vendredi 23 avril 2010

Hadopi : Seedfuck va inonder les réseaux P2P de fausses adresses IP


Sécurité - Cet outil open source disponible depuis plusieurs jours permet d'injecter de fausses adresses IP sur des trackers Torrent afin de leurrer les sociétés en charge de la surveillance des réseaux P2P.
On le sait, le principal moyen pour les éditeurs de contenus d'identifier et de sanctionner les amateurs de téléchargements illégaux est d'obtenir leurs adresses IP.
Pourtant, les spécialistes ont plusieurs fois souligné que ce moyen n'était pas fiable, les outils de contournement étant nombreux, le risque de fausse accusation est donc important.
La preuve par trois avec Seedfuck, un outil open source disponible en ligne qui risque de briser le joli plan de marche de la haute autorité chargée de repérer les adeptes du peer-to-peer.
Leurre 
Cet outil permet en effet d'injecter un grand nombre de fausses adresses IP sur des trackers Torrent afin de leurrer les sociétés en charge de la surveillance des réseaux d'échange. En inondant ainsi ces plates-formes, Seedfuck risque de générer un trafic factice qui rendra la tâche d'Hadopibien plus compliquée.
La tactique est bien connue : Seedfuck multiplie les leurres (torrent poising) pour détourner le regard des entreprises chargées de la surveillance des réseaux qui, aiguisées par le faux trafic généré par ces adresses, risquent de perdre beaucoup de temps à démêler le vrai du faux.
Rappelons que c'est la société française Trident Media Guard (TMG), éditeur depuis 2002 des applications de détection et de filtrage des téléchargements illégaux qui a été choisie par les professionnels de la musique et du cinéma pour cette mission. TMG devra surveiller les échanges en P2P d'une sélection de près de 10.000 oeuvres identifiées.
Ceux qui voudraient utiliser Seedfuck doivent néanmoins faire attention. Une loi devrait en effet sanctionner le délit d'usurpation d'identité numérique.

vendredi 16 avril 2010

Nicolas Sarkozy super-ministère de l'Intérieur?

Source : l express
Nicolas Sarkozy et son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.
REUTERS/Philippe Wojazer
Nicolas Sarkozy et son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.
Le 21 avril, c'est à l'Elysée que seront reçus les principaux syndicats de police. Pas Place Beauvau. Nouvelle preuve de la reprise en main de la politique de sécurité par Nicolas Sarkozy. Aux dépens de son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.
"Quand j'ai été nommé à ce poste, la délinquance connaissait une tendance à la hausse. Aujourd'hui, elle est à la baisse". Ce jeudi 15 avril, Brice Hortefeux défend son bilan. Présentation des premiers résultats de la politique de sécurité pour 2010, annonce, la veille, d'un plan national de sécurisation des transports sur lequel il promet de veiller "personnellement", le ministre de l'Intérieur occupe le terrain. Et tente de prouver qu'il est bien aux commandes Place Beauvau.
Car les temps sont rudes pour Brice Hortefeux. Caillassage des bus à Trembaly-en-Francejeune homme poignardé à Grenoble, contrôleurs agressés sur la ligne SNCF Mantes-La-Jolie/Paris Saint-Lazare... Ces derniers jours, plusieurs épisodes de violences urbaines sont venus saturer les médias.
Et depuis les régionales, le ministre voit sa capacité d'action rognée par son ami de toujours, Nicolas Sarkozy. Pour faire oublier les scores calamiteux enregistrés par l'UMP, le chef de l'Etat joue une nouvelle fois la carte de la sécurité.
Le 7 avril, un des conseillers de Nicolas Sarkozy lorsqu'il occupait le ministère de l'Intérieur, le général Jacques Mignaux, est nommé à la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). Christian Lambert, ancien patron du Raid, proche lui aussi de Nicolas Sarkozy, est nommé préfet de Seine-Saint-Denis. Plusieurs "actions coups de poing" ont également été menées dans des quartiers du Val-de-Marne et de Seine Saint-Denis, à la demande du président de la République.
Le locataire de l'Elysée a d'ailleurs exprimé à plusieurs reprises son désir de reprendre la main sur la place Beauvau qu'il occupait autrefois. Frontalement. "Je vais m'occuper de la sécurité, hein, Brice?" aurait lancé Nicolas Sarkozy devant des dirigeants de la majorité, le 8 avril, d'après le Canard enchaîné. Toujours selon le Canard, il aurait claironné, le 7 avril, devant un parterre de députés: "J'ai tué le job de ministre de l'Intérieur depuis longtemps".
Les policiers bientôt reçus à l'Elysée
Le 21 avril, le chef de l'Etat recevra les secrétaires généraux des principaux syndicats de police à l'Elysée, avant d'accueillir des représentants de la gendarmerie quelques jours plus tard.
"Un nouveau camouflet" pour Brice Hortefeux, juge Delphine Batho, députée PS des Deux-Sèvres, sur son blog. Avant de lâcher: "Jamais un ministre de l'Intérieur, ainsi placé sous tutelle, n'avait autant été infantilisé.
Du côté de la police, certains reconnaissent le caractère inhabituel de l'entrevue: "Ce type de rencontre n'est pas fréquent. Je crois que c'est la première fois qu'on le voit en personne depuis qu'il est président. D'habitude, ce sont ses conseillers qui rencontrent les syndicats. Ou Brice Hortefeux qu'on voit régulièrement." admet Patrice Ribeiro, secrétaire général-adjoint de syndicat d'officiersSynergie .
"Ce n'est pas exceptionnel non plus", nuance Jean-Claude Delage, du syndicat Alliance Police Nationale, "On l'a vu récemment encore à l'enterrement du brigadier Nerrin tué par l'ETA. Et il a vu les chauffeurs de bus de Tremblay après l'incendie, les syndicats enseignants, etc."
Difficile pour l'heure de savoir ce qui pourrait émerger du rendez-vous. "On n'a vu ni le menu, ni la carte!" s'exclame Patrice Ribeiro. "Seront présents le ministre de l'Intérieur, ses chefs de cabinet, le préfet de police... Ils connaisent nos problèmes. Nicolas Sarkozy a dû être brieffé là dessus. Il ne faut pas se leurrer, il n'est pas le ministre de l'Intérieur", poursuit-il.
Il s'agit donc surtout d'un signe de la part du chef de l'Etat. "Nicolas Sarkozy veut prendre le pouls, sans filtre. Il veut donner une marque apparente d'attention", poursuit Patrice Ribeiro. Une marque de soutien qui satisfait les policiers en crise. "On est dans une période particulière, avec la mise en cause des gardes à vue, du fichage, la loi pénitentiaire, etc. Les policiers se sentent mal-aimés et se demandent: 'sommes-nous soutenus par l'Etat?' Quand il était ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a su redonner aux policiers de la fierté", analyse Bruno Beschizza, récent élu UMP à la région Ile-de-France et secrétaire général du syndicat d'officiers Synergie.
Pour autant, les présidents des syndicats n'y voient pas tous un empiètement sur les prérogatives du ministre de l'Intérieur. "C'est plutôt bien que le président s'implique, cela n'enlève rien à l'action de Brice Hortefeux, estime Jean-Claude Delage. Cela prouve juste son attachement à la sécurité des Français et à la police. Ca montre surtout qu'il n'a pas oublié ce qui lui a permis d'être élu."
Mais Dominique Achispon, secrétaire général du Snop, va plus loin : "On ne peut pas le nier, il y a une reprise en main certaine. Dans ce domaine, il y a une certaine cacophonie. Les policiers sont dans l'attente d'ordres plus clairs. Il y a eu beaucoup de réformes et de refontes en interne mais il faut désormais envoyer un message plus clair. J'attends de Nicolas Sarkozy ce discours. Les policiers ne se sentent pas soutenus pas leur ministre."

vendredi 2 avril 2010

La loi suédoise IPRED est un succès : le piratage augmente, les ventes aussi



source : Numerama

Il y a tout juste un an, la loi IPRED entrait en vigueur en Suède, pour faciliter la lutte contre le piratage sur Internet. Inappliquée, elle a pourtant eu un effet miraculeux : le piratage a augmenté, tout comme les ventes de films et de musique.


A l'occasion du premier anniversaire de la loi suédoise, nos confrères de TorrentFreak ont publié un article d'une délicieuse ironie sur les effets prétendus de la loi IPRED, pour laquelle on entend tout et son contraire depuis sa promulgation. Rappelons que la loi du 1er avril 2009, faussement décrite comme une Hadopi française, ouvre simplement la possibilité pour les ayants droit de collecter des adresses IP sur les réseaux P2P. Ce qui était déjà possible en France depuis longtemps.
L'effet s'était immédiatement fait ressentir, avec une chute d'environ un tiers du traffic global d'Internet en Suède dès le lendemain de son entrée en vigueur. Mais il avait aussi très vite repris son cours normal. Le principal effet de l'adoption de la loi a en fait été le succès du Parti Pirate aux élections législatives européennes. Les internautes n'ont rapidement plus eu peur de la loi, dont ils contestent la légitimité sociale, et ont adopté massivement des techniques alternatives de téléchargement, notamment en payant des abonnements à des VPN qui les mettent à l'abri des chasseurs d'adresses IP.
Depuis un, la loi n'a jamais servi. La seule affaire jugée a été perdue par ceux qui ont invoqué l'IPRED. Ils avaient négligé le fait que collecter les adresses IP était une chose, mais que la justice n'accepterait d'ordonner que le nom de l'abonné correspondant leur soit révélé qu'à la condition que les preuves du piratage fussent suffisantes. Ce qui n'a pas été le cas.
Dans son article, TorrentFreak dit que la loi IPRED a pourtant été "la meilleure loi anti-piratage jamais adoptée". Elle "a réussi l'impossible", puisqu'elle a à la fois "augmenté et diminué le partage de fichiers". L'auteur cite plusieurs études de différentes sources qui concluent tantôt que le partage de fichiers a sensiblement augmenté, tantôt que la consommation légale de musique ou de vidéos a elle-aussi sensiblement augmenté.
L'IFPI elle-même s'est félicitée d'une augmentation de 10 % des ventes de musique en Suède en 2009, et l'on a souvent entendu le gouvernement français et les lobbys musicaux se féliciter des effets de la loi suédoise pour promouvoir l'Hadopi.
L'IPRED est donc un exemple de réussite législative, puisqu'elle satisfait à la fois les pirates qui la jugent inefficace et les industriels qui se sont convaincus de son efficacité. Que demande le peuple ?