jeudi 22 juillet 2010

Le Parti Pirate suédois devient fournisseur d’accès à internet


Source : Le Monde 
22/07/2010
Après avoir donné asile au site de téléchargement The Pirate Bay en lui assurant du coup un hébergement protégé de toute action des représentants des industriels du disque et du film, le Parti pirate suédois se lance à présent dans l’activité de fournisseur d’accès à internet pour le grand public (FAI) et assurera la préservation de l'anonymat de ses abonnés.

Cette offre qui portera le nom de Pirate ISP est une suite logique de l’action menée par le Parti pirate qui se bat pour réformer le droit d'auteur, défendre la liberté d'expression et la vie privée. Gustav Nipe, l’un des ses membres actifs et futur PDG de Pirate ISP, déclare à ce sujet   « Lorsque vous voyez que quelque chose est cassé, vous le réparez. C'est dans cette logique que nous nous apprêtons à lancer un service de fourniture d'accès à Internet. C'est un bon moyen de combattre la société de surveillance ».

Après une période de test qui se déroule en ce moment dans la ville de Lund au sud du pays, les abonnements seront commercialisés dans les principales villes suédoises à un prix qui est annoncé comme nettement inférieur à ceux pratiqués actuellement en suède.

Par ailleurs Pirate ISP annonce qu’il profitera de la force politique du Parti pirate et de sa représentation au parlement suédois pour entraver l’application de la loi FRA qui permet à l'armée de surveiller l’activité des suédois sur le net.  Il déclare par ailleurs vouloir s’opposer à toute collaboration avec les autorités dans les affaires de téléchargement illégal.

samedi 26 juin 2010

La légalisation des logiciels espions gouvernementaux avec la loi LOPPSI



La loi HADOPI visant à réprimer le téléchargement illégal donnera une chance inouïe aux citoyens français de prouver leur bonne foi en installant sur tous leurs ordinateurs un petit logiciel qui enregistrera leur fait et gestes. Ainsi si l'internaute est accusé à tord  de télécharger, il pourra faire un recours avec comme preuve le journal fourni pas la petite bestiole.

Ce n'est qu'une opinion purement personnel, mais pour moi un logiciel qui enregistre ce que je regarde sur mon lecteur video, ce que je tape au clavier, les logiciels que je lance, c'est un logiciel espion.
En bon internaute je sais que google est mon ami, je tape donc "define:spyware"  et j'ai une foule de définition qui m'aiderons à y voir plus clair. Je me réfère alors à un site gouvernemental : Logiciel qui contient un programme espion et qui emploie à l'arrière plan la connexion Internet de l'utilisateur pour recueillir et transmettre, à son insu et sans sa permission, des données personnelles et modifier le fonctionnement de son ordinateur. (explication de l'Industrie du Canada : www.ic.gc.ca).

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais ça ne me botte pas trop d'avoir ce genre d'insecte quelque part sur mon PC. Et c'est d'ailleurs pourquoi je me barde d'anti-spyware, que je passe du temps à configurer mon firewall et que je tiens mon système d'exploitation et mon anti-virus à jour (si ce n'est pas votre cas : petitepiqure de rappel).
Mais je crois bien que l'on aura pas le choix. Si la loi HADOPI n'impose pas à priori ce type de logiciel, il y a une autre loi beaucoup moins connu qui risque de nous forcer la main.

DADVSI en 2006, HADOPI en mai 2009, cela donne déjà un grand pouvoir au gouvernement sur la vie numérique de ces citoyens : filtrage de site web, modification du référencement des pages dans les moteurs de recherche, contrainte sur les FAI ...Cela fait bientôt 2/3 mois que le Web est entré activement dans une phase de résistance contre la loi Création et Internet.
Mais attention, un loi peut en cacher une autre : et je veux parler de LOPPSI.

La loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure fait suite à LOPSI, avec un seul P (2002). Avec un budget d'un milliard d'euros sur 5 ans, et un Sarkozy insitant, le texte complètera  HADOPI en automne 2009.
Mais quel est le rapport entre une loi sur la performance de la sécurité intérieur et la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet?

Loi Création et Internet - Chapitre IV (Dispositions diverses) - Articles 10 bis C : "Simplification des procédures de contrôle par les services de l’État des logiciels intégrant des mesures techniques permettant le contrôle à distance de fonctionnalités ou l’accès à des données personnelles".
Ok, on apprend donc que la loi HADOPI autorise le contrôle à distance de notre machine par l'Etat, mais ce n'est pas tout : "L’assouplissement prévu doit permettre à la DCSSI de s’acquitter effectivement de sa mission, en donnant à ce service la possibilité d’apprécier de l’opportunité de procéder aux évaluations prévues." DCSSI : direction centrale de la sécurité des systèmes d'information, qui est directement sous les ordres du 1er minitre (Nicolas Sarkozy dans notre cas...).

Cela signifie en des termes non langue de bois que l'Etat n'a plus à se soucier de la légalité des logiciels espions que ses services/directions/polices utilisent. Et non il ne s'agit pas de caméra de surveillance du web qui ne se "contenteraient" de surveiller vos faits et gestes : la LOPPSI autorise "sans le consentement des intéressés, d'accéder à des données informatiques, de les observer, les collecter, les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu'elles s'affichent pour l'utilisateur ou telles qu'il les y introduit par saisie de caractère". Avec cette loi "Trojan & Compagnie", c'est la porte ouverte à toutes les dérives. Les écoutes de tout type seront permises, qu'elles soient informatiques, sonores, téléphonique (?)! Ces écoutes sauvages dureront jusqu'à 4 mois, renouvelable par un juge.

Attendez ce n'est pas tout! Souvenez-vous du fichier EDVIGE. Loppsi compte faire mieux avec sa base de donnée Périclès : numéros de cartes grises, de permis de conduire, de puces de téléphones portables (IMEI), factures diverses, etc. D'après le journal Le Monde, ces données résulteraient d'un"traitements automatisés de données à caractère personnel concernant toute infraction commise contre les personnes". Nous ne sommes ici absolument plus dans le cas de collectes d'informations nominatives dans le cadre d'une procédure pénale.





Avec le trident DADVSI, HADOPI, LOPPSI, le gouvernement se dote de moyen de contrôle du WEB important, en gardant l'oeil et la main sur le PC de ses citoyens, et en contraignant les FAI à l'obéissance.

Mais attention, car TOUT CE QUI EST LOGICIEL EST CRACKABLE. Si l'Etat prend le risque d'installer sur toutes les machines en France un logiciel espion, alors elles'expose à ce qu'un pirate puisse en prendre le contrôle. Imaginez seulement un hackers à la tête d'une gigantesque réseau de plus de 60 millions de de PC! Imaginez un Black Hat possesseur des données bancaires de la moitié des Français!
Au vue de la connaissance avancé de nos dirigeants dans le domaine des nouvelles technologies, c'est une option plus que probable.


A lire :
LOPPSI 2 : HADOPI en pire
- Plus sur la Loi Sécurité Intérieur
Loppsi, l'an i de l'internet sans majuscule

L’initiative de Villepin embarrasse l’Élysée

Source  l humanite.
Point de depart d une nouvelle guerre a droite?
Interressant de voir si un debat d'idee se deroulera, ou si ca restera un combat d homme

La création d’un mouvement à droite alternatif au sarkozysme est prise au sérieux par le chef de l’État qui a donné pour consignes de faire silence sur cette initiative qui peut peser lourd en 2012.
Le monde est dangereux, Sarkozy attise, retrouvons la voix de la France : telle est en substance le raisonnement de Dominique de Villepin, avec la création de son Mouvement République solidaire, d’inspiration délibérément gaullienne. La nouveauté est que « cette alternative » au sarkozysme vient au moment où l’actuel président est au creux de la vague dans l’opinion publique, et que pas mal de ses soutiens officiels commencent à douter.

retour à l’ancien régime
L’initiative politique est d’ailleurs prise très au sérieux par l’Élysée. La consigne du président en témoigne : pas un seul commentaire pour éviter de créer un buzz. Silence dans les rangs. Dans le cas où se silence serait impossible, les éléments de langage donnés sur un mode impératif consistent à minimiser la démarche. « Nous ne commentons pas cet événement minime du week-end, a ainsi déclaré le porte-parole adjoint de l’UMP, Dominique Paillé. Même son de cloche de la part de Frédéric Lefebvre : « La seule chose qui préoccupe les Français, c’est la question de la sortie de crise, et la question du sauvetage des retraites, nous ne nous laisserons pas détourner de ces objectifs. » Selon lui, « la question de 2012, qui que ce soit qui en parle aujourd’hui, est indécente ». Invité dans une émission de variétés, le conseiller spécial de l’Élysée, Henri Guaino, chargé de faire survivre une certaine idée d’un gaullisme soluble dans le sarkozysme, a nettement critiqué l’ancien premier ministre. « Je ne me reconnais pas du tout dans ce discours-là, je n’y reconnais ni ma conception de la République, ni ma conception de la nation, ni ma conception de l’État, ni les leçons que je tire du gaullisme. » Des paroles comme en écho à l’acte d’accusation dressé par Dominique de Villepin samedi, dénonçant le retour à l’Ancien Régime. « Je suis issu de la majorité. Mais comme une majorité de Français je ne me reconnais pas dans le discours, je ne me reconnais pas dans les décisions prises aujourd’hui par le gouvernement. »
L’embarras de l’Élysée vient certes de l’avènement d’une politique alternative à droite, reposant sur une vision théoriquement plus sociale, et aussi plus traditionnelle sur le rôle des marchés financiers. Mais l’initiative est aussi très politique. Elle vient compliquer la stratégie que peaufine Nicolas Sarkozy en manipulant François Bayrou pour des calculs électoralistes délicats. Dominique de Villepin, dans son opposition au sarkozysme qui est aussi une main tendue à tous les mécontents, vise en effet aussi un électorat Modem déçu par leur leader. Un pari pas impossible à tenir. En témoigne, samedi, lors du lancement du mouvement villepiniste, la présence de l’ancien ministre Azouz Begag, adhérent du Modem. « Villepin, c’est la classe », a-t-il dit. Il voit « un homme qui va réussir à gagner sans diviser les Français ».
Reste qu’une division à droite ne donne pas à son auteur un passeport pour la victoire. D’autant que l’opinion publique n’a sans doute pas oublié que Villepin est aussi l’inventeur du contrat première embauche, retiré sous la pression populaire. On en retrouve le principe dans ses propositions. Comme gage d’un vrai engagement à droite.
Dominique Bègles

Guillon et Porte virés de France Inter, mais largement soutenus


Source LIBERATION.
Prise 

MÉDIAS 23/06/2010 À 09H39 (MISE À JOUR À 18H36)


Didier Porte et Stéphane Guillon (photomontage).
Didier Porte et Stéphane Guillon (photomontage). (AFP)
«Je trouve que ce n'est pas très décent d'insulter la direction d'une entreprise comme Radio France, elle ne le mérite pas, c'est une maison de liberté et tous les gens qui y travaillent peuvent en témoigner», a ajouté Jean-Luc Hees dans le journal de la mi-journée de France Inter.
Dans la foulée, peu avant midi, un autre humoriste de la station publique, Didier Porte, a annoncé qu'il était «licencié» de France Inter. Il en a également fait mention dans sa chronique diffusée dans l'émission du Fou du roi.
Dans son courrier, Philippe Val explique qu'il souhaite «renouveler et faire évoluer» l'antenne, a expliqué Didier Porte. «La conception d'une nouvelle grille contraint nécessairement la direction à renoncer à certaines émissions ou chroniques», poursuit la lettre, selon l'humoriste, dont le contrat s'arrête vendredi.
«J'ai un contrat de grille qui dure jusqu'à fin juin. Comme ça fait dix ans que je suis dans la maison, c'est comme si j'avais un CDI, donc c'est bien un licenciement qui n'est pas justifié puisque je n'ai eu qu'un seul avertissement», a-t-il ajouté.
Didier Porte avait reçu début juin un avertissement de sa direction à la suite d'une chronique dans laquelle il mettait en scène l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin insultant le chef de l'Etat.
«Ce petit dérapage sur Villepin et Sarkozy reste un prétexte, ça fait dix ans que je fais des chroniques engagées», a réagi le chroniqueur.
Stéphane Guillon a lui-même fait part de son éviction en direct et en deux temps: hier matin et ce matin lors de ce qui fut donc sa dernière chronique:
«J'ai eu de nombreuses discussions avec Stéphane Guillon à propos de ses chroniques, déclare Jean-Luc Hees. Si l'humour se résume à l'insulte, je ne peux le tolérer pour les autres mais également pour moi.» Et le PDG de Radio France d'ajouter avoir «un certain sens de l'honneur» et ne pouvoir accepter qu'on lui «crache dessus en direct».
Didier Porte, autre chroniqueur qui partageait la tranche matinale avec Stéphane Guillon et François Morel, avait  indiqué qu'il ne se battrait pas pour conserver sa chronique.
Il avait annoncé qu'il retrouverait sa place à la rentrée dans Le Fou du roi, l'émission de Stéphane Bern diffusée en fin de matinée et qui vient de fêter ses 10 ans sur France Inter.
Ce ne sera donc pas le cas.

Réactions de soutien

Dans un communiqué, Martine Aubry, première secrétaire du PS, a exprimé la solidarité de son parti à Stéphane Guillon et Didier Porte, «renvoyés brutalement de France Inter». L'année dernière, elle avait été elle-même la cible d'une chronique de Stéphane Guillon qui l'avait comparée «à un pot à tabac».
«Si certains (de leurs) propos ont pu choquer, écrit aujourd'hui la Première secrétaire du PS, c'est la force et l'honneur d'une démocratie de laisser libre la parole des humoristes et leur droit à la moquerie et même à l'outrance.»
De son côté, Stéphane Bern, qui anime l'émission Le fou du roi sur France Inter, a confié qu'il se sentait «désavoué» par cette décision. «Je vous soutiens, a déclaré Stéphane Bern à Didier Porte. Nous vivons des moments péniblesJe le vis comme un désaveu personnel. Didier Porte n'a pas démérité dans Le Fou du roi. Je croyais avoir obtenu de la direction de France Inter qu'il serait reconduit à la rentrée. Or j'ai appris (le licenciement de Didier Porte) pendant mon émission, c'est très violent. Ca me met dans une situation embarrassante. Quelles conclusions je dois en tirer?», s'interroge le présentateur.
«Je ne cautionne pas ce que Didier Porte a pu dire dans la matinale mais ma logique est de soutenir les humoristes de mon équipe, et j'ai toujours en tête cette phrase de Voltaire: "même si je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, je me battrai pour que vous puissiez le dire". Didier Porte a du talent. Qui n'a jamais fauté, qui n'a jamais dérapé à l'antenne?», s'est interrogé Stéphane Bern.
Les humoristes Guy Bedos et Guy Carlier, confient, eux, ne plus reconnaître le patron de Radio France, Jean-Luc Hees, qui «a changé»selon eux depuis sa nomination par Nicolas Sarkozy.
«Je suis très peiné car j'aime bien Jean-Luc et j'ai de très bons souvenirs de liberté avec lui, mais il a changé, a déclaré Guy Bedos. C'est un procès fait à l'humour politique. Ils (Jean-Luc Hees et Philippe Val, directeur de France Inter, ndlr) perdent la tête», a commenté l'humoriste, qui se considère comme le «parrain» de Stéphane Guillon.
De son côté, Guy Carlier, qui a travaillé il y a quelques années à France Inter, s'est dit «très surpris». «Ca ne correspond pas au souvenir que j'ai de Jean-Luc» quand il était patron de France Inter à la fin des années 90. «Lorsque les hommes politiques téléphonaient - à l'époque Jean-Marie Cavada était le patron de Radio France - Jean-Luc venait me voir et me disait de continuer», se souvient Guy Carlier, qui officie actuellement sur Europe 1.

vendredi 23 avril 2010

Hadopi : Seedfuck va inonder les réseaux P2P de fausses adresses IP


Sécurité - Cet outil open source disponible depuis plusieurs jours permet d'injecter de fausses adresses IP sur des trackers Torrent afin de leurrer les sociétés en charge de la surveillance des réseaux P2P.
On le sait, le principal moyen pour les éditeurs de contenus d'identifier et de sanctionner les amateurs de téléchargements illégaux est d'obtenir leurs adresses IP.
Pourtant, les spécialistes ont plusieurs fois souligné que ce moyen n'était pas fiable, les outils de contournement étant nombreux, le risque de fausse accusation est donc important.
La preuve par trois avec Seedfuck, un outil open source disponible en ligne qui risque de briser le joli plan de marche de la haute autorité chargée de repérer les adeptes du peer-to-peer.
Leurre 
Cet outil permet en effet d'injecter un grand nombre de fausses adresses IP sur des trackers Torrent afin de leurrer les sociétés en charge de la surveillance des réseaux d'échange. En inondant ainsi ces plates-formes, Seedfuck risque de générer un trafic factice qui rendra la tâche d'Hadopibien plus compliquée.
La tactique est bien connue : Seedfuck multiplie les leurres (torrent poising) pour détourner le regard des entreprises chargées de la surveillance des réseaux qui, aiguisées par le faux trafic généré par ces adresses, risquent de perdre beaucoup de temps à démêler le vrai du faux.
Rappelons que c'est la société française Trident Media Guard (TMG), éditeur depuis 2002 des applications de détection et de filtrage des téléchargements illégaux qui a été choisie par les professionnels de la musique et du cinéma pour cette mission. TMG devra surveiller les échanges en P2P d'une sélection de près de 10.000 oeuvres identifiées.
Ceux qui voudraient utiliser Seedfuck doivent néanmoins faire attention. Une loi devrait en effet sanctionner le délit d'usurpation d'identité numérique.

vendredi 16 avril 2010

Nicolas Sarkozy super-ministère de l'Intérieur?

Source : l express
Nicolas Sarkozy et son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.
REUTERS/Philippe Wojazer
Nicolas Sarkozy et son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.
Le 21 avril, c'est à l'Elysée que seront reçus les principaux syndicats de police. Pas Place Beauvau. Nouvelle preuve de la reprise en main de la politique de sécurité par Nicolas Sarkozy. Aux dépens de son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.
"Quand j'ai été nommé à ce poste, la délinquance connaissait une tendance à la hausse. Aujourd'hui, elle est à la baisse". Ce jeudi 15 avril, Brice Hortefeux défend son bilan. Présentation des premiers résultats de la politique de sécurité pour 2010, annonce, la veille, d'un plan national de sécurisation des transports sur lequel il promet de veiller "personnellement", le ministre de l'Intérieur occupe le terrain. Et tente de prouver qu'il est bien aux commandes Place Beauvau.
Car les temps sont rudes pour Brice Hortefeux. Caillassage des bus à Trembaly-en-Francejeune homme poignardé à Grenoble, contrôleurs agressés sur la ligne SNCF Mantes-La-Jolie/Paris Saint-Lazare... Ces derniers jours, plusieurs épisodes de violences urbaines sont venus saturer les médias.
Et depuis les régionales, le ministre voit sa capacité d'action rognée par son ami de toujours, Nicolas Sarkozy. Pour faire oublier les scores calamiteux enregistrés par l'UMP, le chef de l'Etat joue une nouvelle fois la carte de la sécurité.
Le 7 avril, un des conseillers de Nicolas Sarkozy lorsqu'il occupait le ministère de l'Intérieur, le général Jacques Mignaux, est nommé à la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). Christian Lambert, ancien patron du Raid, proche lui aussi de Nicolas Sarkozy, est nommé préfet de Seine-Saint-Denis. Plusieurs "actions coups de poing" ont également été menées dans des quartiers du Val-de-Marne et de Seine Saint-Denis, à la demande du président de la République.
Le locataire de l'Elysée a d'ailleurs exprimé à plusieurs reprises son désir de reprendre la main sur la place Beauvau qu'il occupait autrefois. Frontalement. "Je vais m'occuper de la sécurité, hein, Brice?" aurait lancé Nicolas Sarkozy devant des dirigeants de la majorité, le 8 avril, d'après le Canard enchaîné. Toujours selon le Canard, il aurait claironné, le 7 avril, devant un parterre de députés: "J'ai tué le job de ministre de l'Intérieur depuis longtemps".
Les policiers bientôt reçus à l'Elysée
Le 21 avril, le chef de l'Etat recevra les secrétaires généraux des principaux syndicats de police à l'Elysée, avant d'accueillir des représentants de la gendarmerie quelques jours plus tard.
"Un nouveau camouflet" pour Brice Hortefeux, juge Delphine Batho, députée PS des Deux-Sèvres, sur son blog. Avant de lâcher: "Jamais un ministre de l'Intérieur, ainsi placé sous tutelle, n'avait autant été infantilisé.
Du côté de la police, certains reconnaissent le caractère inhabituel de l'entrevue: "Ce type de rencontre n'est pas fréquent. Je crois que c'est la première fois qu'on le voit en personne depuis qu'il est président. D'habitude, ce sont ses conseillers qui rencontrent les syndicats. Ou Brice Hortefeux qu'on voit régulièrement." admet Patrice Ribeiro, secrétaire général-adjoint de syndicat d'officiersSynergie .
"Ce n'est pas exceptionnel non plus", nuance Jean-Claude Delage, du syndicat Alliance Police Nationale, "On l'a vu récemment encore à l'enterrement du brigadier Nerrin tué par l'ETA. Et il a vu les chauffeurs de bus de Tremblay après l'incendie, les syndicats enseignants, etc."
Difficile pour l'heure de savoir ce qui pourrait émerger du rendez-vous. "On n'a vu ni le menu, ni la carte!" s'exclame Patrice Ribeiro. "Seront présents le ministre de l'Intérieur, ses chefs de cabinet, le préfet de police... Ils connaisent nos problèmes. Nicolas Sarkozy a dû être brieffé là dessus. Il ne faut pas se leurrer, il n'est pas le ministre de l'Intérieur", poursuit-il.
Il s'agit donc surtout d'un signe de la part du chef de l'Etat. "Nicolas Sarkozy veut prendre le pouls, sans filtre. Il veut donner une marque apparente d'attention", poursuit Patrice Ribeiro. Une marque de soutien qui satisfait les policiers en crise. "On est dans une période particulière, avec la mise en cause des gardes à vue, du fichage, la loi pénitentiaire, etc. Les policiers se sentent mal-aimés et se demandent: 'sommes-nous soutenus par l'Etat?' Quand il était ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a su redonner aux policiers de la fierté", analyse Bruno Beschizza, récent élu UMP à la région Ile-de-France et secrétaire général du syndicat d'officiers Synergie.
Pour autant, les présidents des syndicats n'y voient pas tous un empiètement sur les prérogatives du ministre de l'Intérieur. "C'est plutôt bien que le président s'implique, cela n'enlève rien à l'action de Brice Hortefeux, estime Jean-Claude Delage. Cela prouve juste son attachement à la sécurité des Français et à la police. Ca montre surtout qu'il n'a pas oublié ce qui lui a permis d'être élu."
Mais Dominique Achispon, secrétaire général du Snop, va plus loin : "On ne peut pas le nier, il y a une reprise en main certaine. Dans ce domaine, il y a une certaine cacophonie. Les policiers sont dans l'attente d'ordres plus clairs. Il y a eu beaucoup de réformes et de refontes en interne mais il faut désormais envoyer un message plus clair. J'attends de Nicolas Sarkozy ce discours. Les policiers ne se sentent pas soutenus pas leur ministre."

vendredi 2 avril 2010

La loi suédoise IPRED est un succès : le piratage augmente, les ventes aussi



source : Numerama

Il y a tout juste un an, la loi IPRED entrait en vigueur en Suède, pour faciliter la lutte contre le piratage sur Internet. Inappliquée, elle a pourtant eu un effet miraculeux : le piratage a augmenté, tout comme les ventes de films et de musique.


A l'occasion du premier anniversaire de la loi suédoise, nos confrères de TorrentFreak ont publié un article d'une délicieuse ironie sur les effets prétendus de la loi IPRED, pour laquelle on entend tout et son contraire depuis sa promulgation. Rappelons que la loi du 1er avril 2009, faussement décrite comme une Hadopi française, ouvre simplement la possibilité pour les ayants droit de collecter des adresses IP sur les réseaux P2P. Ce qui était déjà possible en France depuis longtemps.
L'effet s'était immédiatement fait ressentir, avec une chute d'environ un tiers du traffic global d'Internet en Suède dès le lendemain de son entrée en vigueur. Mais il avait aussi très vite repris son cours normal. Le principal effet de l'adoption de la loi a en fait été le succès du Parti Pirate aux élections législatives européennes. Les internautes n'ont rapidement plus eu peur de la loi, dont ils contestent la légitimité sociale, et ont adopté massivement des techniques alternatives de téléchargement, notamment en payant des abonnements à des VPN qui les mettent à l'abri des chasseurs d'adresses IP.
Depuis un, la loi n'a jamais servi. La seule affaire jugée a été perdue par ceux qui ont invoqué l'IPRED. Ils avaient négligé le fait que collecter les adresses IP était une chose, mais que la justice n'accepterait d'ordonner que le nom de l'abonné correspondant leur soit révélé qu'à la condition que les preuves du piratage fussent suffisantes. Ce qui n'a pas été le cas.
Dans son article, TorrentFreak dit que la loi IPRED a pourtant été "la meilleure loi anti-piratage jamais adoptée". Elle "a réussi l'impossible", puisqu'elle a à la fois "augmenté et diminué le partage de fichiers". L'auteur cite plusieurs études de différentes sources qui concluent tantôt que le partage de fichiers a sensiblement augmenté, tantôt que la consommation légale de musique ou de vidéos a elle-aussi sensiblement augmenté.
L'IFPI elle-même s'est félicitée d'une augmentation de 10 % des ventes de musique en Suède en 2009, et l'on a souvent entendu le gouvernement français et les lobbys musicaux se féliciter des effets de la loi suédoise pour promouvoir l'Hadopi.
L'IPRED est donc un exemple de réussite législative, puisqu'elle satisfait à la fois les pirates qui la jugent inefficace et les industriels qui se sont convaincus de son efficacité. Que demande le peuple ?