samedi 26 juin 2010

L’initiative de Villepin embarrasse l’Élysée

Source  l humanite.
Point de depart d une nouvelle guerre a droite?
Interressant de voir si un debat d'idee se deroulera, ou si ca restera un combat d homme

La création d’un mouvement à droite alternatif au sarkozysme est prise au sérieux par le chef de l’État qui a donné pour consignes de faire silence sur cette initiative qui peut peser lourd en 2012.
Le monde est dangereux, Sarkozy attise, retrouvons la voix de la France : telle est en substance le raisonnement de Dominique de Villepin, avec la création de son Mouvement République solidaire, d’inspiration délibérément gaullienne. La nouveauté est que « cette alternative » au sarkozysme vient au moment où l’actuel président est au creux de la vague dans l’opinion publique, et que pas mal de ses soutiens officiels commencent à douter.

retour à l’ancien régime
L’initiative politique est d’ailleurs prise très au sérieux par l’Élysée. La consigne du président en témoigne : pas un seul commentaire pour éviter de créer un buzz. Silence dans les rangs. Dans le cas où se silence serait impossible, les éléments de langage donnés sur un mode impératif consistent à minimiser la démarche. « Nous ne commentons pas cet événement minime du week-end, a ainsi déclaré le porte-parole adjoint de l’UMP, Dominique Paillé. Même son de cloche de la part de Frédéric Lefebvre : « La seule chose qui préoccupe les Français, c’est la question de la sortie de crise, et la question du sauvetage des retraites, nous ne nous laisserons pas détourner de ces objectifs. » Selon lui, « la question de 2012, qui que ce soit qui en parle aujourd’hui, est indécente ». Invité dans une émission de variétés, le conseiller spécial de l’Élysée, Henri Guaino, chargé de faire survivre une certaine idée d’un gaullisme soluble dans le sarkozysme, a nettement critiqué l’ancien premier ministre. « Je ne me reconnais pas du tout dans ce discours-là, je n’y reconnais ni ma conception de la République, ni ma conception de la nation, ni ma conception de l’État, ni les leçons que je tire du gaullisme. » Des paroles comme en écho à l’acte d’accusation dressé par Dominique de Villepin samedi, dénonçant le retour à l’Ancien Régime. « Je suis issu de la majorité. Mais comme une majorité de Français je ne me reconnais pas dans le discours, je ne me reconnais pas dans les décisions prises aujourd’hui par le gouvernement. »
L’embarras de l’Élysée vient certes de l’avènement d’une politique alternative à droite, reposant sur une vision théoriquement plus sociale, et aussi plus traditionnelle sur le rôle des marchés financiers. Mais l’initiative est aussi très politique. Elle vient compliquer la stratégie que peaufine Nicolas Sarkozy en manipulant François Bayrou pour des calculs électoralistes délicats. Dominique de Villepin, dans son opposition au sarkozysme qui est aussi une main tendue à tous les mécontents, vise en effet aussi un électorat Modem déçu par leur leader. Un pari pas impossible à tenir. En témoigne, samedi, lors du lancement du mouvement villepiniste, la présence de l’ancien ministre Azouz Begag, adhérent du Modem. « Villepin, c’est la classe », a-t-il dit. Il voit « un homme qui va réussir à gagner sans diviser les Français ».
Reste qu’une division à droite ne donne pas à son auteur un passeport pour la victoire. D’autant que l’opinion publique n’a sans doute pas oublié que Villepin est aussi l’inventeur du contrat première embauche, retiré sous la pression populaire. On en retrouve le principe dans ses propositions. Comme gage d’un vrai engagement à droite.
Dominique Bègles

Guillon et Porte virés de France Inter, mais largement soutenus


Source LIBERATION.
Prise 

MÉDIAS 23/06/2010 À 09H39 (MISE À JOUR À 18H36)


Didier Porte et Stéphane Guillon (photomontage).
Didier Porte et Stéphane Guillon (photomontage). (AFP)
«Je trouve que ce n'est pas très décent d'insulter la direction d'une entreprise comme Radio France, elle ne le mérite pas, c'est une maison de liberté et tous les gens qui y travaillent peuvent en témoigner», a ajouté Jean-Luc Hees dans le journal de la mi-journée de France Inter.
Dans la foulée, peu avant midi, un autre humoriste de la station publique, Didier Porte, a annoncé qu'il était «licencié» de France Inter. Il en a également fait mention dans sa chronique diffusée dans l'émission du Fou du roi.
Dans son courrier, Philippe Val explique qu'il souhaite «renouveler et faire évoluer» l'antenne, a expliqué Didier Porte. «La conception d'une nouvelle grille contraint nécessairement la direction à renoncer à certaines émissions ou chroniques», poursuit la lettre, selon l'humoriste, dont le contrat s'arrête vendredi.
«J'ai un contrat de grille qui dure jusqu'à fin juin. Comme ça fait dix ans que je suis dans la maison, c'est comme si j'avais un CDI, donc c'est bien un licenciement qui n'est pas justifié puisque je n'ai eu qu'un seul avertissement», a-t-il ajouté.
Didier Porte avait reçu début juin un avertissement de sa direction à la suite d'une chronique dans laquelle il mettait en scène l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin insultant le chef de l'Etat.
«Ce petit dérapage sur Villepin et Sarkozy reste un prétexte, ça fait dix ans que je fais des chroniques engagées», a réagi le chroniqueur.
Stéphane Guillon a lui-même fait part de son éviction en direct et en deux temps: hier matin et ce matin lors de ce qui fut donc sa dernière chronique:
«J'ai eu de nombreuses discussions avec Stéphane Guillon à propos de ses chroniques, déclare Jean-Luc Hees. Si l'humour se résume à l'insulte, je ne peux le tolérer pour les autres mais également pour moi.» Et le PDG de Radio France d'ajouter avoir «un certain sens de l'honneur» et ne pouvoir accepter qu'on lui «crache dessus en direct».
Didier Porte, autre chroniqueur qui partageait la tranche matinale avec Stéphane Guillon et François Morel, avait  indiqué qu'il ne se battrait pas pour conserver sa chronique.
Il avait annoncé qu'il retrouverait sa place à la rentrée dans Le Fou du roi, l'émission de Stéphane Bern diffusée en fin de matinée et qui vient de fêter ses 10 ans sur France Inter.
Ce ne sera donc pas le cas.

Réactions de soutien

Dans un communiqué, Martine Aubry, première secrétaire du PS, a exprimé la solidarité de son parti à Stéphane Guillon et Didier Porte, «renvoyés brutalement de France Inter». L'année dernière, elle avait été elle-même la cible d'une chronique de Stéphane Guillon qui l'avait comparée «à un pot à tabac».
«Si certains (de leurs) propos ont pu choquer, écrit aujourd'hui la Première secrétaire du PS, c'est la force et l'honneur d'une démocratie de laisser libre la parole des humoristes et leur droit à la moquerie et même à l'outrance.»
De son côté, Stéphane Bern, qui anime l'émission Le fou du roi sur France Inter, a confié qu'il se sentait «désavoué» par cette décision. «Je vous soutiens, a déclaré Stéphane Bern à Didier Porte. Nous vivons des moments péniblesJe le vis comme un désaveu personnel. Didier Porte n'a pas démérité dans Le Fou du roi. Je croyais avoir obtenu de la direction de France Inter qu'il serait reconduit à la rentrée. Or j'ai appris (le licenciement de Didier Porte) pendant mon émission, c'est très violent. Ca me met dans une situation embarrassante. Quelles conclusions je dois en tirer?», s'interroge le présentateur.
«Je ne cautionne pas ce que Didier Porte a pu dire dans la matinale mais ma logique est de soutenir les humoristes de mon équipe, et j'ai toujours en tête cette phrase de Voltaire: "même si je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, je me battrai pour que vous puissiez le dire". Didier Porte a du talent. Qui n'a jamais fauté, qui n'a jamais dérapé à l'antenne?», s'est interrogé Stéphane Bern.
Les humoristes Guy Bedos et Guy Carlier, confient, eux, ne plus reconnaître le patron de Radio France, Jean-Luc Hees, qui «a changé»selon eux depuis sa nomination par Nicolas Sarkozy.
«Je suis très peiné car j'aime bien Jean-Luc et j'ai de très bons souvenirs de liberté avec lui, mais il a changé, a déclaré Guy Bedos. C'est un procès fait à l'humour politique. Ils (Jean-Luc Hees et Philippe Val, directeur de France Inter, ndlr) perdent la tête», a commenté l'humoriste, qui se considère comme le «parrain» de Stéphane Guillon.
De son côté, Guy Carlier, qui a travaillé il y a quelques années à France Inter, s'est dit «très surpris». «Ca ne correspond pas au souvenir que j'ai de Jean-Luc» quand il était patron de France Inter à la fin des années 90. «Lorsque les hommes politiques téléphonaient - à l'époque Jean-Marie Cavada était le patron de Radio France - Jean-Luc venait me voir et me disait de continuer», se souvient Guy Carlier, qui officie actuellement sur Europe 1.

vendredi 23 avril 2010

Hadopi : Seedfuck va inonder les réseaux P2P de fausses adresses IP


Sécurité - Cet outil open source disponible depuis plusieurs jours permet d'injecter de fausses adresses IP sur des trackers Torrent afin de leurrer les sociétés en charge de la surveillance des réseaux P2P.
On le sait, le principal moyen pour les éditeurs de contenus d'identifier et de sanctionner les amateurs de téléchargements illégaux est d'obtenir leurs adresses IP.
Pourtant, les spécialistes ont plusieurs fois souligné que ce moyen n'était pas fiable, les outils de contournement étant nombreux, le risque de fausse accusation est donc important.
La preuve par trois avec Seedfuck, un outil open source disponible en ligne qui risque de briser le joli plan de marche de la haute autorité chargée de repérer les adeptes du peer-to-peer.
Leurre 
Cet outil permet en effet d'injecter un grand nombre de fausses adresses IP sur des trackers Torrent afin de leurrer les sociétés en charge de la surveillance des réseaux d'échange. En inondant ainsi ces plates-formes, Seedfuck risque de générer un trafic factice qui rendra la tâche d'Hadopibien plus compliquée.
La tactique est bien connue : Seedfuck multiplie les leurres (torrent poising) pour détourner le regard des entreprises chargées de la surveillance des réseaux qui, aiguisées par le faux trafic généré par ces adresses, risquent de perdre beaucoup de temps à démêler le vrai du faux.
Rappelons que c'est la société française Trident Media Guard (TMG), éditeur depuis 2002 des applications de détection et de filtrage des téléchargements illégaux qui a été choisie par les professionnels de la musique et du cinéma pour cette mission. TMG devra surveiller les échanges en P2P d'une sélection de près de 10.000 oeuvres identifiées.
Ceux qui voudraient utiliser Seedfuck doivent néanmoins faire attention. Une loi devrait en effet sanctionner le délit d'usurpation d'identité numérique.

vendredi 16 avril 2010

Nicolas Sarkozy super-ministère de l'Intérieur?

Source : l express
Nicolas Sarkozy et son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.
REUTERS/Philippe Wojazer
Nicolas Sarkozy et son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.
Le 21 avril, c'est à l'Elysée que seront reçus les principaux syndicats de police. Pas Place Beauvau. Nouvelle preuve de la reprise en main de la politique de sécurité par Nicolas Sarkozy. Aux dépens de son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.
"Quand j'ai été nommé à ce poste, la délinquance connaissait une tendance à la hausse. Aujourd'hui, elle est à la baisse". Ce jeudi 15 avril, Brice Hortefeux défend son bilan. Présentation des premiers résultats de la politique de sécurité pour 2010, annonce, la veille, d'un plan national de sécurisation des transports sur lequel il promet de veiller "personnellement", le ministre de l'Intérieur occupe le terrain. Et tente de prouver qu'il est bien aux commandes Place Beauvau.
Car les temps sont rudes pour Brice Hortefeux. Caillassage des bus à Trembaly-en-Francejeune homme poignardé à Grenoble, contrôleurs agressés sur la ligne SNCF Mantes-La-Jolie/Paris Saint-Lazare... Ces derniers jours, plusieurs épisodes de violences urbaines sont venus saturer les médias.
Et depuis les régionales, le ministre voit sa capacité d'action rognée par son ami de toujours, Nicolas Sarkozy. Pour faire oublier les scores calamiteux enregistrés par l'UMP, le chef de l'Etat joue une nouvelle fois la carte de la sécurité.
Le 7 avril, un des conseillers de Nicolas Sarkozy lorsqu'il occupait le ministère de l'Intérieur, le général Jacques Mignaux, est nommé à la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). Christian Lambert, ancien patron du Raid, proche lui aussi de Nicolas Sarkozy, est nommé préfet de Seine-Saint-Denis. Plusieurs "actions coups de poing" ont également été menées dans des quartiers du Val-de-Marne et de Seine Saint-Denis, à la demande du président de la République.
Le locataire de l'Elysée a d'ailleurs exprimé à plusieurs reprises son désir de reprendre la main sur la place Beauvau qu'il occupait autrefois. Frontalement. "Je vais m'occuper de la sécurité, hein, Brice?" aurait lancé Nicolas Sarkozy devant des dirigeants de la majorité, le 8 avril, d'après le Canard enchaîné. Toujours selon le Canard, il aurait claironné, le 7 avril, devant un parterre de députés: "J'ai tué le job de ministre de l'Intérieur depuis longtemps".
Les policiers bientôt reçus à l'Elysée
Le 21 avril, le chef de l'Etat recevra les secrétaires généraux des principaux syndicats de police à l'Elysée, avant d'accueillir des représentants de la gendarmerie quelques jours plus tard.
"Un nouveau camouflet" pour Brice Hortefeux, juge Delphine Batho, députée PS des Deux-Sèvres, sur son blog. Avant de lâcher: "Jamais un ministre de l'Intérieur, ainsi placé sous tutelle, n'avait autant été infantilisé.
Du côté de la police, certains reconnaissent le caractère inhabituel de l'entrevue: "Ce type de rencontre n'est pas fréquent. Je crois que c'est la première fois qu'on le voit en personne depuis qu'il est président. D'habitude, ce sont ses conseillers qui rencontrent les syndicats. Ou Brice Hortefeux qu'on voit régulièrement." admet Patrice Ribeiro, secrétaire général-adjoint de syndicat d'officiersSynergie .
"Ce n'est pas exceptionnel non plus", nuance Jean-Claude Delage, du syndicat Alliance Police Nationale, "On l'a vu récemment encore à l'enterrement du brigadier Nerrin tué par l'ETA. Et il a vu les chauffeurs de bus de Tremblay après l'incendie, les syndicats enseignants, etc."
Difficile pour l'heure de savoir ce qui pourrait émerger du rendez-vous. "On n'a vu ni le menu, ni la carte!" s'exclame Patrice Ribeiro. "Seront présents le ministre de l'Intérieur, ses chefs de cabinet, le préfet de police... Ils connaisent nos problèmes. Nicolas Sarkozy a dû être brieffé là dessus. Il ne faut pas se leurrer, il n'est pas le ministre de l'Intérieur", poursuit-il.
Il s'agit donc surtout d'un signe de la part du chef de l'Etat. "Nicolas Sarkozy veut prendre le pouls, sans filtre. Il veut donner une marque apparente d'attention", poursuit Patrice Ribeiro. Une marque de soutien qui satisfait les policiers en crise. "On est dans une période particulière, avec la mise en cause des gardes à vue, du fichage, la loi pénitentiaire, etc. Les policiers se sentent mal-aimés et se demandent: 'sommes-nous soutenus par l'Etat?' Quand il était ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a su redonner aux policiers de la fierté", analyse Bruno Beschizza, récent élu UMP à la région Ile-de-France et secrétaire général du syndicat d'officiers Synergie.
Pour autant, les présidents des syndicats n'y voient pas tous un empiètement sur les prérogatives du ministre de l'Intérieur. "C'est plutôt bien que le président s'implique, cela n'enlève rien à l'action de Brice Hortefeux, estime Jean-Claude Delage. Cela prouve juste son attachement à la sécurité des Français et à la police. Ca montre surtout qu'il n'a pas oublié ce qui lui a permis d'être élu."
Mais Dominique Achispon, secrétaire général du Snop, va plus loin : "On ne peut pas le nier, il y a une reprise en main certaine. Dans ce domaine, il y a une certaine cacophonie. Les policiers sont dans l'attente d'ordres plus clairs. Il y a eu beaucoup de réformes et de refontes en interne mais il faut désormais envoyer un message plus clair. J'attends de Nicolas Sarkozy ce discours. Les policiers ne se sentent pas soutenus pas leur ministre."

vendredi 2 avril 2010

La loi suédoise IPRED est un succès : le piratage augmente, les ventes aussi



source : Numerama

Il y a tout juste un an, la loi IPRED entrait en vigueur en Suède, pour faciliter la lutte contre le piratage sur Internet. Inappliquée, elle a pourtant eu un effet miraculeux : le piratage a augmenté, tout comme les ventes de films et de musique.


A l'occasion du premier anniversaire de la loi suédoise, nos confrères de TorrentFreak ont publié un article d'une délicieuse ironie sur les effets prétendus de la loi IPRED, pour laquelle on entend tout et son contraire depuis sa promulgation. Rappelons que la loi du 1er avril 2009, faussement décrite comme une Hadopi française, ouvre simplement la possibilité pour les ayants droit de collecter des adresses IP sur les réseaux P2P. Ce qui était déjà possible en France depuis longtemps.
L'effet s'était immédiatement fait ressentir, avec une chute d'environ un tiers du traffic global d'Internet en Suède dès le lendemain de son entrée en vigueur. Mais il avait aussi très vite repris son cours normal. Le principal effet de l'adoption de la loi a en fait été le succès du Parti Pirate aux élections législatives européennes. Les internautes n'ont rapidement plus eu peur de la loi, dont ils contestent la légitimité sociale, et ont adopté massivement des techniques alternatives de téléchargement, notamment en payant des abonnements à des VPN qui les mettent à l'abri des chasseurs d'adresses IP.
Depuis un, la loi n'a jamais servi. La seule affaire jugée a été perdue par ceux qui ont invoqué l'IPRED. Ils avaient négligé le fait que collecter les adresses IP était une chose, mais que la justice n'accepterait d'ordonner que le nom de l'abonné correspondant leur soit révélé qu'à la condition que les preuves du piratage fussent suffisantes. Ce qui n'a pas été le cas.
Dans son article, TorrentFreak dit que la loi IPRED a pourtant été "la meilleure loi anti-piratage jamais adoptée". Elle "a réussi l'impossible", puisqu'elle a à la fois "augmenté et diminué le partage de fichiers". L'auteur cite plusieurs études de différentes sources qui concluent tantôt que le partage de fichiers a sensiblement augmenté, tantôt que la consommation légale de musique ou de vidéos a elle-aussi sensiblement augmenté.
L'IFPI elle-même s'est félicitée d'une augmentation de 10 % des ventes de musique en Suède en 2009, et l'on a souvent entendu le gouvernement français et les lobbys musicaux se féliciter des effets de la loi suédoise pour promouvoir l'Hadopi.
L'IPRED est donc un exemple de réussite législative, puisqu'elle satisfait à la fois les pirates qui la jugent inefficace et les industriels qui se sont convaincus de son efficacité. Que demande le peuple ?

mardi 16 mars 2010

En Inde, le doux rêve des OGM vire au cauchemar




Début mars, Monsanto a pour la première fois reconnu que son coton Bt génétiquement modifié n'était pas efficace, les insectes ayant développé des résistances. Pire, de nouveaux ravageurs jusqu'ici inconnus en Inde ont fait leur apparition. Qui sème le vent...
Scandale du coton OGM Inde
Devant l'évidence, Monsanto a fini par admettre (une première !) que son coton Bt génétiquement modifié, censé lutter contre le ver de la capsule en secrétant son propre insecticide, est en passe de devenir totalement inefficace. De récents rapports indiquent en effet que le ravageur a développé des résistances. Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, la variété Bt a permis à d'autres "ravageurs majeurs", jusqu'ici inconnus en Inde, de se développer, "entraînant des pertes économiques importantes" indique l'un des rapports.
Les rêves sont doux, les faits sont têtus...
Autorisées depuis 2002 en Inde, ces cultures OGM recouvrent aujourd'hui 90% des surfaces cotonnières du pays. Pas franchement étonnant puisque Monsanto promettait au chaland de tripler ses rendements, jusqu'à 1500 Kg par hectare, et de réduire les coûts de production en limitant les quantités de pesticides épandues. Las, le miracle tant attendu n'a pas eu lieu. Il tourne même au cauchemar. Les semences OGM coûtent aujourd'hui près de cent fois plus cher que les graines classiques. En 2009, le rendement moyen était de 512 Kg par hectare, bien loin des promesses affriolantes de Monsanto. Et il ne cesse de chuter, d'année en année.
Les résistances développées par les ravageurs obligent en outre les agriculteurs à multiplier les épandages d'insecticides (comme aux Etats-Unis d'ailleurs), jusqu'à 13 fois plus qu'auparavant dans certaines régions, selon Vandana Shiva, une physicienne devenue militante de la défense de l'environnement. Et autant de frais supplémentaires : +30% en moyenne entre 2007 et 2009. Plus de 200.000 paysans indiens se sont suicidés au cours de la dernière décennie, selon les statistiques du gouvernement. Un fléau souvent attribué à l'endettement des agriculteurs ayant opté pour la biotech (voir la vidéo).
Monsanto a réponse à tout
Du côté de Monsanto, on reste serein : "la résistance est naturelle et attendue" a déclaré - sans rire - la multinationale dans un communiqué. Curieux, jusqu'à présent, elle se refusait à évoquer cette possibilité. Et puis finalement, les paysans indiens ne récoltent-ils pas les fruits de leur incompétence ? Puisqu'ils ne respectent pas les "zones refuges" et qu'ils ont utilisé de façon "trop précoce des graines de coton Bt non approuvées", affirme la firme. Mais rassurez-vous, il n'y a pas de raison de paniquer pour autant, car Monsanto a trouvé la parade absolue : une nouvelle variété de coton OGM débarque ! De seconde génération, cette fois, c'est du solide : elle allie deux types d'insecticides. Ouf ! On est sauvé ! Et les charançons n'ont qu'à bien se tenir...
Comme un maçon qui construit sa maison sans toit, en se disant qu'il ne pleuvra pas... Mazette ! Il a plu et il faut tout reconstruire ! Mais cette fois-ci, c'est sûr, il ne pleuvra plus...

Les experts des organismes génétiquement modifiés (OGM) conseillant la Commission de Bruxelles sont-ils indépendants ? C'est la - bonne - question que pose Le Parisien ce vendredi.



OGM
Alors que Bruxelles vient d'autoriser la culture d'une pomme de terre OGM, l'Amflora, produite par BASF - décision aussitôt rejetée par l'Autriche -, des questions se posent sur l'indépendance des scientifiques qui conseillent les institutions bruxelloises en la matière, et notamment ceux de l'Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa). Dans un dossier très fouillé, Le Parisien de ce vendredi relève que depuis sa création en 2002, l'Efsa "a rendu plus de quarante avis sur les OGM : tous positifs". 
Mieux ! "Si l'un des membres de la commission quitte son poste, ceux qui restent sont tentés de soutenir la nomination de scientifiques qu'ils jugent dignes de foi et qui leur ressemblent", note un conseiller technique de ... Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, cité anonymement par Le Parisien. Par ailleurs, le quotidien relève, noms à l'appui, que plusieurs membres de l'Efsa ont des liens étroits avec des entreprises de biotechnologies qui travaillent justement sur les OGM, voire en produisent.
Du coup, on peut légitimement se poser la question de la fiabilité des expertises de ces scientifiques. Pour Corinne Lepage, ancien ministre de l'Environnement, la cause est entendue : "il est pratiquement impossible de mener des recherches indépendantes, car les fabricants comme Monsanto - la firme détient 80% des brevets OGM sans le monde - interdisent aux agriculteurs de vendre leurs semences pour la recherche". On se demande bien pourquoi !
Par ailleurs, un "contre-expert" cité par Le Parisien affirme avoir "découvert des effets significatifs (des OGM) qui ont volontairement été dissimulés".
Le quotidien rappelle aussi que le président de la Commission de Bruxelles, José Manuel Barroso, n'a jamais caché son soutien à ces biotechnologies et que la procédure employée pour la pomme de terre BASF a été inhabituelle. Contactée par Le Parisien, l'Efsa a justifié bien sûr ses pratiques et sa rigueur. Mais, en regard, le quotidien publie une interview de Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, qui ne se gêne pas pour affirmer : "nous ne reconnaissons pas les expertises" de l'Efsa.
Affaire à suivre...
Alain Baron