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vendredi 20 mai 2011

Fuite de données : TMG, le chasseur de pirates de la Hadopi, porte plainte

Mise en cause pour avoir laissé des données accessibles sans protection sur un serveur, la société chargée de surveiller les réseaux de P2P pour les ayants droit porte plainte. La Cnil dévoilera les résultats de son enquête dans trois à quatre semaines.

Au début de la semaine, la nouvelle avait retenti comme un coup de tonnerre dans le ciel de la Hadopi : Trident Media Guard (TMG), la société privée chargée de surveiller les réseaux de peer to peer (P2P) pour le compte des ayants droit, était mis en cause dans une affaire de fuite de données. Des signatures de fichierstorrents surveillés, un logiciel maison et des adresses IP relevées lors de contrôles auraient été accessibles sans protection sur son réseau.
Interrogé par Ouest-Francele PDG de TMG, Alain Guislain, indique avoir déposé une plainte.« Dans la nuit de vendredi à samedi, nous avons été victimes d'un vol de données. Quelqu'un se vantait sur la Toile d'un accès libre à notre serveur. Dans les faits, il ne s'agit pas de notre serveur principal, mais d'un serveur parallèle qui nous sert pour des tests. Cet ordinateur contient un certain nombre d'adresses IP […]. Sans lien direct avec la Haute Autorité, ces données piratées ne sont en aucun cas exploitables juridiquement. » A l'heure où nous écrivons ces lignes, nous n'avons pas encore pu joindre M. Guislain pour lui demander des précisions sur le contenu de sa plainte et les personnes éventuellement visées.

La Cnil donnera ses conclusions dans « trois à quatre semaines »

De son côté, Eric Walter, secrétaire général de la Hadopi, certifie que le système informatique de la Haute Autorité est, lui, d'une « étanchéité absolue », et confirme que l'interconnexion entre celui-ci et TMG est toujours suspendue. Cela n'empêche selon lui aucunement la commission de protection des droits (CPD) de travailler, les relevés de TMG étant provisoirement transmis sur des DVD.
Quant à la Cnil, son secrétaire général, Yann Padova, confirme au Point que le contrôle qu'elle a réalisé dans les locaux de TMG est terminé (1). L'analyse des mesures prises par la société pour protéger ses données prendra « trois à quatre semaines ». Dès lors, « nous nous orienterons soit vers une clôture du dossier, soit vers une mise en demeure, c'est-à-dire une procédure de sanction. Pour l'instant, nous ne pouvons pas en dire plus ».
Pour lui, les premiers concernés par d'éventuelles conséquences « sont les sociétés de perception de droits, surtout si elles n'ont pas bien verrouillé contractuellement les mesures de sécurité à prendre par leur prestataire ». Et la Hadopi ? « Elle peut être touchée en termes d'image. » Si ce n'est pas déjà fait…
(1) Selon nos informations, deux de ses agents se sont rendus à Saint-Sébastien-sur-Loire (44), accompagnés d'un représentant de la Hadopi.

mercredi 29 septembre 2010

Les hackers poursuivent leurs attaques contre les ayants droit

Les Anonymous continuent de s'attaquer à différents sites web liés aux ayants droit en mobilisant un nombre conséquent d'internautes. L'"opération" pourrait être liée aux gérants de The Pirate Bay.

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Extrait d'une des nombreuses vidéos postées sur YouTube par les Anonymous dans le cadre du projet Skynet (Capture d'écran)Extrait d'une des nombreuses vidéos postées sur YouTube par les Anonymous dans le cadre du projet Skynet (Capture d'écran)
Le groupe de hackers Anonymouspoursuivait, mercredi 22 septembre, sonattaque massive de déni de service(DDoS) débutée dimanche contre différents sites liées aux ayants droit. En pratique, le groupe de hackers propose en libre téléchargement le logiciel LOIC (pour Low Orbit Ion Canon, référence à Star Wars). Avec ce logiciel, n'importe quel internaute peut lancer une attaque consistant à saturer un site de requêtes jusqu'à son blocage.
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La force de leur "opération payback" (ou "payback is bitch") est que les Anonymous ont réussi à mobiliser un nombre particulièrement conséquent d'internautes permettant d'arriver à leurs fins (le blocage des sites visés). Après s'en être pris aux sites des sociétés de gestion de droits d'auteurs Recording Industry Association of America (RIAA), Music Publishers Association (MPA) et la British Phonographic Industry (BPI), les Anonymous ont visé les cabinets d'avocats britanniques ACS:Law et Davenport Lyons.
Toutes les attaques sont coordonnées via les réseaux 4chan etRockstarchan, mais aussi des zones de discussions libres. Surces canaux sont également évoquées des "cibles" françaises comme le site de la mairie de Paris ou Trident Media Guard (TMG), société chargée de lister pour l'Hadopi les internautes qui téléchargent illégalement. L'idée de "spammer le fax" et de "saturer le standard téléphonique" des cabinets d'avocats est également évoquée.

"Save The Pirate Bay"
Sur les différents canaux de discussions des Anonymous s'observe un discours presque guerrier où reviennent les termes "opération", "cibles", "combat", "à l'attaque", "feu"... Un sentiment de guerre contre les ayants droit semble s'être installé.
"Je ne sais pas combien il faudra de cibles pour que l'on puisse parler de guerre", s'interroge Fabrice Epelboin, responsable du site ReadWriteWeb. "S'agit-il d'une guerre ou d'une bataille ? Les Anonymous ont en tout cas montré qu'ils sont capables en quelques heures de lever une armée pour leur cause", affirme-t-il.
L'"opération payback" serait à l'origine une riposte aux attaques de DDoS qu'ont subi plusieurs sites de téléchargement illégaux de la part de la société AiPlex au profit des ayants droit, explique à Nouvelobs.com une source proche des Anonymous. Dans les messages du groupe de hackers revient très souvent l'expression "save The Pirate Bay" ("sauvez The Pirate Bay"), du nom de l'un des principaux sites de téléchargement illégal. Un compte Twitter a d'ailleurs été créer pour relayer les "cibles".
Sur 4chan, un "tract" évoque un attaque contre The Pirate Bay et affirme qu'"il est temps de contre-attaquer". Toutefois, difficile de savoir quelle crédibilité accorder à ces affirmations.

"Il s'agit surtout de marquer les esprits"
"Je pense que ceux qui gèrent The Pirate Bay --désignés comme des Anonymous-- sont derrière cette opération", ajoute cette source, avant de prévenir que tout est à prendre au second degré. "Les Anonymous sont des geeks politisés mais avec énormément d'humour. Le vocabulaire guerrier est surtout à prendre comme un trip à la 'The Patriot' [film de guerre, NDLR]", rapporte-t-il.
"Ce n'est pas une vraie guerre contre les ayants droit mais plus une opération qui durera le temps de leur faire comprendre qu'ils ne doivent plus lancer d'attaques DDoS contre des trackers [sites de téléchargement illégaux, NDLR]. Au final, il s'agit surtout de marquer les esprits, mais ce ne sont que des petites attaquescomparé à ce qui pourrait se passer avec de vrais botnets [réseau d'ordinateurs infectés par des virus,NDLR]", conclut cette source.
Pour Fabrice Epelboin, au contraire, l'opération est clairement politique : "Quand les Anonymous veulent s'amuser, ils sont les champions. Ici il s'agit vraiment d'une volonté de défense de la neutralité du net".
Les Anonymous développent différents projets politisés comme, par exemple, le projet Skynet qui consiste à faire de leur groupe une force suffisamment puissante sur Internet pour attaquer quiconque s'en prendrait à la neutralité du net.
"Même si les ayants droit veulent utiliser les mêmes armes que les hackers, ils doivent comprendre qu'ils sont la position du gamin qui jette une pierre à un char d'assaut", conclut le rédacteur de ReadWriteWeb.

(Boris Manenti – Nouvelobs.com)

mardi 3 août 2010

Christine Albanel productrice de cinéma : prise illégitime d'intérêts


Guillaume Champeau - publié le Lundi 02 Août 2010 à 11h30 - posté dans TV Numérique
Jusqu'à présent directrice de communication d'Orange, Christine Albanel va prendre la tête de sa filiale de production cinématographique, Studio 37. L'ancienne ministre va ainsi bénéficier des mesures qu'elle a elle-même fait voter.
C'est devenu flagrant avec l'affaire Woerth-Bettencourt, le gouvernement et plus largement la classe politique traverse une grave crise de confiance. S'il n'est pas démontré de corruption active, la collusion entre les pouvoirs économiques et les pouvoirs politiques devient cependant de plus en plus ostensible, et de plus en plus insoutenable à mesure que la crise économique rappelle au devoir d'insoupçonnabilité. De toutes les lois votées sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la loi Hadopi fait partie de celles qui ont le plus visiblement dressé les intérêts des puissances industrielles contre les intérêts publics et les valeurs démocratiques. Or en devenant présidente du Conseil d'administration de Studio 37, la filiale de production cinématographique d'Orange, l'ancienne ministre de la culture Christine Albanel ne fait rien pour rétablir la confiance.
En début d'année, lorsqu'elle avait rejoint l'équipe de Stéphane Richard pour devenir la directrice de communication d'Orange, nous avions d'abord pensé qu'il pouvait s'agir d'un délit de prise illégale d'intérêts. En effet, l'article 432-13 du code pénal interdit à un ancien "fonctionnaire ou agent d'une administration publique" de "prendre ou de recevoir une participation par travail, conseil ou capitaux" dans une entreprise sur laquelle il a pu avoir certaines formes d'influence dans le cadre de ses fonctions publiques.
Au terme de cet article, aucun haut fonctionnaire du ministère de la Culture et de la Communication qui a eu à traiter de dossiers avec Orange n'aurait pu rejoindre l'opérateur avant au moins trois ans. Sauf à risquer deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende. Mais Christine Albanel, elle, est au dessus de cette loi.
En effet, comme nous l'avaient indiqué plusieurs lecteurs, un ancien ministre n'est pas considéré par la jurisprudence du Conseil d'Etat comme étant un ancien "fonctionnaire ou agent". La loi ne concerne pas les membres du gouvernement. Nous sommes donc dans la situation tout à fait particulière d'un supérieur hiérarchique qui n'est pas soumis aux règles d'insoupçonnabilité imposées aux fonctionnaires qu'il avait sous ses ordres.
Ministre, Christine Albanel a fait voter la loi Hadopi qui protège les studios de cinéma, a organisé la nouvelle réglementation sur la chronologie des médias, a défendu la loi sur l'audiovisuel public, était la ministre de tutelle du Centre National de la Cinématographie (CNC) qui accorde les aides à la production... Mais elle prend sans complexe la tête du Conseil d'administration de Studio 37, qui a produit notamment Fatal,GainsbourgWelcomeColuche,...
Ca n'est pas illégal. C'est juste illégitime.

Christine Albanel prend la tête de la filiale cinéma d’Orange


Presse

Christine Albanel prend la tête de la filiale cinéma d’Orange

ANÉFÉ, ACTION !
Christine Albanel, ex-ministre de la Culture désormais chargée de la communication au sein d’Orange, va prendre parallèlement la responsabilité et la présidence du conseil d’administration de la filiale cinématographique du groupe, Studio 37.
Bien que Stéphane Richard, le président du groupe, ait annoncé sa volonté de réduire sa participation dans les contenus audiovisuels, cela n’empêchera pas Studio 37 de continuer à tourner. Cette filiale de production cinématographique se cache derrière un assez vaste catalogue de films donc, récemment, FatalGainsbourg (vie héroïqueCyprienLes beaux gosses...
Christine Albanel va donc en prendre la présidence ainsi que la responsabilité, dès le 1er octobre, en remplacement de Xavier Couture. Frédérique Dumas, actuelle directrice générale, en conservera cependant la direction opérationnelle.
Si l’annonce n’a pas fait grand bruit, elle marque l’ascension croissante de l’ancienne ministre chez France Telecom. Sur un autre registre, des observateurs tels que Numerama dénoncent une prise illégitime d’intérêts, indiquant que « l’ancienne ministre va ainsi bénéficier des mesures qu’elle a elle-même fait voter ». Ou comment mettre en place des mesures privilégiant l’industrie cinématographique avant d’y faire son entrée...
Source : la Correspondance de la Publicité

vendredi 23 avril 2010

Hadopi : Seedfuck va inonder les réseaux P2P de fausses adresses IP


Sécurité - Cet outil open source disponible depuis plusieurs jours permet d'injecter de fausses adresses IP sur des trackers Torrent afin de leurrer les sociétés en charge de la surveillance des réseaux P2P.
On le sait, le principal moyen pour les éditeurs de contenus d'identifier et de sanctionner les amateurs de téléchargements illégaux est d'obtenir leurs adresses IP.
Pourtant, les spécialistes ont plusieurs fois souligné que ce moyen n'était pas fiable, les outils de contournement étant nombreux, le risque de fausse accusation est donc important.
La preuve par trois avec Seedfuck, un outil open source disponible en ligne qui risque de briser le joli plan de marche de la haute autorité chargée de repérer les adeptes du peer-to-peer.
Leurre 
Cet outil permet en effet d'injecter un grand nombre de fausses adresses IP sur des trackers Torrent afin de leurrer les sociétés en charge de la surveillance des réseaux d'échange. En inondant ainsi ces plates-formes, Seedfuck risque de générer un trafic factice qui rendra la tâche d'Hadopibien plus compliquée.
La tactique est bien connue : Seedfuck multiplie les leurres (torrent poising) pour détourner le regard des entreprises chargées de la surveillance des réseaux qui, aiguisées par le faux trafic généré par ces adresses, risquent de perdre beaucoup de temps à démêler le vrai du faux.
Rappelons que c'est la société française Trident Media Guard (TMG), éditeur depuis 2002 des applications de détection et de filtrage des téléchargements illégaux qui a été choisie par les professionnels de la musique et du cinéma pour cette mission. TMG devra surveiller les échanges en P2P d'une sélection de près de 10.000 oeuvres identifiées.
Ceux qui voudraient utiliser Seedfuck doivent néanmoins faire attention. Une loi devrait en effet sanctionner le délit d'usurpation d'identité numérique.

vendredi 2 avril 2010

La loi suédoise IPRED est un succès : le piratage augmente, les ventes aussi



source : Numerama

Il y a tout juste un an, la loi IPRED entrait en vigueur en Suède, pour faciliter la lutte contre le piratage sur Internet. Inappliquée, elle a pourtant eu un effet miraculeux : le piratage a augmenté, tout comme les ventes de films et de musique.


A l'occasion du premier anniversaire de la loi suédoise, nos confrères de TorrentFreak ont publié un article d'une délicieuse ironie sur les effets prétendus de la loi IPRED, pour laquelle on entend tout et son contraire depuis sa promulgation. Rappelons que la loi du 1er avril 2009, faussement décrite comme une Hadopi française, ouvre simplement la possibilité pour les ayants droit de collecter des adresses IP sur les réseaux P2P. Ce qui était déjà possible en France depuis longtemps.
L'effet s'était immédiatement fait ressentir, avec une chute d'environ un tiers du traffic global d'Internet en Suède dès le lendemain de son entrée en vigueur. Mais il avait aussi très vite repris son cours normal. Le principal effet de l'adoption de la loi a en fait été le succès du Parti Pirate aux élections législatives européennes. Les internautes n'ont rapidement plus eu peur de la loi, dont ils contestent la légitimité sociale, et ont adopté massivement des techniques alternatives de téléchargement, notamment en payant des abonnements à des VPN qui les mettent à l'abri des chasseurs d'adresses IP.
Depuis un, la loi n'a jamais servi. La seule affaire jugée a été perdue par ceux qui ont invoqué l'IPRED. Ils avaient négligé le fait que collecter les adresses IP était une chose, mais que la justice n'accepterait d'ordonner que le nom de l'abonné correspondant leur soit révélé qu'à la condition que les preuves du piratage fussent suffisantes. Ce qui n'a pas été le cas.
Dans son article, TorrentFreak dit que la loi IPRED a pourtant été "la meilleure loi anti-piratage jamais adoptée". Elle "a réussi l'impossible", puisqu'elle a à la fois "augmenté et diminué le partage de fichiers". L'auteur cite plusieurs études de différentes sources qui concluent tantôt que le partage de fichiers a sensiblement augmenté, tantôt que la consommation légale de musique ou de vidéos a elle-aussi sensiblement augmenté.
L'IFPI elle-même s'est félicitée d'une augmentation de 10 % des ventes de musique en Suède en 2009, et l'on a souvent entendu le gouvernement français et les lobbys musicaux se féliciter des effets de la loi suédoise pour promouvoir l'Hadopi.
L'IPRED est donc un exemple de réussite législative, puisqu'elle satisfait à la fois les pirates qui la jugent inefficace et les industriels qui se sont convaincus de son efficacité. Que demande le peuple ?

mardi 9 mars 2010

Depuis Hadopi, le nombre de pirates en France a augmenté

Source : le figaro : http://www.lefigaro.fr/web/2010/03/09/01022-20100309ARTFIG00473-depuis-hadopi-le-nombre-de-pirates-en-france-a-augmente-.php

Constance Jamet


09/03/2010 | Mise à jour : 14:01
Réactions (15)
Jean-Christophe Marmara / Le Figaro
Jean-Christophe Marmara / Le Figaro

Selon une étude, les adeptes du piratage adoptent des pratiques qui contournent les dispositions de la loi Création et Internet.

Inefficace et même contre-productive. La première enquête sur l'influenced'Hadopi sur le comportement des internautes devrait doucher les espoirs de l'industrie musicale et audiovisuelle. Une note de l'université de Rennes montre que depuis l'adoption de la loi en septembre dernier, le nombre de pirates a augmenté de 3% et que ceux-ci adoptent de plus en plus des pratiques qui contournent les dispositions d'Hadopi.
Seuls 15% des familiers du peer-to-peer avant la loi Hadopi ont cessé de télécharger illégalement via ces réseaux depuis l'automne. En outre, l'enquête, qui porte sur 2.000 internautes bretons, révèle que seulement un tiers de ces déserteurs a totalement renoncé au téléchargement illégal. Les deux tiers restants se sont reportés vers des pratiques alternatives de piratage échappant à la loi Hadopi.
La loi Création et Internet, dont la date d'entrée en vigueur n'a pas encore été annoncée, cible en effet uniquement le téléchargement sur les réseaux peer-to-peer d'échange de fichiers. En revanche, Hadopi ignore les autres moyens de téléchargement illégal que sont le streaming (qui permet de regarder une vidéo ou d'écouter un morceau de musique sans le télécharger) et le téléchargement direct (à partir d'un serveur ou d'un espace destockage comme cela se fait sur Rapidshare ou Megaupload).
Ce changement de comportement des internautes, additionné à la venue de nouveaux pirates depuis septembre 2009, a conduit à une hausse de 27% du nombre d'internautes utilisant les méthodes alternatives au peer-to-peer, très populaires chez les aficionados de films et de séries télévisées américaines.

Hadopi, une menace pour le téléchargement légal ?


L'étude révèle également que sur l'ensemble des internautes consommateurs de musique, seuls 14% échangent des fichiers vidéo/audio via les réseaux Peer-to-Peer et tombent ainsi sous le coup d'Hadopi. C'est moins que les 16% de pirates qui ont recours aux méthodes non couvertes par la loi Création et Internet. Selon les calculs des Echos, cela veut dire que «plus de 3 millions de pirates passeraient donc au travers des mailles d'Hadopi» . «La loi ne ciblerait que 2,7 millions de Français», affirme le quotidien.
L'enquête a également fait apparaître un effet secondaire inattendu de la loi. De nombreux adeptes du téléchargement illégal ont déclaré acheter, parallèlement, des contenus numériques. Couper la connexion internet des utilisateurs de peer-to-peer pourrait réduire la taille du marché des contenus culturels numériques de 27%. Etendre la loi à toutes les formes de piratage numérique exclurait du marché la moitié des acheteurs. Loin d'avoir profité aux plateformes légales de téléchargement, Hadopi pourrait donc les fragiliser.