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mercredi 14 septembre 2011

Sarkozy à Mustafa Abdul Jalil : "L'Algérie dans un an, l'Iran dans trois"

Par  |  | 
Dans un article publié sur plusieurs sites internationaux en arabe-anglais et français intitulé "Sarkozy à Mustafa Abdul Jalil: l'Algérie dans un an, l'Iran dans trois", le journaliste libanais Nidal Hamadé, journaliste, correspondant en Europe d'Al-Intikad évoque les rôles respectifs des deux principaux alliés-acteurs des USA dans les événements au PO, à savoir la France et le Qatar !
Selon des sources françaises, citées par Nidal Hamadé sur une conversation qui a eu lieu entre le président français Nicolas Sarkozy et le président du Conseil de transition de la Libye, Mustafa Abdul Jalil, et ce, à l'occasion de la visite de ce dernier en France, Sarkozy a affirmé à son hôte, qui se plaignait de l’Algérie : "Patientez et vous verrez ce qui va se passer en Algérie dans un an et l'Iran dans trois ans".
Des propos qui signifieraient bien que ce qui se passe au Proche-Orient actuellement, surtout après la révolte des jeunes de l’Egypte, c'est-à-dite la chute du régime de Moubarak, est soumis à un agenda étranger à travers lesquelles les puissances occidentales "colonisatrices" veulent redessiner un Proche-Orient à leur taille ! En effet, selon Nidal Hamadé, le timing des menaces françaises contre l’Iran et celui de la campagne virulente du Qatar contre la Syrie ne sont pas innocents !
Au contraire, non seulement, ils révèlent "l’alliance secrète qui lie la France et le Qatar, dans le monde arabe sous le parrainage des Etats-Unis", mais en plus ils interviennent après "l'échec de la visite de l'Emir du Qatar (Hamad Bin Khalifa Al-Thani) à Téhéran, et dont le rôle de simple courtier pour le compte de Washington était de faire parvenir à Téhéran une demande américaine de couvrir le l’occupation américaine en Irak en acceptant sa prolongation pendant encore deux an", en échange les USA promettent d'ouvir des négociations sur tous les dossiers chauds de la région, y compris "le dossier nucléaire", souligne Nidal Hamadé.
Or selon ce dernier, "la réponse de l'Iran à l'émir du Qatar est la même que celle donnée aux Saoudiens à savoir que l'Iran ne couvrira pas la présence des forces américaines sur le territoire irakien , au contraire elle va défendre la position de ses alliés irakiens, en particulier le Premier ministre Nouri al-Maliki, qui exigent un retrait des forces américaines selon le délai fixé par la Convention américano-irakienne c’est-à-dire l’année prochaine".
Et donc, poursuit Nidal Hamadé : "Ce rejet de l'Iran a poussé la France et le Qatar, alliés immédiats des Etats-Unis dans les crises du monde arabe, à commencer par la guerre déclenchée contre la Libye et les provocations contre la Syrie, à se départager les tâches : d’un côté l’émir du Qatar a lancé une virulente campagne contre la Syrie immédiatement après sa rencontre avec les responsables iraniens en concordance avec une campagne sans précédent menée par Al-Jazira qui a diffusé de fausses informations sur de prétendues manifestations monstres à Damas ! Informations démenties par la télévision syrienne qui pendant cinq heures a retransmis en direct des images des places de la capitale syrienne au même moment où al-Jazira et une autre chaîne satellitaire diffusaient leurs informations erronées !"
Mais le Qatar ne s’est pas arrêté là..
"Sa campagne contre la Syrie s’est poursuivie au sein de la réunion de la Ligue arabe tenue au niveau des ministres des Affaires étrangères pour discuter le dossier syrien, et où le ministre des Affaires étrangères du Qatar (Hamad Bin Jassim)a exprimé des positions trop rigides contre la Syrie", selon Nidal Hamadé.
Pour ce qui est de la France, "le président Sarkozy s'est attaqué à l’Iran, au point de menacer la République islamique d’Iran de frappes contre ses sites nucléaires pacifiques", ajoute le journaliste ! A la lumière de ce qui a été dit, "il semble que la campagne ciblant seule Syrie risque fort de s'élargir pour inclure l'Iran et .. l’Algérie : la première à cause de son programme nucléaire et sa position sur la présence américaine en Irak sans oublier son soutien aux mouvements de résistance dans les mondes arabe et islamique ; et la deuxième pour sa position envers la Libye en y provoquant de l'instabilité pour renverser l’actuel régime et assurer le retour de la France dans un pays riche en pétrole, en gaz et en uranium", souligne Nidal Hamadé !
"Sachant qu’il n’est pas possible à quiconque de lancer une guerre préventive contre l’Iran ou la Syrie, ce qui laisse l’Algérie exposée à toutes les éventualités", conclut le journaliste !
A.M.

mardi 16 août 2011

Un fichier de reconnaissance faciale bientôt créé

Par Jean-Marc Leclerc
Publié  Réactions (128)
Il permettra, grâce à l'utilisation des images de vidéosurveillance, d'identifier les suspects grâce à leur visage. Ce fichier policier s'ajoutera à ceux des empreintes digitales et génétiques. 
L'ordinateur procédera par comparaison de points caractéristiques du visage et proposera une liste de possibles suspects classés selon un ordre de pertinence.
L'ordinateur procédera par comparaison de points caractéristiques du visage et proposera une liste de possibles suspects classés selon un ordre de pertinence.Crédits photo : Gerry Broome/AP
Imaginez une scène à la Minority Report, ce film américain d'anticipation avec Tom Cruise. Les caméras de police seraient capables d'identifier un suspect au passage d'un portique, des ordinateurs comparant, en un éclair, l'image de son visage saisie sur le vif avec celles contenues dans le grand fichier des personnes photographiées lors de leurs gardes à vue, par exemple. Et les yeux électroniques ne le lâcheraient plus, jusqu'à son interpellation.
Vous croyez ce monde réservé aux scénaristes de Hollywood? Au ministère de l'Intérieur, il est déjà en préparation. Et ce sont les autorités elles-mêmes qui le disent. «Il faut améliorer la police technique et scientifique et l'on se dirige vers la création d'un troisième fichier de reconnaissance faciale, qui pourrait servir à l'exploitation des données de vidéosurveillance», a déclaré, le 22 juin dernier, le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, lors d'une audition à huis clos devant la commission des finances de l'Assemblée nationale.

Validation par l'enquêteur 

Les deux autres fichiers auxquels il fait implicitement référence sont le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) et le fichier national d'analyse des empreintes génétiques (FNAEG). Deux bases de données qui firent débat, en leur temps, avant d'entrer dans les mœurs judiciaires, tant leur apport s'est révélé décisif pour élucider les crimes et délits. Ce «troisième fichier» donc, sorte de «fichier photographique national», devrait émerger dans quelques mois. Il serait conçu comme une application complémentaire, intégrée au futur système de traitement des procédures judiciaires (TPJ), autrefois baptisé «Ariane», qui doit voir le jour en 2012, en fusionnant les fichiers judiciaires antécédents les plus utilisés par la police et la gendarmerie, Stic et Judex. Derrière ces acronymes se joue l'efficacité des enquêtes, c'est-à-dire la capacité des forces de l'ordre à mettre un nom sur un fait. Quitte à identifier l'auteur désormais par sa photo.

Cliquez sur l'aperçu pour agrandir l'infographie.
Contactée par Le Figaro, la DGPN apporte toutefois cette précision sémantique: «On ne parlera sans doute pas de reconnaissance faciale, mais plutôt de comparaison physionomique.» Pourquoi ? Parce ce que l'ordinateur ne livrera pas sur un plateau un suspect et un seul. Comme pour l'exploitation des empreintes digitales, il procédera par comparaison de points caractéristiques du visage (distance entre le nez, les yeux, les oreilles…), proposant in fine une liste de possibles suspects classés selon un ordre de pertinence.

Photographier autrement

Tel individu déjà photographié en garde à vue aura tel pourcentage de points communs avec la personne faisant l'objet d'un contrôle. Le sujet suivant dans la liste aura un rang inférieur en raison de son taux de similitude moins élevé. «Mais c'est l'enquêteur qui toujours validera», assure un haut gradé de la gendarmerie, elle aussi intéressée par cette technologie.
Demain, pour enrichir leur superfichier photographique, la police et la gendarmerie vont sans doute changer leur façon de photographier les gardés à vue. Pour faciliter les comparaisons avec les images prises d'en haut par les caméras de surveillance, on demandera au suspect auditionné de se laisser photographier par un appareil placé en hauteur et non plus seulement de face et de profil.
La séance photo pourra même se faire en mouvement, pour une reconstitution du visage en 3D, qui limite les risques d'erreur. Faut-il avoir peur de la reconnaissance faciale? Elle est déjà entrée dans la vie des internautes. Une telle fonction est désormais intégrée à Facebook pour identifier ses «amis».
Par ailleurs, une partie de la police américaine devrait être équipée d'une application iPhone permettant d'identifier un suspect par comparaison photo instantanée, au gré de ses patrouilles. La police tricolore n'en demande pas tant. Mais elle aimerait, au moins, comme le dit un commissaire, «avoir accès aux mêmes technologies que le simple citoyen».





Une technologie strictement encadrée 

Avant même de songer à faire de la reconnaissance faciale en temps réel, les autorités peuvent déjà exploiter les milliers d'heures de vidéos annexées à leurs dossiers non élucidés. Toutes ces images où l'on voit parfois distinctement des voyous frapper, voler, violer. Elles seront d'autant plus fréquentes que les caméras vont se multiplier en ville: l'installation d'un millier d'entre elles est ainsi prévue sur la voie publique à Paris d'ici à 2012 ainsi qu'à Marseille.
Ces voyous anonymes ont peut-être déjà été identifiés lors d'une garde à vue antérieure. Leur photo peut alors figurer dans le fichier Canonge, qui contient les traditionnels clichés de face et de profil que l'on présente aux victimes pour les aider à reconnaître leur agresseur. Jusqu'alors, pour s'en assurer, il fallait réaliser une requête manuelle, selon des critères subjectifs (taille apparente, type morpho-ethnique, couleur de peau, de cheveux, etc.), en puisant dans le fichier Canonge. Or, celui-ci se composant d'une multitude d'albums photos numériques mis à jour au niveau local et non reliés entre eux au plan national, l'opération revient parfois à chercher une aiguille dans une meule de foin. Mais en brassant tous ces éléments photographiques avec de puissants ordinateurs, la recherche passerait du stade artisanal à la puissance de calcul industrielle. Et selon des critères plus scientifiques. Le secret de cette méthode est en effet mathématique. Le visage est cartographié, puis transformé en algorithme. Ce qui lui donne, en quelque sorte, une signature, que l'on peut donc comparer à celles des autres visages contenus dans le grand fichier photographique de la police.

Trois sociétés en concurrence 

Bien sûr, les résultats obtenus peuvent être altérés par une mauvaise prise de vue, une ombre, un défaut de lumière. La personne peut aussi avoir grossi, s'être grimée ou avoir un jumeau… Mais les autorités assurent que des logiciels performants corrigent désormais ces défauts.
Ils recomposent le visage en partie caché, par un chapeau, par exemple, et se concentrent sur les points distinctifs exploitables. Trois sociétés notamment ont proposé des solutions au ministère de l'Intérieur: Morpho, spécialiste des traitements d'images de masse ; Cognitec, passée maître dans les outils visant à détecter les fraudes documentaires ; et la petite entreprise Facing it, dont les logiciels se font fort de reconnaître un intrus «blacklisté» qui se présenterait à un accès ou dans un couloir. La Place Beauvau n'a pas encore arrêté ses choix. Et elle devra se plier aux recommandations de la Cnil, qu'elle vient de saisir du dossier.
En tout état de cause, la méthode devra être strictement encadrée, sans jamais déresponsabiliser l'enquêteur. «Pour la reconnaissance en temps réel d'images vidéo, les marges d'erreur sont encore importantes», avoue un policier.
Détecter un Ben Laden dans une foule n'est pas chose aisée. Mais dans un aéroport, canalisé dans un sas, le public observé échappera plus difficilement au regard inquisiteur des caméras de vidéosurveillance.

jeudi 11 août 2011

Il faut laisser les Etats et les banques faire faillite

Le gourou de la finance zurichoise Marc Faber estime qu'une faillite des banques et des Etats ne signifierait pas la fin du monde mais permettrait au contraire de repartir sur de bonnes bases.

"

11.08.2011 | Propos recueillis par Daniel Eskenazi | Le Temps

"Lundi noir en Bourse", titre El Economista. Après la journée mondiale de débâcle sur les places financières, le quotidien économique espagnol revient sur la catastrophe. La chute de Wall Street entraîne avec elle les marchés européens, Obama ne parvient pas à calmer les investisseurs, la Banque centrale européenne (BCE) réduit la prime de risque de 80 points 
et l’Ibex 35, le principal indice boursier de la Bourse de Madrid, a perdu plus de 6 % en cinq jours. "Personne ne peut prévoir si le jour de l’Apocalypse sera semblable à ce lundi. Toutefois, on peut être certain qu’ils auront beaucoup en commun", se désespère le journal, avant de conclure : "La dégradation du triple A habituellement attribué aux Etats-Unis par l’agence de notation Standard & Poor’s est perçue comme un drame, au beau milieu d’une tourmente financière, dont le vent dévastateur parcourt la planète d’un bout à l’autre."
ARGENTINE
El Economista
Docteur Catastrophe
Marc Faber est un analyste et entrepreneur suisse connu pour ses prédictions catastrophistes – il est surnommé Dr. Doom. Il tient un blog et publie une lettre financière mensuelle : "Gloom, Boom & Doom".
Le Temps : Les marchés ont dégringolé. Comment analysez-vous la situation ?
Marc Faber : Ils sont très survendus à court terme. Je m'attends à un rebond, puis à nouveau un ralentissement dès octobre ou novembre. Le S&P atteindra environ 1 100 points. Le troisième volet du programme d'assouplissement monétaire devrait ensuite être lancé [dit "QE3"].
Le dollar ne cesse de dégringoler. Anticipez-vous sa fin ?
Oui, j'ai toujours pensé que la valeur terminale du dollar était zéro, car le gouvernement, le Trésor et la Réserve fédérale n'ont aucun intérêt à maintenir un dollar fort. Depuis 1913, année de création de la Fed, le billet vert a perdu 97 % de son pouvoir d'achat. Sur le long terme, il a été faible par rapport à la grande majorité des autres devises, tout comme la livre sterling. La fin du dollar ne se produira pas du jour au lendemain, elle sera graduelle.
Croyez-vous aussi à la fin de l'euro ?
Je n'en ai aucune idée, car il s'agit d'une décision politique. Aussi longtemps que l'Allemagne a la volonté de soutenir la Banque centrale européenne et de financer le fonds de stabilité, l'euro survivra.
Aux côtés de la Grèce figurent le Portugal, l'Irlande, l'Espagne et l'Italie. Devrait-on aussi laisser ces pays faire faillite comme vous le préconisiez avec la Grèce ?
Oui, même si cette solution est douloureuse. Cela ne me gêne pas que des assurances, des gouvernements et des banques ayant acheté des obligations de la Grèce perdent de l'argent. Si certains pays font faillite, ils entraîneront les banques avec eux. Mais laissons ces établissements faire défaut tout en protégeant les épargnants. Ce choix est nettement meilleur que de sauver les banques avec l'argent du contribuable et de se rendre compte deux années plus tard que les banquiers reçoivent des bonus record. Il faut punir les banquiers ! Le secteur financier est devenu bien trop gros par rapport à l'économie réelle. A mon avis, le secteur financier doit s'occuper de garder l'épargne des gens et de la prêter à d'autres. Les banques ne devraient pas s'occuper de trading. Est-ce que le sauvetage des banques aux Etats-Unis a apporté quelque chose à l'économie ? Non.
Les nouvelles règles de Bâle III [qui préconisent de tripler la part des fonds propres bloqués par les établissements bancaires des pays du G20 d'ici à 2013] suffiront-elles à stabiliser le système bancaire international ?
Ces nouvelles règles sont bonnes, mais le timing est mauvais. Il aurait fallu les introduire il y a dix-quinze ans et les assouplir maintenant. Or les gouvernements n'ont rien fait durant ces dernières années, et maintenant que les banques devraient être encouragées à prêter de l'argent, ces réglementations les en empêchent. Au lieu d'être proactifs, les Etats sont réactifs. En fait, le problème n'est pas tant le manque de réglementations que les politiques monétaires beaucoup trop laxistes qui encouragent la spéculation. Il serait mieux d'avoir des politiques plus restrictives avec des taux d'intérêt plus élevés que des gouvernements qui ne cessent d'augmenter leurs dépenses et de baisser les taux.
Beaucoup d'analystes s'inquiètent encore d'un éclatement de la bulle immobilière en Chine. Vous n'y croyiez pas l'an dernier. Est-ce toujours le cas ?
Les gens ne réalisent pas que la Chine a une population presque équivalente à celles des Etats-Unis et de l'Europe combinées. Il peut donc y avoir une bulle immobilière dans une ville, voire dans une province, tandis que dans celle d'à côté la situation est normale. Une bulle se définit par des taux d'intérêt bas, des liquidités excessives qui sont investies dans l'un ou l'autre secteur. Selon cette définition, il existe une bulle en Chine, mais son ampleur n'est pas facile à estimer. Car, contrairement à ce que l'on observe dans les économies occidentales, les Chinois n'empruntent pas beaucoup d'argent quand ils achètent des appartements. Ils paient l'essentiel en cash. Pour mémoire, lorsque la bulle immobilière a éclaté à Hong Kong et que les prix ont chuté de 70 %, personne n'a fait faillite. L'endettement des gens était très faible, tout comme celui des agences immobilières.
Investissez-vous en Chine ?
Non, cela ne m'intéresse pas, même si je reste optimiste sur la Chine. J'estime que la moitié des entreprises cotées sont frauduleuses. Je préfère être exposé à la Chine via Hong Kong, où des entreprises paient des dividendes de 5 à 6 %. Le risque de perdre de l'argent est faible. De plus, en cas de problèmes, le dollar de Hong Kong peut toujours être réévalué par rapport au dollar [américain].
Certains tablent sur la fin du monde et l'éclatement du système financier international. Ne va-t-on pas plutôt vivre une décennie morose comme dans les années 1970 ?
Peut-être. Nous aurons une croissance très faible dans les économies matures, avec une perte de confiance des investisseurs, des crises à répétition. Les gens ne trouvent plus d'intérêt à investir dans des actions. Ils ont vu les excès du système bancaire, des managers et ont perdu beaucoup d'argent. Un jour ou l'autre, je suis persuadé que nous devrons reconstruire notre système sur de nouvelles bases.

mercredi 10 août 2011

USA / Chef du GOA: « Le super Congrès va nous conduire à la dictature »



http://infoguerilla.fr/

Chef du GOA: « Le super Congrès va nous conduire à la dictature »
Le nouveau comité est un « coup d’Etat » par la classe dirigeante
Paul Joseph Watson
Prison Planet.com
mercredi 3 août 2011
Le directeur de Gun Owners of America Larry Pratt prévient que le nouveau « super Congrès » créé par l’accord sur la dette conduira l’Amérique à la dictature, qualifiant cet acte de « coup d’Etat » par la classe politique visant à transformer la structure entière du gouvernement aux États-Unis.
En comparant le super comité au conseil de Platon, Pratt a souligné qu’il faudrait seulement 34 votes au Sénat pour soutenir un projet de loi présenté par le groupe, notant qu’il a été mis en place spécifiquement pour empêcher les législateurs de se mettre en travers de son programme en nécessitant une super majorité pour renverser quoi que ce soit mis en place par le comité.
« Le premier acte du prochain Congrès, espérons-le, va être d’abroger cette pièce horrible de la législation, dit Pratt dans l’émission d’Alex Jones, ajoutant que le comité pourrait être utilisé pour cibler les propriétaires d’armes, les propriétaires fonciers, les contribuables, et les entreprises.
« Ceci est un changeur de jeu, ils ont décidé que nous n’avons pas besoin de la Chambre des Représentants pour les projets de loi sur les recettes, nous aurons juste les « Supers 12″ pour faire ça », a déclaré Pratt, ajoutant que « Barack Obama serait devenu de facto le 13e membre décideur.
La législation décidée par le super Congrès serait à l’abri des amendements et les législateurs ne seraient en mesure que d’enregistrer un vote pour ou contre, éliminant ainsi la possibilité de faire obstruction.
Pratt a prévenu que John Boehner et Mitch McConnell nommeraient des « mauviettes » au comité, un point souligné par des rapports qui indiquent que les législateurs qui ont voté contre la hausse des dettes seront interdit de sélection pour le super Congrès. Il y a deux semaines McConnell lui même a fait valoir que le pouvoir de la bourse, constitutionnellement attribué au Congrès, devrait être remis en gros à Barack Obama.
« Ils vont mettre des « gens raisonnables » – et ces gens raisonnables seront ceux qui continuent à nous conduire à la dictature« , a déclaré le directeur de Gun Owners, ajoutant que le mouvement représentait un coup d’Etat par la classe politique dirigeante, qui sont maintenant occupés à caractériser ceux qui s’opposent à leur agenda comme des « terroristes ».
Pratt a noté combien le projet de loi sur la dette a été adopté sur le dos de menaces similaires faites avant le vote de 2008 du renflouement qui mettaient en garde contre une apocalypse économique si un accord n’était pas atteint.
« Ils nous avaient tous coupé le souffle en disant que le pays, si nous ne faisions rien aujourd’hui, allait faire défaut. C’était un mensonge, et ils ont continué à l’utiliser même après que les membres du Congrès aient expliqué à plusieurs reprises, que non nous ne ferions pas défaut… . Ils ont semé la panique chez beaucoup de membres du Congrès à ce sujet« , a déclaré Pratt, ajoutant que les législateurs avaient au sens figuré un pistolet sur leur tête.
Le républicain David Vitter partage la préoccupation de Pratt sur ​​les intentions du dénommé super Congrès. Il a introduit un projet de loi qui va « exiger la divulgation en temps réel des contributions de campagne aux membres » du comité. Le projet de loi exige que les membres du super Congrès rapportent les contributions de campagne de plus de 1000 $ de dollars dans les 48 heures.
La loi vise à découvrir « quels sont les intérêts particuliers qui tentent d’influencer le comité« , selon Vitter.
« Nous parlons de billions de coupures, et il y a déjà des menaces d’augmenter les taxes sur de nombreux créateurs d’emplois. Nous avons besoin de voir la pleine transparence et responsabilité parce que ces membres du comité prendront des décisions énormes avec beaucoup en jeu« , a t-il ajouté.
L’ensemble du théâtre partisan derrière le débat sur ​​la dette semble avoir été largement « fabriqué », ainsi que le président Obama l’a lui-même étiqueté, comme un écran de fumée derrière lequel mettre en œuvre l’inconstitutionnel super Congrès. Les dénommées « coupures » inscrites dans l’accord de dette ne sont même pas des coupures.
Les points de discussion autour de la notion que la « Tea Party a gagné la bataille de la dette » constituent un abus de langage complet. Tout ce que le projet de loi fait c’est de mettre un plafonnement des dépenses sur des dépenses déjà prévues vers la fin d’une période de dix ans. Les « réductions de dépenses » sont quasiment inexistantes, et pourtant un autre paralysant $ 9,5 trillions sera ajouté à la dette au cours de la prochaine décennie.
Regardez l’interview avec Larry Pratt ci-dessous:

lundi 8 août 2011

Vers un fichage des allocataires sociaux

Par Rémi Duchemin et A.W.
Publié le 7 août 2011 à 11h19Mis à jour le 8 août 2011 à 08h07
Thierry Mariani veut lutter contre les "profiteurs du bas".
Thierry Mariani veut lutter contre les "profiteurs du bas". © MaxPPP
Xavier Bertrand veut créer ce fichier, proposé par Thierry Mariani, "avant la fin de l'année".
Xavier Bertrand a donné sa bénédiction dimanche à la proposition de Thierry Mariani. Ce dernier proposait, dans le Journal du Dimanche daté du 7 août, de créer un fichier pour lutter contre la fraude aux prestations sociales.
"Contre la fraude, je soutiens la création d’un fichier généralisé des allocataires qui recense toutes les prestations sociales perçues", déclarait le ministre des Transports. "Cela permettra de constater les abus. Une même personne peut toucher indûment le RSA dans plusieurs départements, car aucun d’entre eux ne croise les dossiers."

"Un fichier unique avant la fin de l'année"

Le ministre du Travail et de la Santé n'a pas seulement donné son aval, il est allé jusqu'à annoncer une échéance : Xavier Bertrand a ainsi annoncé la mise en place d'"un fichier unique des allocataires sociaux avant la fin de l'année"; Selon lui, il s'agit là de "la meilleure façon de renforcer la lutte contre des fraudes sociales". "On saura exactement qui touche quoi. On pourra éviter les doublons et on s'apercevra des incohérences de versement" des prestations (indemnités d'arrêts maladie, allocations familiales, RSA...), a-t-il ajouté.
Selon le ministre du Travail, la lutte contre la fraude sur les prélèvements (cotisations patronales et salariales non versées en raison du travail au noir) a permis de récupérer en 2010, au profit de l'Urssaf, "un peu plus d'un milliard d'euros, soit 10% de plus que l'année précédente".

Lutter contre les profiteurs "du bas"

Thierry Mariani, l’un des leaders de la Droite populaire, l’aile dure de l’UMP, entend par cette proposition lutter contre les profiteurs "du bas" de l’échelle sociale. Et pour lutter contre les profiteurs "du haut", Thierry Mariani se dit d’accord avec Xavier Bertrand, ministre du Travail, pour taxer les très hauts revenus financiers. "Je fais la différence avec les entrepreneurs, qui, eux, font progresser le pays. Contre ces situations abusives, en bas et en haut, notre position est équilibrée", estime le ministre du Transports.

"Un mauvais coup aux Français les plus modestes"

Dimanche la perspective de création d'un tel fichier avait encore peu fait réagir. Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG) et candidat à la primaire socialiste pour 2012, a tout de même déclaré : "la Droite 'populaire', jamais à court d'idées quand il s'agit de porter des mauvais coups aux Français les plus modestes, profite du calme de l'été pour entonner son refrain préféré: 'les pauvres sont des profiteurs'", affirme Jean-Michel Baylet Baylet dans un communiqué..
En mai dernier, Laurent Wauquiez avait déclenché un tollé en dénonçantl’assistanat comme un "cancer de la société" , et en proposant de faire travailler bénévolement les bénéficiaires du RSA.

mercredi 20 juillet 2011

La mort d'internet se confirme un peu plus à Bruxelles

Les grands patrons des télécoms réunis par Bruxelles pour plancher sur les modes de financement du très haut débit à court terme dans l'Union Européenne ont accouché, sans surprise, d'une série de propositions qui enterrent la neutralité du net au profit d'un accès à plusieurs internets, plus ou moins riches selon l'abonnement payé. Des propositions qui enfoncent la porte déjà ouverte par la Commission Européenne.
Souvenez-vous. C'était en mars dernier. Sans grand bruit, la Commission Européenne réunissait à Bruxelles près d'une quarantaine de grands patrons des télécoms : Steve Jobs (Apple), Xavier Niel (Free), Stéphane Richard (Orange), Jean-Phillipe Courtois (Microsoft), Jean-Bernard Lévy (Vivendi), Stephen Elop (Nokia),..
La réunion avait pour but de demander aux industriels comment, selon eux, "assurer au mieux les investissements de très haut niveau du secteur privé nécessaires pour le déploiement des réseaux haut-débit de prochaine génération pour maintenir la croissance d'internet". La Commission souhaite en effet rendre possible l'objectif fixé par l'Agenda Numérique de l'Europe, qui prévoit que tous les Européens aient accès à Internet à 30 Mbps minimum d'ici 2020, et au moins la moitié d'entre eux à 100 Mbps.
Pour élaborer les propositions, un groupe de pilotage composé avait été désigné, composé par Jean-Bernard Lévy de Vivendi, Ben Verwaayen d'Alcatel-Lucent, et René Obermann de Deutsche Telekom. "Preuve qu'il y a dès la composition du groupe la volonté de trouver un équilibre entre le financement des réseaux et le financement des contenus, ce qui n'est jamais très bon signe pour la neutralité du net", pressentions-nous alors.
Le résultat est encore pire que nos craintes de l'époque, et confirme la tendance exprimée par la Commission Européenne le mois dernier, lorsqu'elle a dit vouloir privilégier le libre marché à la défense de la neutralité du net.
11 propositions pour enterrer la neutralité des réseaux
Lors d'une seconde réunion le 13 juillet dernier, les trois compères ont en effet remis une série de 11 propositions, insoutenables pour les partisans de la neutralité du net. Prenant l'objectif européen comme une aubaine pour prétendre que le déploiement du très haut-débit à court terme ne peut se faire sur les mêmes bases que précédemment, le groupe conclut que l'Europe "doit encourager la différenciation en matière de gestion du trafic pour promouvoir l’innovation et les nouveaux services, et répondre à la demande de niveaux de qualité différents". Il s'agit donc de faire payer plus cher ceux qui souhaitent accéder sans bridage à certains services qui demandent davantage de bande passante, ou "une moindre latence, ce qui est capital dans le jeu vidéo", explique le patron de Vivendi à la Tribune.
Il est aussi clairement envisagé de permettre aux éditeurs de services d'acheter un accès privilégié aux abonnés à Internet, pour que leur service soit plus rapide que celui des concurrents qui ne paieraient pas la dîme. "La valorisation du potentiel des marchés bifaces apportera plus d’innovation, d’efficacité et un déploiement plus rapide des réseaux de nouvelle génération, au bénéfice des consommateurs et des industries créatives", croit pouvoir affirmer le groupe de travail.
Par ailleurs, il justifie l'absence de représentants d'organisations de citoyens et de consommateurs parmi la quarantaine de dirigeants consultés par Bruxelles. "Les intérêts à long terme des consommateurs coïncident avec la promotion de l’innovation et l’investissement". Ils n'ont qu'à subir la mort de la neutralité du net, c'est au final dans leur intérêt, assurent les patrons des télécoms.
Dans La Tribune, Jean-Bernard Lévy raconte que la réunion du 13 juillet s'est "formidablement mieux passée que l'on ne pensait", et qu'elle a parmi de découvrir "un degré de consensus remarquable et inattendu entre ces acteurs de toute la chaîne de valeur, opérateurs, fabricants, agrégateurs, éditeurs de chaînes, etc". En oubliant, au passage, que les internautes sont les premiers acteurs de cette chaîne de valeur. Non seulement parce qu'ils payent leur accès à Internet. Mais aussi parce qu'ils sont aujourd'hui, et de très loin, les premiers producteurs des contenus qui y circulent.
Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pourNumerama.com

Faudra-t-il bientôt manger cinquante fruits et légumes par jour ?

ALIMENTATION


PAR AGNÈS ROUSSEAUX (16 SEPTEMBRE 2010)
Vitamines A, B ou C, Oméga 3, oligo-éléments, fer... Les nutriments sont indispensables à notre organisme et à sa longévité. Plusieurs études nous alertent sur la faiblesse des fruits et légumes « modernes » en nutriments. Alors qu’une pêche suffisait en 1950 pour absorber une bonne ration de vitamine A, il faudrait aujourd’hui en croquer une vingtaine ! Où sont passées ces vitamines ? Que disent les chercheurs ? L’industrie agro-alimentaire en profite-t-elle ?Basta ! a mené l’enquête.
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« Mangez au moins 5 fruits et légumes par jour », recommande le Programme national nutrition santé. Peut-être faudra-t-il bientôt en manger cinquante... Côté nutriments, nos aliments semblent montrer quelques faiblesses. Prenez une orange : celle des années 2000 aura sans doute meilleure mine que les oranges des années 50. Et pourtant… L’orange moderne contient cinq fois moins de fer. Idem pour les pêches. Plusieurs études révèlent cette perte de « densité nutritionnelle ». C’est la quantité de nutriments (vitamines, minéraux...) qu’un aliment contient comparé à son nombre de calories. Des chips ou une pizza ont, par exemple, une très faible densité nutritionnelle comparés à des lentilles ou des brocolis [1]. Le problème de la perte de densité nutritionnelle des fruits et légumes commence à être soulevé aux États-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne (voir en fin d’article). En France, silence radio du côté des pouvoirs publics et des instituts de recherche. Nos fruits et légumes échapperaient-ils à cette malédiction ?
Vitamine A : 1 pêche de 1950 = 26 pêches de 2010
Depuis 1950, des chercheurs mesurent le contenu nutritionnel de l’alimentation. À côté des glucides, protides et autres lipides, la présence de micro-nutriments – vitamines, minéraux, oligo-éléments, acides gras et acides aminés – est indispensable à notre santé. Or dans les années 1950, manger une banane, une orange et une pêche, suffisait à pourvoir les « apports journaliers recommandés » (AJR) d’une personne en vitamine A. Aujourd’hui, vu les teneurs en nutriment, il faudrait 5 bananes, 10 oranges, et 26 pêches pour avoir sa dose de vitamine A ! C’est ce que révèle une étude menée au Canada en 2002 et publiée par le premier quotidien du pays, The Globe and Mail, et la chaîne de télévision CTV News. Cette étude compare les tableaux de nutriments publiés à différentes époques, avec les taux de vitamines et minéraux contenus dans 25 fruits et légumes.
Résultats ? En un demi-siècle, la pomme de terre a perdu plus de la moitié de sa vitamine C et de son fer, plus d’un quart de son calcium. Et 100 % de sa vitamine A, un nutriment indispensable au développement des cellules et au fonctionnement du système immunitaire ! Selon cette étude canadienne, quasiment 80 % des aliments testés ont vu leur teneur en calcium et en fer diminuer.
Où sont passées nos vitamines ?
Des chercheurs remettent en question ces analyses, au motif que les mesures se sont grandement affinées depuis un demi-siècle. L’évolution des méthodes de test et le manque de fiabilité des données historiques fausseraient donc les résultats. Mais des études récentes, qui consistent à planter des variétés végétales modernes et historiques côte à côte, avec des pratiques agronomiques comparables, viennent confirmer la perte d’éléments nutritifs dans les aliments. Le rapport Still No Free Lunch de Brian Halweil, du World Watch Institute (États-Unis), publié en 2007 fait le bilan des études existantes. Et met en évidence cette « dilution en nutriments » généralisée.
Quelles sont les causes de ce phénomène ? Les méthodes agricoles d’abord : l’utilisation intensive de pesticides et d’herbicides, les excès d’engrais qui augmentent la vitesse de croissance des plantes et diminuent proportionnellement le temps de fixation des micronutriments. Les techniques intensives épuisent aussi les sols, dont la teneur globale en nutriments diminue dans certaines zones. En cause également, selon Brian Halweil, les traitements de conservation et les rallongements du temps de transport. Un aliment parcourt en moyenne 2.500 kilomètres avant d’être consommé ! Certains fruits, cueillis trop tôt, n’ont pas le temps de développer les nutriments liés à l’ensoleillement, comme les anthocyanines ou polyphénols, ces composants qui nous protègent contre le cancer ou la détérioration des cellules du cerveau. Quant au taux de vitamine C dans les pommes et abricots cueillis verts : il est proche de zéro !
Obèse et sous-alimenté
En cause également, les pratiques de sélection des plantes selon leur rendement. Les agriculteurs préfèrent les plantes qui poussent vite, produisent beaucoup et ont une belle apparence. Mais plus le rendement est élevé, moins la plante dépense d’énergie à absorber des oligo-éléments, et plus la teneur en nutriments est faible.
Nos régimes alimentaires sont déjà pauvres en nutriments. 70 % de ce que nous mangeons provient de produits industriels, beaucoup moins riches en vitamines. Nous consommons de plus en plus de « calories vides » : des aliments contenant des quantités élevées de gras et de sucre ajouté et très peu de nutriments par calorie. Si même les fruits et légumes ne nous assurent plus notre ration quotidienne...
Pour Brian Halweil, il s’agit d’un « paradoxe moderne unique » : nous pouvons à la fois trop nous nourrir (en calories) et rester sous-alimenté (en nutriments). Si près d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, plus de 3 milliards – soit la moitié de la planète – subissent une déficience en nutriments. Avec des conséquences qui vont de l’anémie, en cas de déficience en fer, à la cécité pour ceux qui manquent de vitamine A. L’étude Suvimax (Supplémentation en vitamines et minéraux antioxydants) menée de 1994 à 2003 en France par l’Inserm, a testé l’effet d’un apport en vitamines et minéraux antioxydants [2] à des doses proches de celles qu’on peut attendre d’une alimentation saine. Au bout de sept ans et demi, on observe chez les hommes une diminution de 31 % du risque de cancers et une diminution de 37 % du risque de décès. Les nutriments, c’est vraiment bon pour la santé !
Faut-il manger 3 kg de brocolis par jour ?
« Pour se développer et fonctionner au mieux, les humains ont besoin d’une diversité d’aliments et de nutriments dans leur alimentation. Notre système immunitaire ne fonctionne pas de manière optimale quand nous sommes déficients en certains nutriments. Notre capacité à éviter les maladies, du cancer au simple rhume, est compromise », souligne Brian Halweil. Selon le ministère de l’Agriculture états-unien, notre « régime alimentaire est plus compromis par la consommation de nourriture industrielle que par le déclin des niveaux de nutriments dans les fruits et légumes » [3]. Est-ce une raison pour laisser nos fruits et légumes se vider de leurs substances ?
Certains scientifiques pointent le fait que la densité en nutriment baisse dans chaque grain de blé ou la moindre feuille de salade. Mais grâce aux progrès en terme de rendement, il y aurait au final plus de nutriments produits par hectare. Ce qu’illustre le généticien Mark Farnham, spécialiste du brocoli au « US Vegetable Laboratory » : grâce à la taille plus importante des brocolis modernes, on trouve sans doute plus de calcium et de magnésium dans chacun d’entre eux, nuance-t-il. « Mais la plupart des gens ne mangent pas un brocoli entier en une seule fois », rétorque Brian Halweil.
En France, on s’enthousiasme pour les nano-capsules...
Du côté de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), ce genre de débat semble bien lointain. « La baisse de densité nutritionnelle des fruits et légumes ? C’est une rumeur, le type d’information qui circule… mais est-ce avéré scientifiquement ? », s’interroge Jean-Michel Chardigny, directeur de l’Unité nutrition humaine de l’INRA à Clermont-Ferrand, la plus grosse unité s’occupant d’alimentation humaine. « Je n’ai pas connaissance d’études là-dessus, ce n’est pas un sujet très documenté », explique-t-il à Basta !... Au moins sept études sur le sujet ont été publiées depuis 15 ans (lire ci-dessous).
À l’INRA, on travaille surtout sur « le nutriment ». Les chercheurs « sont mal armés pour mesurer la complexité des apports des aliments », justifie Jean-Michel Chardigny. « La question de la densité nutritionnelle ne se pose pas. Il est important que les gens consomment des quantités élevées de fruits et légumes. C’est lié au volume global, pas à la densité », ajoute Cécile Renard, directrice de recherche à l’INRA et responsable d’une équipe qui travaille sur la qualité des fruits et légumes.
On préfère s’occuper « d’adressage » ou de « vectorisation » : trouver la formulation qui permette au nutriment – des Omégas 3, par exemple – d’aller sur la bonne cible plutôt que de se diluer dans l’organisme. Une façon d’associer les molécules entre elles pour qu’elles ne se dégradent pas de la même façon une fois ingérées. Des recherches qui incluent aussi les nanotechnologies. « Il faut être prudent. On peut court-circuiter la régulation mise en place par l’organisme, avertit Jean-Michel Chardigny. Le fer par exemple, ingéré à l’échelle nano, est absorbé à 100 %, alors que ce taux est de 30 % normalement car il ne franchit pas la barrière intestinale. Avec les nanos, c’est comme si on avait une perfusion en intraveineuse. Cela peut être positif ponctuellement ». Réjouissant, non ?
Éveillez votre « conscience nutritionnelle » !
Quand il n’y aura plus de nutriments dans les produits agricoles, on pourra toujours se les injecter manuellement, via des nano-capsules… De quoi révolutionner la configuration des repas de familles ! Autre solution proposée par l’industrie : manger des nutriments artificiels ou des aliments enrichis. « Depuis quelques années et grâce à la mobilisation de l’ensemble des acteurs – corps médical et scientifique, pouvoirs publics, industriels – la conscience nutritionnelle des consommateurs français s’est éveillée », se félicite le Syndicat de la diététique et des compléments alimentaires.
Selon un sondage mené en 2008 pour cet organisme par TNS Sofres, 37% des Français « consomment des compléments alimentaires afin de conforter leur capital santé ». Un marché qui représente un chiffre d’affaires annuel de plus d’un milliard d’euros (en 2008). Quitte à gérer la santé comme un capital, il peut paraître plus rentable d’acheter des doses de vitamines ou d’oligo-éléments, que d’essayer de repenser les politiques agricoles et alimentaires. Surtout quand cela arrange l’industrie agro-alimentaire. Au moins pourrait-on espérer que les instituts de recherche en France puissent nous dire exactement ce que nous mangeons, et surtout si ces aliments nous nourrissent encore. Ce qui n’est même pas le cas.
Agnès Rousseaux

Notes

[1] Voir la définition du Programme national nutrition santé (PNNS)
[2] Vitamines E et C, zinc et sélénium, bêtacarotènes.
[3] United States Departement of Agriculture, Agricultural Research Service : USDA Nutrient for Database Reference, Release 13, 1999