrer des officiels russes.
Une chose est sûre, c’est qu’ils veulent tous voir les Etats-Unis quitter l’Afghanistan, et le problème des Etats-Unis est que l’OCS et ses membres seront prêts pour ramasser les morceaux, que ce soit cette année, l’année prochaine ou dans dix ans.
Nicolas J S Davies
Nicolas J S Davies est l’auteur de « Blood On Our Hands : the American Invasion and Destruction of Iraq ».
http://consortiumnews.com/2011/06/07/asian-alliance-supplant...
Traduction « comment s’appelle le président de la Chine, déjà ? » par VD, avec probablement les fautes et coquilles habituelles
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vendredi 18 février 2011
Égypte : un professeur français blâmé
La famille de l'enseignant, sa femme et ses deux enfants, vivent en Egypte. © CAPTURE D'ECRAN
L'enseignant a été blâmé pour avoir arboré une pancarte "casse-toi pauvre con" place Tahrir.
Comme des milliers d’Egyptiens, il défilait place Tahrir au Caire pour réclamer le départ de Hosni Moubarak, le 1er février dernier. Ce Français, enseignant dans un lycée de la capitale égyptienne, a été sévèrement sanctionné par l’Etat français pour avoir arboré ce jour-là une pancarte faisant mention du désormais célèbre "casse-toi pauvre con". Une déclinaison du "Dégage Moubarak ! " scandé par les protestataires, variante du "Dégage Ben Ali ! " des manifestants tunisiens.
Tout s’est passé très vite, raconte le magazine Télérama , qui a dévoilé l’information mercredi. C’est en consultant les clichés pris par un de ses photographes dépêchés sur place que le Quai d’Orsay a eu vent de la présence de la banderole. L’ambassade de France au Caire a alors décidé de le convoquer, le 4 février. Le professeur, qui est marié à une Egyptienne et père de deux enfants, a été rapatrié dès le lendemain à Paris.
Rapatrié dès le lendemain
Menacé de rétrogradation, il n’a finalement "hérité" que d’un blâme. Le Quai d’Orsay lui a expliqué qu'il pourrait rentrer en Egypte l'été prochain seulement, après son départ à la retraite.
Toutefois, il est possible, sous-entend Télérama, que le ministère des Affaires étrangères ait promis à l’enseignant un retour au pays plus rapide s’il acceptait de taire l’affaire. Pour l’heure en tout cas, le professeur refuse de répondre aux journalistes.
Selon les informations de BFM TV, le professeur devrait être réintégré à la rentrée prochaine.
lundi 7 février 2011
Révolte des magistrats. Un vieux contentieux avec sarkozy
France
Justicelundi 07 février 2011
Leur colère, face à leur mise en cause par le Présidentdans l'affaire Laëtitia, marque un nouvel épisode de tensions.
Ce serait « une espèce de point d'orgue à toutes les attaques dont le corps judiciaire a fait l'objet au cours de ces dernières années » (Éric de Mongolfier, procureur de la République à Nice) ; « la goutte d'eau »(Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats). Matthieu Bonduelle, pour le Syndicat de la magistrature, n'a « jamais vu un état de mobilisation pareil ».
Semaine agitée
Cette semaine va être agitée dans les tribunaux. Assemblées générales prévues un peu partout aujourd'hui. Appel à renvoyer toutes les affaires non urgentes jusqu'à vendredi. Journée nationale jeudi. Il s'agit de protester contre les accusations portées contre la police et la justice. Le président a parlé de « dysfonctionnements graves » lors de la remise en liberté sans suivi de Tony Meilhon, soupçonné du meurtre de Laëtitia Perrais. Ce n'est pourtant pas la première colère de la magistrature à l'encontre de Nicolas Sarkozy.
Ministre de l'Intérieur, déjà, il avait suscité un tollé : le juge qui avait remis en liberté l'un des meurtriers présumés de la joggeuse Nelly Crémel devait « payer pour sa faute », avait-il déclaré en 2005. L'année suivante, il avait reproché au tribunal de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, « une forme de démission » face aux délinquants.
Novembre 2007 : après son élection à la présidence, magistrats, avocats et greffiers manifestent contre la réforme de la carte judiciaire qui prévoit la suppression de plus de 300 juridictions. Quelques mois plus tard, en 2008, les services judiciaires et pénitentiaires sont mis en cause dans le suicide d'un mineur à la prison de Metz. En 2009, il est question de supprimer le juge d'instruction. En 2010, d'introduire des jurés populaires ¯ de citoyens ¯ dans les tribunaux correctionnels.
Ces relations tendues se sont nourries de l'utilisation d'expressions maladroites ou volontaires. En 2003, Nicolas Sarkozy, ancien avocat, avait qualifié le suspect Yvan Colonna de « l'assassin du préfet Erignac ». Les prévenus ¯ donc présumés innocents ¯ de l'affaire Clearstream avaient été désignés « coupables ». Abus de langage réitéré jeudi à propos de Tony Meilhon.
Michèle Alliot-Marie rejette toute idée de démission
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PARIS (Reuters) - Michèle Alliot-Marie rejette toute idée de démission de son poste de ministre des Affaires étrangères face à la polémique suscitée par ses vacances en Tunisie fin décembre, en pleine contestation du régime de Zine ben Ali.
Après la confirmation d'un deuxième voyage dans le jet privé d'un homme d'affaires tunisien associé au "clan" Ben Ali, la ministre juge dans deux entretiens lundi n'avoir commis aucune faute, tout en disant comprendre l'émoi suscité par les conditions de ses vacances en Tunisie avec son compagnon Patrick Ollier, également membre du gouvernement.
"Je me rends compte que les gens ont été choqués, je saurai en tirer la leçon. Si on me le proposait à nouveau, je n'accepterais évidemment pas", a-t-elle dit dans un entretien publié par Le Parisien.
Elle a aussi répondu aux questions d'Europe 1 lundi matin, déclarant dans un lapsus : "Je crois qu'il y a tellement de mensonges et de contre-vérités qui ont été formulés que je comprends que des gens s'interrogent. Tout ce qui a été allégué, tous les soupçons qu'on a fait porter sur moi, je peux les démontrer (sic) facilement".
Après une première polémique sur le fait qu'elle ait pris place avec son compagnon dans l'avion de l'homme d'affaires Aziz Miled pour un déplacement de loisirs entre Hammamet et Tabarka, la ministre a confirmé après des révélations de presse l'existence d'une seconde excursion dans le même avion.
"JE DÉCOMPRESSE"
Elle s'est rendue avec Patrick Ollier dans la ville touristique de Tozeur, dans le sud du pays, le 29 décembre.
Les manifestations avaient alors atteint la capitale et Zine ben Ali venait d'intervenir à la télévision pour tenter d'endiguer le mouvement qui devait le pousser au départ le 14 janvier.
La position d'Aziz Miled vis-à-vis du régime de Ben Ali est controversée, la ministre le présentant comme une "victime", mais d'autres éléments laissant penser qu'il en était proche. Il avait signé une pétition en faveur d'une nouvelle candidature en 2014 du président au pouvoir depuis 1987 et était associé, sans en avoir eu le choix, selon la ministre française, avec plusieurs membres de la famille de l'épouse de Ben Ali.
La ministre dit qu'elle a le droit de mettre entre parenthèses sa fonction : "Dans ma vie privée, avec ma famille et mes amis, je ne suis pas en représentation officielle, je décompresse."
Le Parti socialiste réclame sa démission mais l'UMP refuse de l'envisager, expliquant que sa crédibilité n'est pas atteinte.
Trois jours avant le renversement de Zine ben Ali, Michèle Alliot-Marie avait proposé à son régime le "savoir-faire" de la France pour les opérations de maintien de l'ordre.
Thierry Lévêque
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